Les Nigériens aux urnes ce dimanche pour le deuxième tour de la présidentielle

Plus de 7 millions d’électeurs nigériens sont appelés aux urnes ce dimanche 20 mars 2016, en vue de choisir qui de Issoufou Mahamadou, candidat à sa réélection et Hama Amadou, ancien président de l’Assemblée nationale, arrivés en tête lors du premier tour de la présidentielle qui s’est déroulé le 21 février dernier, va présider durant les cinq prochaines années aux destinées du pays.
Ce deuxième tour du scrutin se déroule sur fond de boycott des élections de l’opposition et d’abandon de la Commission électorale nationale (CENI) par les représentants de la société civile.

En effet, tandis que l’opposition politique nigérienne, réunis au sein de la Coalition pour l’alternance (COPA) 2016, annonçait le 8 mars dernier, qu’elle suspendait sa participation au processus électoral, le représentant de la société civile à la CENI, Maikoul Zodi, premier
rapporteur général de l’institution, a annoncé samedi, 19 mars qu’il suspendait sa participation aux travaux la commission pour protester, notamment, contre l’arrêté pris par le président de la CENI en vue de remplacer les membres des bureaux de vote qui seraient absents.

Un arrêté, selon lui, comme celui du 16 février 2016, est en violation de la loi, car selon les textes, les bureaux de vote devraient refléter la configuration politique des acteurs en compétition.

En l’absence de participation de l’opposition à ce deuxième tour et suite à l’appel lancé par cette dernière à ne pas voter, même si par ailleurs elle maintient la candidature de son candidat, tout l’enjeu
de ces élections réside dans le taux de participation qui, était de 66% lors du premier tour.

En effet, tandis que le président sortant Issoufou Mahamadou, qui a bénéficié, dans la foulée, du soutien de 10 de ses 14 concurrents au premier tour, avait eu le loisir de parcourir le pays à la rencontre de ses partisans tout le long des 10 jours qu’a duré la campagne pour ce deuxième tour, l’ancien président de l’Assemblée nationale, cité dans l’affaire dite des « bébés importés » continuait à garder prison.
La santé de ce dernier s’étant dégradée ces derniers jours, celui-ci suivra probablement le déroulement de ce scrutin dans son lit d’hôpital, à l’Hôpital américain de Paris où il a été admis en urgence le mercredi dernier et où il devrait également suivre le déroulé du procès le concernant qui est prévu pour le 23 mars
prochain.