Au Nigeria, les députés ont adopté, ce jeudi 12 janvier, une motion permettant d’offrir l’asile politique à Yahya Jammeh. Le président gambien refuse de reconnaître le verdict des urnes. Son mandat expire le 18 janvier au soir. Depuis quelques semaines, la médiation de la Cédéao multiplie les efforts pour résoudre cette crise politique.

Parmi les initiateurs de cette motion figure Sani Zoro, un député originaire de l’Etat du Jigawa. Pour ce député, proposer l’asile politique à Yahya Jammeh relève « d’une urgence d’intérêt public ». Outre le fait de faciliter son installation au Nigeria, cette motion prévoit des garanties en termes de sécurité.

Le texte en tant que tel n’a pas suscité de longs débats. Certains députés pessimistes ont exprimé leur crainte d’envoyer un mauvais signal politique. Quelques voix, tous bords confondus, se sont élevées contre un éventuel asile de Yayah Jammeh au Nigeria, notamment celle de Nasiru Umar, député représentant la circonscription de Kano. Cet élu du Nord regrette une proposition qui pourrait suggérer un soutien implicite du Nigeria à un dictateur.

Mais la majorité a préféré soutenir la médiation de la Cédéao, en validant cette option politique. L’Assemble nationale souhaite aussi perpétuer une tradition de refuge pour des ex-chefs d’Etat africains en perdition.

Pour le porte-parole du Parlement, le député Yakubu Dogara, l’essentiel est de convaincre Yahya Jammeh de quitter le pouvoir pacifiquement. S’exprimant devant les députés, Yakubu Dogara a insisté sur le fait qu’il est plus facile d’offrir l’asile politique que d’envoyer des troupes ou bien d’accueillir des réfugiés.

Cette motion permet donc au président Muhammadu Buhari, qui dirige la médiation sur la crise gambienne ce vendredi, d’aborder la nouvelle séance de discussion à Banjul, avec une offre sous le bras. Pour autant, ce vote de la chambre basse
n’oblige en rien le président Buhari qui n’a d’ailleurs pas réagi aux résolutions proposées par les députés.

Commes ses pairs de la Cédéao, Muhammadu Buhari vise un départ honorable du président sortant gambien.  Mais selon nos confrères du journal Premium Times,
un bataillon nigérian de 800 soldats se préparerait depuis quelques jours. Ces hommes se tiendraient prêts à rejoindre une force multinationale ouest-africaine, si dans une semaine Yahya Jammeh s’accroche toujours à son siège.

Dakaractu

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