Le missile qui a abattu le vol MH17 provenait de Russie

Les premiers résultats de l’enquête pénale, menée par une équipe internationale sur le crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines abattu en juillet 2014 dans l’est de l’Ukraine, montrent « l’implication directe » de la Russie, a affirmé mercredi 28 septembre le ministère ukrainien des Affaires étrangères.
« Le rapport présenté aujourd’hui inclut un nouvel élément très important: une information sur la route par laquelle l’arme a été transportée en Ukraine depuis la Russie » puis, après le tir, redéployée en Russie en passant par « un secteur de la frontière ukraino-russe contrôlé uniquement par la Russie et ses militants ». « Cette information montre à nouveau l’implication directe de l’Etat-agresseur dans le crash de l’avion », précise un communiqué du ministère.
Selon les résultats de l’enquête pénale, présentée aux Pays-Bas mercredi, le missile qui a abattu l’avion du vol MH17 de la Malaysia Airlines le 17 juillet 2014 avait été acheminé de Russie avant d’être tiré. L’enquête a également confirmé que le missile avait été tiré d’un champ alors situé sur le territoire contrôlé par les séparatistes pro-russes.
Par ailleurs, le parquet néerlandais a par ailleurs souligné avoir identifié une centaine de personnes ayant « joué un rôle actif » dans ce drame. « Notre enquête a montré que l’endroit depuis lequel le missile a été tiré était aux mains des rebelles », a affirmé mercredi Wilbert Paulissen, l’un des responsables de l’enquête, lors d’une conférence de presse sur l’affaire du vol de la Malaysia Airlines, le 17 juillet 2014.
De leur côté, les rebelles pro-russes ont assuré ne pas avoir tiré de missile BUK, expliquant ne pas avoir de telles armes en leur possession.
La Russie se dit « déçue »
« La Russie est déçue par le fait que la situation autour de l’enquête sur la catastrophe ne change pas, a réagi la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. Les conclusions du Parquet néerlandais confirment que l’enquête est biaisée et politiquement motivée ». « Désigner arbitrairement un coupable et créer de toutes pièces les résultats escomptés est devenu la norme chez nos collègues occidentaux », a ajouté le ministère.
En octobre 2015, les conclusions publiées de l’enquête internationale menée par les Pays-Bas révélaient simplement qu’un missile sol-air de type BUK de fabrication russeétait à l’origine du crash, mais pas sa provenance.
« Le vol MH17 s’est crashé suite à la détonation d’une ogive à l’extérieur de l’avion contre le côté gauche du cockpit », avait déclaré le directeur du Bureau d’enquête néerlandais pour la sécurité (OVV), Tjibbe Joustra. « Cette ogive correspond au type de missiles installés sur les systèmes de missile sol-air BUK », avait-il ajouté.
Les enquêteurs avaient par ailleurs délimité une zone de 320 kilomètres carrés d’où aurait pu être tiré le missile, mais ils n’avaient pas précisé qui des rebelles pro-russes ou des forces gouvernementales ukrainiennes contrôlait les différentes parties de cette zone.
Après le crash, Kiev avait mis en cause les séparatistes pro-russes, tandis que Moscou pointait du doigt les forces ukrainiennes.