Le DG du Port autonome de Douala est décédé

Le directeur général du Port autonome de Douala (PAD), Emmanuel Etoundi Oyono, est décédé dimanche à Paris (France) des suites d’une maladie à l’âge de 65 ans, a-t-on appris de source familiale.
Mal en point depuis de nombreux mois, il avait, en mi-décembre 2015, été remplacé à titre intérimaire par Charles Moukoko Njoh, avec pour principale mission de contribuer à l’amélioration, à la coordination et à l’harmonisation des activités des services et des équipements de cette place parmi les plus sollicitées de la sous-région.

Egalement en proie à des tracasseries judiciaires, Emmanuel Etoundi Oyono avait été condamné à 3 ans de prison avec sursis pendant 5 ans, à 2 millions FCFA d’amende et à 400.000 FCFA de frais de dépens pour «complicité d’usage de faux» deux ans plus tôt.

Il lui était alors reproché d’avoir, du temps où il dirigeait la Mission d’études et d’aménagement des terrains urbains et ruraux (MAETUR), aidé des journalistes à fabriquer un faux document attribué à l’alors secrétaire général de la présidence de la République, Laurent, Esso dont la signature avait été grossièrement imitée.

Le ministère public l’accusa d’avoir accordé des insertions publicitaires à certaines publications, dans le but de leur permettre de publier ledit document.

Daté du 20 juin 2008, il s’agit d’un courrier présumé de Laurent Esso, aujourd’hui ministre de la Justice, demandant à l’administrateur-directeur général de la (SNH), une société dont il était par ailleurs président du conseil d’administration, de payer une commission globale de 1,342 milliard FCFA à des intermédiaires, dans cadre de l’acquisition par la SNH d’un bateau-hôtel dénommé «Rio del Rey» et destiné à l’armée camerounaise.

Au lendemain de la révélation de cette lettre, trois éditeurs et un reporter furent interpellés et gardés au secret par les services du renseignement.

L’un des directeurs de publication, Bibi Ngota, trouva la mort en détention à la prison centrale de Yaoundé alors que ses camarades d’infortune présentaient de profondes traces de torture physique.

Le reporter de la bande, Hervé Nko’o, aujourd’hui exilé en Europe, n’a pas depuis lors arrêté de crier à la manipulation, pointant un doigt accusateur sur Laurent Esso qui aurait ordonné ces mauvais traitements destinés, selon lui, à leur arracher des aveux et à le disculper