Le Bangladesh s’enfonce dans la terreur…Des morts partout

Les traces de sang sur le mur gris sont toujours là, malgré les fortes averses de la mousson qui se sont abattues sur Rajshahi, dans le nord-ouest du Bangladesh. Les écoliers en uniforme bleu courent devant, joyeux, et les vendeurs ambulants poussent leurs chariots sans s’arrêter. Personne n’a pris la peine de les effacer, depuis que Rezaul Karim Siddique, un professeur d’université âgé de 58 ans, a été assassiné à coups de machette le 23 avril. La tache de sang a été vite oubliée et on pense déjà au prochain meurtre. « Qui ? Où ? Quand ? Tout le monde peut être assassiné », lâche un badaud.

Au cours des dix-huit derniers mois, 48 assassinats ont eu lieu, dont 28 revendiqués par Al-Qaida et l’organisation Etat Islamique (EI). Ce ne sont plus seulement les blogueurs défendant le sécularisme vivant à Dacca, la capitale, qui sont visés, mais des anonymes de tout le pays : un moine bouddhiste, un travailleur humanitaire italien, des militants de la cause homosexuelle.

Vendredi 10 juin, un employé d’un temple hindou périssait sous les coups de machette. Le dimanche précédent, c’était un épicier chrétien et l’épouse d’un officier de police connu pour avoir arrêté des militants islamistes. Le rythme des assassinats s’accélère. Le quatrième pays musulman au monde s’enfonce lentement dans la terreur.

Assassinat revendiqué par l’EI

Rezaul Karim Siddique n’était que l’un des 1 200 professeurs de l’université de Rajshahi. Aimé de ses étudiants, plutôt discret, il n’avait jamais reçu de menaces. Ce samedi 23 avril, à 7 h 30, il sort de chez lui dans…