Lavage-autos: le ‘’boom’’ d’une activité qui fait vivre des familles à Abidjan

Les stations de lavage-autos se multiplient aux abords des artères de la ville d’Abidjan où l’activité très ‘’rentable’’ nourrit bien de familles, selon les acteurs qui exercent ce métier.

Activité, jadis, délaissée parce que jugée ‘’salissante’’, le secteur de lavage-autos prend de plus en plus en de l’ampleur dans les communes de la grande métropole ivoirienne, voire des villes de l’intérieur du pays. Des modestes communes aux plus huppées comme Cocody, le quartier des ambassadeurs, les stations de lavage de véhicules poussent comme de petits champignons. Un secteur prisé par la diaspora qui y investit beaucoup. ‘’Je gère ce lavage depuis cinq ans pour le compte d’un parent qui vit en Europe. Il en possède une bonne vingtaine dans la seule commune de Yopougon et trois à Cocody’’, révèle Jean-Baptiste N’dri, soulignant que ‘’le boss (ndlr : propriétaire) y gagne et nous aussi, pour nous, sort’’. Selon lui, les tarifs du service varient selon le type de véhicules à laver et les prestations y afférentes. Selon qu’il s’agisse d’un lavage simple ou avec une aspiration à l’intérieur ou lavage du moteur du véhicule.

‘’ Pour les voitures affaires et taxis, le prix est de 500 FCFA le lavage simple, 1000FCFA le lavage avec aspirateur et 1500FCFA avec lavage du moteur’’, explique M. N’dri soulignant qu’ailleurs ‘’ces prix sont doublés’’ pour les mêmes types de lavage. Quant aux gros engins tels les cars de transport, camions, le lavage se négocie entre 1500 et 3000 FCFA parfois plus. Sa recette journalière s’élève à environs 25 à 35.000 FCFA ‘’ après déduction des charges du jour’’, notamment ‘’les émoluments des six employés, l’achat des produits d’entretien des véhicules, du savon etc.’’, précise le jeune gérant qui doit, également, faire face aux factures d’eau et de l’électricité pour se retrouver avec un gain net mensuel de 300 à 400.000 FCFA. ‘’C’est dans ça que le boss paie mon salaire avec lequel je nourris ma famille de quatre membres’’, indique Jean Baptiste N’dri au contraire du jeune déscolarisé Raphaël Droh qui lui, est laveur, dans une autre station-auto. Il raconte que sa journée de ‘’laveur d’autos’’ commence à 7h pour s’achever à 23h. ‘’Je peux laver 30 à 50 véhicules. Nous sommes payés, mes collègues et moi à la voiture lavée à raison de 50 F si c’est un lavage simple ou 100F CFA pour le lavage avec aspirateur et 200 F le lavage du moteur’’, explique M. Droh dont le salaire mensuel avec ce calcul peut avoisiner 90.000F CFA. Habitant un modeste studio de 25.000 FCFA le loyer, il dit ‘’économiser petit à petit pour passer mon permis de conduire à la fin de cette année’’. Avec sensiblement le même salaire, Moussa Bakayoko, son collègue, a la charge de son petit-frère (en classe de 1ère) dont il paye la scolarité depuis 4 ans.‘’ Je m’en sors quand même’’, dit-il, fièrement. Si les travailleurs et responsables des stations de lavage-autos s’en tirent à bon compte, il n’en demeure pas moins que le secteur est confronté à des difficultés. ‘’Les factures d’eau et d’électricité sont très élevées’’, déplorent-ils. A la Société pour la distribution de l’eau en Côte d’Ivoire (SODECI), secteur de Yopougon, on doute de la sincérité des propriétaires de site de lavages de véhicules. ‘’ Au début, les fraudes sur les compteurs d’eau étaient nombreuses. Après des enquêtes, nous avons découvert l’astuce de ces personnes. Mais depuis lors, grâce à un système de facturation mis en place, nous avons allégé la tâche des propriétaires de ces stations’’, souligne, Germain Yao, releveur à la SODECI. Cependant, ils ne sont pas satisfaits du traitement que leur font subir les mairies pour l’occupation du domaine public que les propriétaires exploitent pour le lavage des véhicules. ‘’ Les taxes de la mairie sont élevées alors que nous payons les impôts’’, déplore Joachim Padré, responsable d’un site de lavage d’auto à Adjamé. Le lavage d’autos est un secteur, certes informel mais qui génère beaucoup d’emplois. ‘’ Nous embauchons de nombreux jeunes qui gagnent de façon décente leur vie, résorbant ainsi le chômage. C’est pourquoi nous sollicitons l’aide de l’Etat en faisant des abattements sur les taxes municipales par exemple’’, plaide Paulin

Djédjé, propriétaire de quinze stations de lavage autos, employant au total ‘’160 personnes toutes embauchées et déclarées à la CNPS’’.