La mise sous administration provisoire des banques publiques ivoiriennes inquiète…

La mise « sous administration provisoire » de certaines banques publiques ivoiriennes suscite des inquiétudes chez l’Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d’Ivoire (APBEF-CI) dont le président Souleymane Diarrassouba a invité, vendredi, le gouvernement à accélérer le processus de liquidation des banques concernées.

« Nous avons constaté malheureusement la mise sous administration provisoire de la CNCE (Caisse nationale des caisses d’épargne et de prévoyance), il y a également la mise sous administration provisoire depuis 2014 de la BFA (Banque pour le financement de l’agriculture) » a déploré M. Diarrassouba lors de la cérémonie marquant la rentrée officielle de l’APBEF-CI, soulignant que le « processus de liquidation (de l’ex- BFA) se poursuit ».

« On ne le dit pas assez, il y a également la banque COFIPA (Cofipa Investment Bank Côte d’Ivoire) qui est également sous administration provisoire », a rappelé Souleymane Diarrassouba.

« Donc on commence à avoir de trop de banques sous administration provisoire. Je pense que sur ces points, les autorités doivent prendre des mesures en ce qui concerne les banques publiques afin de trouver rapidement des solutions, surtout pour ce qui concerne la BFA parce que le processus n’est pas encore finalisé », a expliqué Souleymane Diarrassouba.

Il a également souhaité qu’avec, « notre nouveau ministre de l’économie et des finances (Adama Koné), ce processus puisse être finalisé au cours de ce premier semestre 2016″.

Le président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d’Ivoire (APBEF-CI) s’est également prononcé sur la privatisation de certaines banques publiques.

 » Sur la base de certains constats qui sont faits, l’Etat décide de céder ses actifs à des privés. Donc céder des actifs à des privés n’est pas forcément une mauvaise chose », a expliqué M. Diarrassouba. « C’est une manière pour l’Etat de rester dans son rôle de régulateur et de permettra au secteur privé de jouer pleinement son rôle », a-t-il ajouté.

Pour lui, ces banques qui sont privatisées peuvent être reprises par des acteurs locaux, nationaux ou extérieurs. « En somme privatiser n’est pas en soi une mauvaise chose. Le plus important c’est que la banque puisse préserver les dépôts des clients, il faut que la banque puisse continuer à préserver sa capacité de transformation, il faudrait également que les emplois puissent être préservés », a poursuivi Souleymane Diarrassouba, estimant que « ce sont les préoccupations les plus importantes ».

« Ce que nous sollicitons, c’est d’avoir une visibilité sur le processus de privatisation pour qu’on sache les différentes implications . Mais notre inquiétude comme on l’a dit, c’est pour éviter tout risque (…) Nous souhaitons que l’Etat prenne des décisions afin que ces banques puissent fonctionner normalement et dans les meilleurs délais en respectant les dispositions essentielles », a-t-il conclu.