La Côte d’Ivoire devient premier producteur mondial de Cajou

La Côte d’Ivoire occupe désormais le premier rang mondial de producteur de la noix de cajou ou anacarde en 2016, dépassant l’Inde, a annoncé lundi un responsable ivoirien de la filière, à l’ouverture de la campagne de commercialisation.
« A la surprise générale, la Côte d’Ivoire est devenue premier producteur mondial de noix de cajou brut avec 25% de part de marché », a affirmé à l’AFP Malamine Sanogo, le directeur du Conseil coton-anacarde (CCA), qui gère la filière.
Sur une production mondiale attendue de 2,9 millions de tonnes, le pays, jusque-là deuxième producteur mondial, va réaliser une récolte de 725.000 t, dépassant ainsi l’Inde (650.000 t, 22% de la production mondiale) et le Vietnam (325.000 t, 11%).
« On se fixe comme objectif d’atteindre un million de tonnes d’ici 2020, pourvu que le prix soit incitatif et bon », s’est félicité M. Sanogo. Le prix d’achat aux paysans a été fixé à 350 F CFA (0,53 euro) le kilogramme en 2016 contre 275 FCFA (0,41 euro) lors de la précédente campagne.
En 2015, la filière avait réalisé une production record de plus de 702.000 tonnes contre 564.780 tonnes en 2014, résultat d’une réforme garantissant un prix d’achat aux cultivateurs de noix de cajou, comme c’est déjà le cas pour le cacao dont le pays est également le premier producteur mondial.
La noix de cajou produit de l’amande utilisée en cuisine et dans les produits cosmétiques. La coque de la noix brute contient un liquide utilisé comme fluide pour les systèmes de freinage des avions.
La pomme de cajou, elle, sert à produire du vin, de la liqueur, du sirop, de la confiture et du jus. La noix de cajou brute est exportée vers l’Inde, le Vietnam et le Brésil qui disposent d’industries de transformation, alors que les principaux consommateurs sont les Etats-Unis (150.000 t en 2015), l’Union européenne (110.000 t), l’Inde (200.000 t), la Chine (50.000 t), les Emirats Arabes unis (15.000) et l’Australie (15.000 t).
La Côte d’Ivoire veut relever le défi du faible niveau de transformation locale, qui était de 6% en 2015. « Nous voulons transformer, aller sur les marchés et vendre le label Côte d’Ivoire, cela est très important pour nous », a annoncé M. Sanogo.
Pour atteindre cet objectif, le pays a prévu la construction d’une école-usine, en partenariat avec le Vietnam, pour former « une main d’oeuvre qualifiée à la disposition des investisseurs étrangers ».
La filière compte 250.000 producteurs regroupés dans une vingtaine de coopératives et emploie 1,5 million de personnes directement ou indirectement.