Juba s’oppose au déploiement d’une force régionale

Le Sud-Soudan a exprimé sa forte opposition au projet de déploiement à Juba d’une force régionale de 4000 hommes.

Cette annonce intervient après que le président Salva Kirr a accepté, à contrecœur, le principe d’envoyer des troupes de la région afin de garantir la protection des civils qui avaient le plus souffert des combats du mois dernier, dans lesquels au moins 300 personnes ont été tuées.

Dans un communiqué publié vendredi soir, le gouvernement du Soudan du Sud a déclaré qu’il ne permettrait pas aux Nations Unies de tirer profit de la crise politique pour prendre le contrôle du pays.

Le président Kiir avait toujours été réticent à accepter la présence d’autres troupes de la région et la dernière position de son gouvernement intervient quelques heures après que le Conseil de sécurité des Nations unies a voté en faveur de l’envoi d’une force régionale au Soudan du Sud, où la situation est toujours tendue, malgré des semaines d’accalmie.

Le Conseil de sécurité de l’Onu a adopté une résolution à cet effet, qui a été votée par onze de ses membres.

La Chine, la Russie, le Venezuela et l’Egypte se sont abstenus de voter sur la question.

Selon la résolution, ces troupes supplémentaires feront partie de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) dont les effectifs passeront ainsi à 17.000.

Le rival du président Kirr, Riek Machar, était vice-président dans un gouvernement de partage du pouvoir jusqu’à ce que les troubles survenus à Juba le forcent à entrer dans la clandestinité.

Le gouvernement est issu d’un accord de paix négocié par l’IGAD et qui mettait fin à plus de deux ans de guerre fratricide dans laquelle des dizaines de milliers de personnes ont été tués et plus de deux millions d’autres obligés de quitter leurs maisons.