Guinée Bissau : le FMI suspend son aide budgétaire

À l’issue d’une mission d’évaluation de 5 jours, le Fonds monétaire international (FMI) a décidé de suspendre son appui budgétaire à la Guinée Bissau. Le FMI sanctionne ainsi le gouvernement bissau-guinéen pour la mise en œuvre de son plan de sauvetage de certaines banques privées.

En effet, selon le ministre de l’Économie et des Finances de la Guinée-Bissau, Henrique Horta dos Santos, qui a rencontré la presse ce mercredi 29 juin 2016, l’ancien gouvernement de Carlos Correia avait injecté 35,2 milliards pour racheter les crédits contractés par des particuliers dans des banques privées. « Une opération nébuleuse qui ne se justifie pas », dit-il. La conséquence est que la Banque mondiale, qui a exprimé son désaccord face à une telle opération, a suspendu son appui budgétaire.

Réagissant à la décision du Fonds Monétaire internationale (FMI), le ministre de l’Économie et des Finances, Henrique Horta dos Santos, a soutenu que son pays vit des moments difficiles.

« Aujourd’hui, nous sommes face à un déficit budgétaire de 22,4 milliards de FCFA. Nous sommes obligés de faire face même si nous sommes sanctionnés pour une faute que nous n’avons pas commise. Pourquoi devrais-je, en tant que ministre de l’Économie et des Finances, payer pour une faute commise par nos prédécesseurs ? Je suis obligé de restructurer pour faire des économies afin de pouvoir résorber cet écart. Nous allons nous serrer la ceinture. Le FMI me demande d’augmenter les taxes, d’identifier les secteurs où on peut faire des recettes et de diminuer les dépenses publiques. Nous allons travailler avec nos partenaires pour résoudre ce problème. Mais c’est difficile de supporter cela dans un pays qui n’a pas de routes, pas d’hôpitaux… de faire face à un tel sacrifice supplémentaire. Des coupes budgétaires seront effectuées dans certains ministères », assure-t-il.

À la question de savoir si le peuple ne va pas souffrir d’une nouvelle augmentation du prix des denrées de première nécessité consécutive à la hausse des taxes, il répond que les taxes sur les denrées ne seront pas augmentées.

Henrique Horta dos Santos assure, toutefois, que ceux qui ont créé cette situation ne vont pas s’en tirer à bon compte. « On a des comptes à rendre au peuple et ceux qui ont mis le pays dans cette situation rendront compte. La justice sera saisie », jure-t-il.