Gabon: une plainte sur l’acte de naissance d’Ali Bongo classée sans suite

Au Gabon, le feuilleton judiciaire se poursuit dans l’affaire de la succession de l’ancien chef d’Etat gabonais Omar Bongo. Onaida Bongo, demi-sœur de l’actuel président, Ali Bongo, avait obtenu de la justice française de pouvoir consulter l’acte de naissance de son demi-frère, conservé aux archives de l’Afrique Equatoriale Française, à Nantes. En janvier, son avocat, estimant que plusieurs incohérences émaillaient le document, avait porté plainte au pénal pour faux et usage de faux. Cette plainte a finalement été classée sans suite, il y a 10 jours, ainsi que nous l’avons appris, ce lundi 29 février. Néanmoins, la procédure n’en est pas finie pour autant.
Dans un courrier du 19 février, la procureure de la République annonce avoir classé la plainte.
« Les faux, à les supposer établis, ont été rédigés au Gabon et utilisés dans ce pays lors de l’ouverture de la succession. Or, les juridictions françaises ne sont pas compétentes pour connaitre des délits commis à l’étranger lorsque ni l’auteur ni la victime ne sont français », explique Brigitte Lamy.
La procureure de la République Brigitte Lamy précise, par ailleurs, que la copie de l’acte de naissance délivrée à Onaida Bongo est conforme au document conservé depuis 1960 aux archives. Il s’agit d’un acte qui correspond à la version officielle selon laquelle Omar Bongo est né en 1959 à Brazzaville.
Pour Maître Dumont-Beghi, avocate d’Ali Bongo, l’analyse de la procureure est claire.
« C’est bien ce document qui fait foi et s’il fallait le contester, ce sont les juridictions gabonaises qui seraient compétentes », dit-elle.
De son côté, l’avocat d’Onaida Bongo considère que ce jugement n’est qu’une étape.
« La procureure avait déjà plaidé l’absence de compétence quand nous voulions obtenir l’acte de naissance avant d’être déboutée. Cette fois encore, je pense que le tribunal est compétent, puisque notamment une partie des biens est en France », souligne Maître Moutet.
L’avocat de l’héritière compte relancer la procédure la semaine prochaine en se constituant partie civile, ce qui permet de demander une enquête directement auprès du juge d’instruction.