Gabon : Scrutin non transparent…Selon les observateurs de l’Ue

Le Gabon retient son souffle : les résultats de la Présidentielle seront connus aujourd’hui. En attendant chaque camp revendique la victoire alors que le scrutin en lui-même n’est pas transparent, selon les observateurs de l’Union européenne. En rendant hier lundi son rapport sur la Présidentielle, la chef de mission d’observation de l’Ue, Mariya Gabriel, n’a pas fait de détour pour dénoncer un processus opaque, selon Rfi. « Je félicite les électeurs gabonais qui ont exprimé leur volonté démocratique dans un processus dont la gestion a manqué de transparence », a déclaré l’eurodéputée bulgare Mariya Gabriel, la chef de la mission des 73 observateurs de l’Union européenne (UE), lors d’une conférence de presse. «La mission déplore le manque de transparence des organes de gestion des élections omettant de mettre à la disposition des parties prenantes des informations essentielles telles que la liste électorale et la liste des centres de vote », critiquent les observateurs européens dans leur rapport. La recommandation principale de Mariya Gabriel : que la Commission électorale publie les résultats bureau par bureau. Par ailleurs, selon elle, l’accès aux médias a aussi été fortement déséquilibré en faveur du président Bongo. Le rapport dit que la campagne présidentielle a bénéficié d’un financement nettement supérieur aux autres candidats, notamment grâce à une sous-règlementation.

Il faut rappeler que l’opposition accuse le président d’avoir fait campagne avec les moyens de l’Etat. Ali Bongo avait alors répondu : « Qu’ils apportent des preuves ». Sur le vote lui-même, Mariya Gabriel parle d’un processus opaque, notamment sur la distribution des cartes. Alain Claude Bilie Bi Nzé, porte-parole d’Ali Bongo, répond à ces propos que l’UE va au-delà de sa mission : selon lui, ce rapport inclut des périodes situées avant la campagne, ce qui n’était pas selon lui, dans l’accord entre le Gabon et la mission européenne. Ministre de la Communication, il estime aussi que l’accès aux médias a été équitable. Enfin, globalement, sur cette série de critiques européennes, il estime qu’on ne peut pas juger de ce qui n’est pas dans la loi gabonaise.