Etats-Unis: la police de New York rachète les armes des voyous

A New York a été organisé ce samedi 6 août un commerce un peu particulier. Il était en effet question de revendre son arme. Et l’acheteur n’était pas n’importe qui puisqu’il s’agissait de la police. Ce n’est pas la première fois que ce genre d’événement est organisé. Comme à Harlem ou dans le Queens, ce sont, chaque fois, pratiquement, une centaine d’armes qui sont récupérées, pour être en général détruites. Une goutte d’eau ? Depuis le début de l’année, 8 345 personnes seraient déjà mortes par armes à feu aux Etats-Unis.

Six policiers en tenue sportive plutôt qu’en uniforme sont installés devant l’église évangélique Garifuna. Car ce matin, les visiteurs ne sont pas les Afro-Caribéens habitués des lieux, mais un public de tout âge, de toutes couleurs et avec une arme à vendre.

Après une rapide vérification, l’inspecteur Frank Chiara les fait entrer discrètement dans le lieu de culte. Là, en échange d’un simple pistolet, ils recevront 25 dollars, sous forme de bon d’achat. Pour un fusil d’assaut, ce sera 200 dollars.

Un « système facile et pratique »

« Je sais que l’argent est la principale motivation, indique le policier, d’autant que le système est facile et pratique. Mais finalement, peu importe le pourquoi et le comment, le plus important est de retirer ces armes de la circulation. Alors, c’est vrai que 200 dollars, c’est un prix très correct pour des armes souvent vieilles, venant d’un peu partout. Il peut y avoir des enfants autour, ils veulent s’en débarrasser. Récupérer ne serait-ce qu’un pistolet peut sauver une vie. Et si on sauve au moins une vie, alors le programme est un succès ».

Le panneau à l’entrée le garantit : « Aucune question ne sera posée », ni sur l’identité du vendeur, ni sur l’origine de l’arme, en générale illégale. Ainsi, l’église choisie est dans une rue tranquille, mais à proximité immédiate d’une grande artère commerçante du Bronx, dans un secteur où les gangs sont actifs. Car si la sécurité s’est largement améliorée en ville, le site de référence Gun Violence Archive fait quand même état de six personnes mortes par balles dans ce quartier, rien que depuis un mois.