États-Unis : George Zimmerman met aux enchères l’arme avec laquelle il a tué Trayvon Martin

« Une arme légendaire américaine ». C’est avec ces mots que George Zimmerman, l’Américain acquitté du meurtre de Trayvon Martin, a mis aux enchères l’arme du crime du jeune homme noir tué en 2012 en Floride.

« Voici votre chance de posséder une partie de l’histoire américaine », écrit ainsi George Zimmerman dans une annonce publiée sur le site Gun Broker le 11 mai dernier. L’enchère de l’arme, qui débute le 12 mai et se terminera le lendemain, démarre à 5 000 dollars, soit quelque 4 380 euros.

« Cette arme est celle que j’ai utilisée pour défendre ma vie et mettre fin à l’attaque brutale perpétrée par Trayvon Martin le 26 février 2012 », ajoute George Zimmerman dans une description détaillée du pistolet, un Kel-Tec PF-9 9mm, avant d’étriller au passage Barack Obama et Hilary Clinton.

« Je peux faire ce que je veux de mes biens »

Sur la chaîne américaine conservatrice Fox, Zimmerman a rapidement expliqué son geste : « je suis un Américain libre, je peux faire ce que je veux de mes biens ».

Le 13 juillet 2013 à Sanford, ce vigile bénévole avait tué par balles le jeune homme lors de sa ronde de nuit, le soupçonnant d’être un voleur. Mais ce 26 février 2012, Trayvon Martin n’était pas armé. Devant les juges, l’ancien vigile avait plaidé la légitime défense et avait réussi à convaincre la justice américaine en 2013. Un an plus tard, elle avait également renoncé, faute de preuve, à poursuivre George Zimmerman pour crime raciste et violation des droits civiques.

Ce meurtre, doublé de ces deux décisions de justice, avaient ravivé les tensions communautaires aux États-Unis après plusieurs bavures policières à l’encontre d’Africains Américains. Trayvon Martin en Floride, Michael Brown à Ferguson , Eric Garner à New-York : cette succession de meurtres avait provoqué une vive émotion, déclenchant le mouvement « Black lives matter » [la vie des Noirs compte]. Le président américain Barack Obama avait même exprimé sa vive émotion : « Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon ».