Emigration clandestine : Vers des pactes migratoires avec l’Ethiopie, le Niger, le Nigeria, le Mali, le Sénégal

Migrants hang from a boat as they wait to be rescued as they drift in the Mediterranean Sea, some 12 nautical miles north of Libya, on October 4, 2016. At least 1,800 migrants were rescued off the Libyan coast, the Italian coastguard announced, adding that similar operations were underway around 15 other overloaded vessels. / AFP PHOTO / ARIS MESSINIS

Les migrants secourus en Méditerranée devraient être « ramenés en Afrique du Nord », d’où ceux qui sont considérés comme des réfugiés pourraient ensuite être accueillis en Europe, a estimé jeudi le ministre allemand de l’Intérieur, lors d’une réunion avec ses homologues européens à Luxembourg.

Les ministres européens ont notamment prévu de débattre des pactes migratoires que l’UE veut conclure avec de pays africains, l’une des priorités de la politique migratoire européenne depuis que la Méditerranée centrale est redevenue la principale porte d’entrée clandestine vers l’Europe.

« Ramenées en Afrique »
« Les personnes qui sont sauvées en Méditerranée devraient être ramenées dans des installations d’hébergement sûres en Afrique du nord », a plaidé le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maizière. « Là-bas, leur besoin de protection serait vérifié et nous mettrions en place un mécanisme de réinstallation en Europe avec des quotas généreux, répartis équitablement entre pays européens », a-t-il poursuivi devant la presse, à son arrivée à la rencontre ministérielle.

Pas de migrants économiques
Les personnes considérées comme des migrants économiques devraient quant à elles « retourner dans leurs pays d’origine », a ajouté M. de Maizière. « Nous avons besoin d’un accord, pour pouvoir renvoyer immédiatement (les migrants) vers la Libye, vers l’Algérie », a préconisé de son côté le ministre autrichien de l’Intérieur, Wolfgang Sobotka.

Méditerranée 
Depuis que l’immense afflux de migrants venant de la Turquie s’est tari, grâce aux effets combinés de la fermeture de la route des Balkans et d’un accord controversé entre l’UE et Ankara en mars 2016, la Méditerranée centrale est redevenue la principale route migratoire vers l’UE. L’Italie est ainsi sous une pression constante, avec plus de 142.000 arrivées comptabilisées depuis le début de l’année, selon des chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) datant du 6 octobre.

Pactes migratoires
La Commission européenne a proposé de conclure des pactes migratoires avec des pays clés d’origine, notamment l’Ethiopie, le Niger, le Nigeria, le Mali, le Sénégal. Il s’agit d’obtenir, via des incitations financières, qu’ils luttent davantage contre les passeurs et acceptent davantage de « réadmissions ». L’accord conclu en mars 2016 par l’UE avec la Turquie « est de mon point de vue un modèle », a jugé le ministre allemand de l’Intérieur, plaidant pour des « accords similaires » avec les pays africains.

Contrepartie
Le pacte avec la Turquie prévoit notamment le renvoi en Turquie de tous les migrants arrivant en Grèce. En contrepartie, l’UE a notamment accepté de verser une importante aide financière et s’est engagée, pour chaque Syrien renvoyé, à en « réinstaller » un autre depuis la Turquie dans un pays membre.

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