Donald Trump dérape encore…Il va en Californie insulter les noirs et les latinos

Il fallait s’appeler Donald Trump pour venir insulter les Noirs et les Latinos en Californie, un Etat de 40 millions d’habitants qui s’honore de sa diversité. A quelques jours des primaires du 7 juin dans l’Etat, sans grande importance puisqu’il est déjà adoubé par le Parti républicain, le magnat de l’immobilier s’est une nouvelle fois distingué par des déclarations incendiaires.

Depuis plusieurs jours, Donald Trump est très irrité par la polémique qui s’est développée autour de la Trump University, un établissement qui fait l’objet de deux plaintes en nom collectif pour fraude. Le 2 juin, il a mis en cause l’intégrité du juge fédéral Gonzalo Curiel qui est chargé du dossier en Californie. Le magistrat étant « d’héritage mexicain », il devrait se récuser, a déclaré l’homme d’affaires dans un entretien au Wall Street Journal. Il s’agit d’un « conflit » d’intérêts « absolu ».

Vendredi 3 juin, Donald Trump a récidivé, après avoir catégoriquement démenti avoir « les nerfs à fleur de peau » comme l’en avait accusé la veille Hillary Clinton, probable future candidate du Parti démocrate. Pressé de questions par le journaliste Jake Tapper de CNN, il a répété ses critiques contre le juge, qui non seulement, a-t-il insisté, est « d’ascendance mexicaine », mais membre de l’association des juristes latinos. Le journaliste a objecté que je juge n’est pas originaire du Mexique mais de l’Indiana, où il est né et a fait ses études. Critiquer le travail d’un magistrat fédéral au nom de son ascendance, « n’est-ce pas justement la définition du racisme » ? a-t-il pondéré. « Non », a balayé Trump, agacé : « Nous construisons un mur ! Il est mexicain ! Nous construisons un mur entre ici et le Mexique ! »

Quand Trump découvre un autre Noir dans l’assistance

Un peu plus tard, le candidat était à Redding, dans le nord de la Californie. Après avoir traité de « voyous » les jeunes qui avaient violemment pris à partie ses partisans la veille à San José, il s’est lancé dans une anecdote ayant trait à un incident précédent en Arizona. Où il était question d’un Afro-Américain que la presse avait à tort pris pour un de ses opposants, comme si aucun électeur non blanc n’était jamais de son côté. Tout à coup, Donald Trump a découvert un autre Noir dans l’assistance. Il a voulu partager le moment avec la foule. « Regardez mon Afro-Américain là-bas » ! a-t-il lancé, émerveillé. L’emploi du pronom possessif a ulcéré les minorités.

Les médias, qui avaient longtemps profité des extravagances du magnat de l’immobilier, ont commencé à tourner casaque. Jake Tapper l’a poussé plus de vingt fois dans ses retranchements sur l’ascendance du juge Gonzalo Curiel. Megyn Kelly, la vedette de Fox News qui s’était rabibochée avec lui, a repris ses distances. Plus une onomatopée n’échappe aux « fact checkers » des sites et des chaînes. Dans sa dernière conférence de presse, l’homme d’affaires a montré toute l’estime qu’il portait à ceux qui réclamaient des détails sur les dons promis aux associations d’anciens combattants. L’un a été qualifié de « minable ». L’autre, « une beauté ». Et il les a prévenus qu’il ne « changerait pas à la Maison Blanche ».