Emmanuel Macron, former French Minister of Economy and candidate in the French presidential elections, meets with members of the French community in Algeria, February 13, 2017 in Algiers. / AFP PHOTO / STR

Accusée d’ingérence dans l’élection présidentielle américaine, la Russie essaie-t-elle désormais d’interférer dans le processus électoral français? Selon les responsables du mouvement centriste En Marche!, Moscou aurait choisi ses candidats pour l’Elysée et ferait tout pour déstabiliser sa cible numéro un: Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron dispose de chances réelles de se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle française au mois de mai prochain. Selon les derniers sondages, l’ancien ministre de l’Economie arrive actuellement en deuxième position dans les intentions de vote, derrière la candidate du Front national Marine Le Pen. Et si tel duel devait se présenter aux Français, le candidat centriste l’emporterait largement avec 63% des voix contre 37% pour sa rivale extrémiste, selon un sondage Opinionway publié lundi.

Fillon et Le Pen, deux candidats plébiscités par Moscou
À trois mois du scrutin, ce scénario reste bien entendu hypothétique et de nombreux retournements de situation peuvent se produire d’ici là (François Fillon peut en témoigner). Et visiblement, on peut compter sur le Kremlin pour éviter pareille issue, selon des accusations du mouvement En Marche! puis d’Emmanuel Macron lui-même.

Lundi, Richard Ferrand, secrétaire général d’En Marche!, a demandé aux « plus hautes autorités de l’Etat » de « garantir qu’il n’y aura pas d’ingérence d’une puissance étrangère dans notre vie démocratique », sous-entendant que la Russie pourrait oeuvrer contre la candidature d’Emmanuel Macron comme elle l’a fait contre celle d’Hillary Clinton aux États-Unis.

Outre des cyber-attaques « par centaines, voire par milliers » contre le système informatique du mouvement, M. Ferrand pointait également du doigt la propagande du Kremlin via deux médias internationaux lui appartenant.

« Fake news »
« Aujourd’hui il faut regarder les faits: deux grands médias, Russia Today et Sputnik, qui appartiennent à l’Etat russe, font leur quotidien de la diffusion, de la propagation, de fausses nouvelles. Ensuite ces nouvelles sont reprises, sont citées et viennent peser sur notre vie démocratique », faisait remarquer Richard Ferrand en évoquant une rumeur selon laquelle Emmanuel Macron, lors de son déplacement au Liban fin janvier, aurait dormi « aux frais du contribuable » à l’ambassade de France. « Ce qui évidemment était inexact, mais en attendant le mal est fait, la rumeur est partie ».

Le Kremlin nie en bloc
Le lendemain, les deux médias mis en cause réfutaient catégoriquement ces allégations. Sputnik dénonçant par communiqué des accusations « sans aucune preuve. »

Le Kremlin suivait le pas et contestait formellement des accusations « absurdes » par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov.

« Nous n’avons pas et nous n’avons jamais eu l’intention de gêner les affaires intérieures d’un pays, encore moins son processus électoral », affirmait-il.

Macron affirme détenir « des preuves »
Alors que François Hollande s’inquiétait mercredi du risque de cyber-attaques dans l’élection présidentielle, Emmanuel Macron s’est exprimé ce matin sur le sujet à l’antenne de Radio Classique.

« L’élection n’est pas truquée mais nous avons subi des attaques répétées, multiples, de hackers sur notre site internet, beaucoup viennent d’Ukraine avec de fortes présomptions », a déclaré l’ancien ministre de l’Economie en assurant avoir transmis « des preuves » des ces attaques. « Le mouvement En Marche! a souligné à la fois ces attaques internet et d’autre part ces positionnements répétés de médias identifiés, avec aussi des hommes politiques dont les accointances sont connues avec la Russie », a-t-il ajouté, sans préciser à quels hommes politiques il faisait référence.

Vladimir Poutine et François Fillon en 2013. M. Fillon s’est positionné pour la levée des sanctions contre la Russie et a affirmé que Moscou « ne représentait aucune menace pour l’Occident. » © ap.
Macron victime de son europhilie
La question reste de savoir quel intérêt aurait la Russie à empêcher l’accession du candidat d’En Marche! à la présidence de la République française. La réponse est à trouver dans la volonté d’Emmanuel Macron de voir l’Europe comme une solution et non un problème. Macron, allié d’Angela Merkel, est sans aucun doute le plus européen de tous les candidats en lice.

« Face aux risques de la mondialisation, seule l’Europe peut nous protéger. Nous devons à nouveau oser rêver à l’Europe, c’est notre chance », affirmait  devant 15.000 personnes l’ancien du parti à la rose en meeting à Paris le 10 décembre dernier.

Une Europe forte, une Europe qui pèse, notamment face à la Russie. Une vision qui ne plait pas au président russe Vladimir Poutine, lequel compte sur la montée des populismes pour redessiner l’ordre mondial et mettre fin à l’hégémonie occidentale.

7sur7.be

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