Cyrille Bolloré devient Président de Bolloré Transports & Logistics…Un chiffre d’affaire de 8 milliards d’euros

À 30 ans, le fils de Vincent Bolloré prend les commandes du navire amiral du groupe français : la branche transport et logistique, qu’il souhaite hisser dans le top 5 mondial d’ici à 2020.

«Le navire est à l’eau », se réjouit Cyrille Bolloré. Du haut de sa tour en bord de Seine, à Puteaux (près de Paris), le président de Bolloré Transports & Logistics (BTL) présente, ce 30 mars, les contours et la stratégie de cette nouvelle entité réunissant les branches ports, logistique (avec Bolloré Africa Logistics, SDV et Saga), énergie et ferroviaire du groupe Bolloré, détenu à 65 % par la famille éponyme. Décidée en octobre 2014, cette fusion technique est opérationnelle depuis décembre 2015.

« Auparavant autonomes, les différentes filiales portaient toutes le nom de Bolloré mais se faisaient concurrence sur les mêmes terrains. Il y aura désormais un patron par pays, qui supervisera chacun des métiers du groupe », affirme le jeune dirigeant (30 ans), qui inaugure là son premier chantier. Avec son allure de futur cacique du CAC 40, celui que l’on disait timide se plie avec un aplomb certain à l’exercice des explications techniques et chiffrées devant une poignée de journalistes.

Depuis janvier, le troisième fils de Vincent Bolloré est officiellement aux commandes de ce mastodonte aux 36 000 collaborateurs (dont 24 000 pour l’Afrique). Il est également, depuis 2012, vice-président du groupe chargé des opérations financières et des achats et administrateur de nombreuses filiales. « Son père avait décidé de ça depuis longtemps », note Michel Roussin, ancien ministre français de la Coopération et proche conseiller de Vincent Bolloré, qui chaperonne les débuts de Cyrille à la tête de BTL.

Expérience

Si les incursions de son paternel dans Canal+, Telecom Italia et Mediaset ont été retentissantes, tout comme le lancement de ses véhicules électriques en libre-service à Paris, Turin (Italie), Abidjan, Brazzaville et Indianapolis (États-Unis), c’est bien Cyrille qui détient les clés de la maison Bolloré. Car BTL, c’est 8,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2015 (soit 80 % des revenus du groupe) et 606 millions d’euros de résultat opérationnel. De lourdes charges qui tranchent avec la jeunesse du patron. « L’expérience vient en marchant. Il accueille des visiteurs, il rencontre le personnel, il bouffe des kilomètres en Afrique… On a un président totalement intégré dans ce groupe où toutes les grandes décisions se prennent avec l’aval du père », poursuit Michel Roussin, pour qui « la valeur n’attend pas le nombre des années ».

Après avoir fréquenté les bancs de la Manchester University et de Paris-Dauphine, où il a obtenu un master de management et d’économie, Cyrille Bolloré a commencé sa carrière chez Bolloré Énergie en 2007, en tant que responsable des approvisionnements en fuel domestique. Aujourd’hui, il hérite de la plus belle part du gâteau Bolloré, avec des activités qui s’étendent des métiers du commissionnement (achat en gros de capacités de transport revendues au détail) jusqu’à la construction-gestion de ports et de chemins de fer, en passant par le stockage d’électricité. « L’idée de ce rapprochement était dans l’air depuis longtemps, confie Michel Roussin. Cela crée un vrai pôle de commandement qui facilitera une gestion plus resserrée et plus cohérente, en donnant aux équipes un véritable esprit de corps, comme on le voit dans d’autres groupes. »