Crise postélectorale:  » Mme Gbagbo a gâché ma vie », accuse un Témoin

Le témoin Ibrahim Diarra, a estimé, jeudi, à la barre de la Cour d’Assises que Mme Simone Gbagbo poursuivie pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, a  »gâché » sa vie, après avoir reçu  »une balle » qui l’a paralysé.

C’est dans un fauteuil roulant que Ibrahima Diarra, devenu  »paraplégique », selon ses propos  »après avoir reçu une balle tirée par les gendarmes du camp commando d’Abobo » à la sortie d’une mosquée s’est présenté à la barre.  »Ils ont tiré sur nous parce que nous sommes des musulmans jugés favorables à Alassane Ouattara. La balle a traversé la colonne vertébrale (…). Je ne peux plus rien faire. Simone Gbagbo a gâché ma vie. C’est fini pour moi » s’est-il lamenté devant la Cour. Selon lui, à la fin de la crise postélectorale, il a été demandé  »aux blessés et victimes de se faire recenser » à la mairie d’Abobo, commune jugée favorable à Alassane Ouattara. »C’est là bas j’ai expliqué ce qui m’est arrivé à un médecin qui m’a délivré des papiers », a révélé le témoin. « Avez-vous les preuves que vous êtes blessé par balle ? « , interroge le juge Boiqui Kouadjo. Le témoin répond qu’il ne sait plus où il a gardé  »tous les papiers ». Mais la défense brandit à la Cour un certificat médical du témoin délivré, le 4 mars 2011, le jour des faits, par Dr Adama Sangaré, avec un en-tête du Centre hospitalier de Cocody (CHU). Coup de théâtre, le témoin soutient mordicus qu’il n’a pas été soigné ce jour là par un médecin à fortiori lui délivré un certificat médical.  » Je répète que c’est longtemps après la fin de la crise qu’on nous a appelés à la mairie d’Abobo où un médecin m’a donné des papiers », insiste M. Diarra. Une aubaine pour les avocats de la défense qui exigent la  »comparution » du médecin qui a délivré le certificat médical à Ibrahima Diarra afin d’éclairer la Cour. Ce que le juge Boiqui Kouadjo a ordonné. Depuis le 31 mai, l’ex-Première dame ivoirienne, Simone Gbagbo, déjà condamnée à 20 ans

de prison, en 2015, pour atteinte à la sûreté de l’Etat, est jugée pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.