CPI: Jean-Pierre Bemba coupable de crimes contre l’humanité, un verdict inédit

Jean-Pierre Bemba a été déclaré coupable par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Le chef du Mouvement de libération du Congo (MLC) a été reconnu responsable de meurtres, pillages et viols commis par ses troupes en Centrafrique, parties soutenir le régime chancelant du président centrafricain de l’époque, Ange-Felix Patassé, entre octobre 2002 et mars 2003. Quatorze ans après les faits, six ans après le début du procès, ce verdict était très attendu. La procureure Bensouda a qualifié le jugement d’« historique ».

A l’énoncé du verdict, Jean-Pierre Bemba est resté de marbre, dans la même position que durant l’heure et quart qu’a duré la lecture du jugement. Bras croisés, attentif, il n’a pas sourcillé quand le juge l’a reconnu coupable de cinq chefs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Il aura fallu près d’un an et demi à la Chambre pour délibérer. Il faut dire que c’est la première fois que la CPI devait déterminer la responsabilité pénale d’un accusé, en tant que commandant militaire, pour les crimes commis par ses troupes dans un pays tiers. « Un jugement historique », a même déclaré Fatou Bensouda, procureure de la CPI.

Car, durant les cinq mois de 2002-2003 durant lesquels les hommes du MLC avaient commis meurtres, viols et pillages en Centrafrique, Jean-Pierre Bemba était, lui, basé en République démocratique du Congo (RDC). Mais la Cour a jugé qu’il avait bien le contrôle et l’autorité effectifs sur ses hommes, qu’il était informé de leurs crimes, mais qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour empêcher ces crimes ou en punir les auteurs.

C’est un verdict inédit qui pourrait donc faire jurisprudence, s’il est confirmé, car les avocats de la défense ont trois mois pour faire appel et ce n’est qu’une fois le jugement confirmé que les juges détermineront la peine à appliquer à Jean-Pierre Bemba.

Dans l’intervalle, l’ancien vice-président de RDC n’en a pas fini avec les procédures à la CPI puisqu’il est depuis septembre dernier en procès dans un second dossier : avec quatre co-accusés, dont son avocat Maître Kilolo, il est accusé de subornation de quatorze témoins de l’affaire pour laquelle il vient d’être condamné.