Chine: une rénovation « bâclée » de la Grande Muraille à grand renfort de ciment provoque un tollé

Symbole universel de la Chine, la Grande Muraille, structure architecturale la plus importante jamais construite par l’Homme, est en nette dégradation depuis plusieurs dizaines d’années à cause des conditions climatiques et des activités humaines. Pour sauver ce joyau du patrimoine mondiale de l’Humanité, le pays le plus peuplé du monde a lancé récemment un appel aux dons sur Internet via la plateforme Tencent, géant chinois de la high-tech.

Toutefois, cette information importante est sur le point d’être éclipsée par une autre sur ce même sujet. En effet, les réseaux sociaux de l’Empire du Milieu ne décolère pas après la publication de photos montrant des travaux de rénovation sur ladite muraille dans la province du Liaoning (nord-est). On peut y voir une portion de la Grande muraille de Chine, entièrement recouverte d’une épaisse chape de ciment gris. Cette rénovation « bâclée » a fait disparaître les marches, les créneaux et même certaines tours de l’ouvrage défensif.

 

Le tronçon en question, dont la construction a débuté en 1381, se situe à la limite des provinces du Hebei et du Liaoning, explique le New York Times, qui fait état de la réparation de quelque 1,2 miles (environ 1,9 kilomètre).

Ces travaux de restauration ont été menés entre 2012 et 2014 à la suite d’inondations afin de préserver l’ouvrage, a expliqué dans un communiqué l’Administration nationale du patrimoine historique, en réponse à l’indignation générale. Les touristes, nombreux à venir admirer l’ouvrage avant sa restauration, ont d’ailleurs déserté les lieux devant le peu d’intérêt qu’il représente désormais.

« On dirait le travail d’un groupe de personnes qui n’ont même pas terminé l’école primaire », se plaint un utilisateur de Weibo, le Twitter chinois. « Pourquoi ne raserait-on pas la Cité interdite, pendant qu’on y est? » s’insurge un autre.

La Grande muraille de Chine est en fait un ensemble de fortifications séparées dont le tracé remonte sur certaines sections a plus de 2.000 ans (700 ans pour les plus récentes), lorsqu’il s’agissait de défendre le pays contre les invasions venues du nord, notamment des steppes mongoles. Suivant que l’on compte ou non les portions disparues, sa longueur totale évolue entre 6.000 et 12.000 km.