Centrafrique : pourquoi Jean-Francis Bozizé s’est-il risqué à rentrer à Bangui ?

Sous le coup d’un mandat d’arrêt international, le fils de l’ex-président de la RCA s’est risqué à effectuer une visite à Bangui, où il a été arrêté.

La première image est celle d’une bête blessée venue se jeter dans la gueule du loup. Sous le coup d’un mandat d’arrêt international délivré le 1er mai 2014 par la justice centrafricaine pour « torture, détournement de deniers publics, complicité d’assassinat et association de malfaiteurs » – des faits commis entre 2003 et 2013 –, Jean-Francis Bozizé a regagné Bangui le 3 août par un vol Kenya Airways en provenance de Paris, via Nairobi.

Quarante-huit heures plus tard, après s’être concerté avec ses proches, et accompagné d’un avocat, le fils de l’ancien président, François Bozizé, faisait irruption dans les locaux de la Mission des Nations unies pour la Centrafrique (Minusca), où se tenait une réunion entre des

représentants du Kwa Na Kwa (KNK), le parti fondé par son père, et la division politique de la mission de l’ONU en RCA.

Arrêté et bloqué à Bangui

A-t-il voulu tester la réaction de la Minusca ? Ses intentions ne sont pas claires. Quelques minutes plus tard, il était arrêté par la force onusienne, qui le conduisait à la Section de recherche et d’investigation de Bangui. Quatre jours plus tard, il était remis en liberté provisoire. Placé sous contrôle judiciaire, Bozizé a depuis regagné le domicile de sa belle-famille dans le quartier PK5 de Bangui. Installé, depuis la chute de son père, le 24 mars 2013, en région parisienne où il avait déjà vécu près de quinze ans – il possède la nationalité française –, cet ancien de la Légion étrangère était resté très actif, multipliant les déplacements sur le continent. Pourquoi a-t-il finalement décidé de mettre fin à plus de trois années d’exil ?

Selon plusieurs sources, Bozizé fils, dont les comptes bancaires en France sont bloqués depuis novembre 2014, rencontrerait de gros problèmes financiers. L’ancien ministre délégué de la Défense, 46 ans, aurait également des ambitions politiques. Il viserait notamment la présidence du KNK.