Burkina : l’assemblée nationale valide le mandat du PM

Le mandat du Premier ministre burkinabè, Paul Kaba Thiéba, a été validé, vendredi soir, par l’assemblée nationale qui, après avoir suivi sa déclaration de politique générale, lui a donné quitus à travers un vote largement favorable.
Selon les résultats du vote, livrés aux environs de minuit, sur un total de 125 députés votants (deux députés étaient absents), 72 ont voté pour et 53 se sont abstenus.

La majorité absolue ayant été obtenue à l’issue du vote, Paul Kaba Thiéba et son gouvernement ont ainsi obtenu la confiance du parlement au sujet de leur programme.

C’est la première fois que cet exercice prévu par la constitution du Burkina Faso est exécuté.

La loi fondamentale du pays en son article 63, stipule : ‘’Dans les trente jours qui suivent sa nomination, le Premier ministre fait une déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale. Cette déclaration est suivie de débats et donne lieu à un vote…».

 »Si la déclaration de politique générale ne recueille pas la majorité absolue du nombre de députés composant l’Assemblée nationale, le président du Faso met fin aux fonctions du Premier ministre dans un délai de huit jours. Il nomme un nouveau Premier ministre conformément aux dispositions de l’article 46 ».

C’est le 6 janvier dernier que l’économiste et financier Paul Kaba Thiéba, 55 ans, précédemment cadre de la BCEAO, a été nommé PM. Une semaine plus tard, il a publié la liste de son gouvernement forte d’une trentaine de membres.

M. Thiéba était assuré du soutien du parti présidentiel, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), qui compte 55 députés, et de la dizaine de voix des partis de la mouvance présidentielle.

Le parti de l’ex président Blaise Compaoré, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), 18 députés) et l’Union pour le progrès et le changement (UPC) de Zéphirin Diabré, candidat malheureux à l’élection présidentielle, ont appelé leur députés à s’abstenir.

Dans sa « Déclaration de politique générale », contenu dans un document de 48 pages, prononcée durant deux heures, M. Thiéba a affirmé que le Burkina « présente des signes de fragilité, avec une croissance trop faible pour éradiquer la pauvreté et réduire les inégalités sociales ».

Sur le plan politique, M. Thiéba a annoncé la mise en place d’un dialogue national pour la réconciliation nationale basée sur le « triptyque vérité, justice, réconciliation ».

Après la déclaration, les cinq groupes parlementaires (Paix justice et réconciliation nationale, Burkindlim, CDP, UPC et MPP) ont tour à tour posé des questions auxquelles le PM a donné des réponses.
Sa déclaration a été unanimement saluée par tous les groupes parlementaires dont certains ne sont pas empêchés pourtant de faire des critiques.