Biens mal acquis : le Parquet français demande un procès contre le fils du président équato-guinéen

Le parquet français demande l’ouverture d’un procès en France dans l’enquête dite des « biens mal acquis » qui implique Teodoro Nguema Obiang Mangue dit Teodorín, le fils du président équato-guinéen, a-t-on appris jeudi.

Le procureur de la République financier, indépendant mais nommé par le président et faisant partie du parquet général de Paris (supérieur hiérarchique des procureurs de la République), a signé le 23 mai un réquisitoire demandant le renvoi de Teodoro Nguema Obiang Mangue, dit Teodorin, devant le Tribunal correctionnel de Paris, ont indiqué les associations Sherpa et Transparency International, à l’initiative de la procédure, dans un communiqué publié le 26 mai.  Une information confirmée par une source judiciaire auprès de l’AFP et divers médias citant des sources concordantes.

Si les magistrats instructeurs suivent cet avis, en rendant une ordonnance de renvoi devant le Tribunal correctionnel de Paris, le fils du président équato-guinéen sera jugé pour différentes infractions financières, qui pourraient comprendre, selon les chefs d’accusation retenus, des opérations d’investissements cachés, de blanchiment, de détournements de fonds publics, d’abus de biens sociaux, d’abus de confiance et de corruption.

Dépenses somptuaires

Teodorin Obiang a été mis en examen en mars 2014 par la justice française qui, selon une source proche de l’enquête, le soupçonne de s’être frauduleusement bâti en France un patrimoine estimé à plusieurs centaines de millions d’euros. L’instruction, qui s’est achevée en septembre, a pointé du doigt ses dépenses somptuaires : voitures de luxe, jet privé, hôtel particulier de six étages dans le cossu XVIe arrondissement de Paris saisi par la justice en 2012…

Teodorin Obiang avait demandé l’annulation de sa mise en examen, invoquant son statut de vice-président chargé de la Défense et de la Sécurité de l’État en Guinée équatoriale qui octroyait à ses yeux une immunité. Mais la Cour de cassation l’avait débouté en décembre, estimant que les faits imputés avaient été commis à des fins personnelles, relevant de sa vie privée en France et donc détachables des fonctions étatiques protégées par la coutume internationale.