Attentat: un hommage national pour les victimes de Nice

Samedi à partir de 11 heures, un hommage national est rendu aux victimes de l’attentat survenu à Nice le 14 juillet. Mais les polémiques autour de la sécurité dans la ville, cette nuit-là, ont laissé des traces et cèdent place à de nombreuses interrogations parmi les victimes sur les moyens de lutte contre le terrorisme .

Quatre-vingt-six tués et des centaines de blessés. Trois mois après l’attentat de Nice, c’est ce samedi qu’une cérémonie nationale sera rendue en hommage à toutes ces victimes. Présidée par François Hollande, qui sera entouré de nombreux représentants politiques, celle-ci sera la toute première à se dérouler en province comme l’ont souhaité les Niçois. Démarrant à 11h, elle aura lieu dans les hauteurs de la ville sur la colline du château, où le regard embrasse la baie des Anges mais aussi la promenade des Anglais, ensanglantée le 14 juillet dernier.

Ce jour-là et alors que des milliers de personnes étaient rassemblées pour assister au feu d’artifice, le terroriste, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, s’était élancé dans la foule à bord d’un 19 tonnes. Ce fut un véritable carnage. Les scènes hantent aujourd’hui tous ceux qui étaient présents, comme Vincent Delhomel-Desmarest. Ce restaurateur, dont l’établissement donne sur la promenade des Anglais a secouru les victimes une bonne partie de la nuit. Depuis, il est l’un des responsables de la «Promenade des anges», l’une des associations qui soutient tous ceux qui ont été frappés par ce massacre. «Nous avons souhaité que cette cérémonie se fasse à Nice. Cela a plus de sens», signale-t-il.

L’attentat a touché 19 nationalités

Pour cette journée, 2500 personnes, parmi les victimes, sont attendues. Mais rien ne dit qu’elles se déplaceront toutes. «L’attentat ayant touché 19 nationalités, il a fallu contacter des familles à l’étranger qui ne pourront pas toutes se déplacer», dit-on à l’Élysée. À cela s’ajoutent ceux qui en France ne pourront se rendre disponibles, car retenus à l’étranger, et ceux qui ne vont pas assister délibérément à cet hommage. Un boycott pour dénoncer l’insuffisance de moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre les terroristes et protéger la population.

Depuis cet attentat, Nice est sous tension. Les accusations réciproques entre la ville et l’État autour de la sécurité de ce 14 juillet et l’absence d’union nationale au lendemain de ce massacre a laissé des traces. Ils laissent place à de nombreuses questions. Accablées par la douleur, nombre de victimes veulent savoir comment ce 19 tonnes a pu circuler sur la promenade des Anglais qui lui était interdite. D’autres n’en sont même plus au stade des interrogations et accusent l’État mais aussi la ville de ne pas avoir protégé la population.

Ces tensions pourront-elles être mises de côté le temps de ce recueillement? Les organisateurs espèrent qu’il n’y aura pas de débordements comme ce fut le cas le 18 juillet dernier à Nice. Propos racistes et huées visant les représentants politiques présents avaient perturbé la minute de silence prévue ce jour-là. Le Premier ministre, Manuel Valls, avait été accueilli aux cris «d’assassin». Au cours de cette cérémonie, les 86 noms des personnes tuées vont être un à un cités.