18 morts dans une guerre du crime organisé en prison

Lundi, huit détenus sont morts carbonisés et deux autres ont été gravement blessés dans une prison de l’Etat de Rondonia, frontalier avec la Bolivie, au lendemain d’affrontements dans un pénitencier de l’Etat du Roraima, limitrophe avec le Venezuela, qui a fait 10 morts, selon un bilan revu à la baisse. La police avait fait état de 25 morts dans un premier temps.

Dimanche, dans le pénitencier agricole de Monte Cristo à Boa Vista, les heurts sont intervenus lorsque des prisonniers d’un pavillon ont envahi une autre aile de cette prison vers 15H00 locales (18H00 GMT). « Sept corps ont retrouvés carbonisés et trois autres décapités.

Six détenus ont été légèrement blessés et soignés », a déclaré à l’AFP l’attachée de presse du gouvernement du Roraima, Jessica Laurie.

Alliance rompue entre factions du crime organisé

Elle a expliqué que les conflits dans les deux prisons étaient liés : « La faction du crime organisé PCC (Premier commando de la capitale) a donné l’ordre de tuer les membres de la faction rivale CV (Commando Vermelho) dans toutes les prisons du pays ». « Cela a commencé à Boa Vista dimanche et continué ce matin à Porto Velho. Avant ces deux factions agissaient ensemble dans le contrôle des armes et de la drogue, mais elles ont rompu leur alliance de plus de vingt ans », a-t-elle précisé.

Comme l’explique Camila Nunes Dias, sociologue et professeur à l’Université de la banlieue de Sao Paulo (UFABC), « il existe une alliance de fait entre le PCC, dont la base est à Sao Paulo, et le CV, dont la base est à Rio, depuis la naissance du PCC en 1996/97. C’est une alliance commerciale, d’échange de drogues et de cohabitation dans les prisons ». « Mais cette alliance s’est rompue en raison de la stratégie d’expansion des deux groupes pour tout le Brésil, chacun cherchant à accroître son influence », ajoute-t-elle