Youkhou NDOUR doit choisir entre Bercy et Building…Sa haine raciale envers Karim l’a conduit à sa perte

Youssou NDOUR, monarque en herbe ou politicien avorté ?

Dans une tribune que nous avions faite en 2013, nous avions averti le peuple sénégalais sur la volonté de Youssou NDOUR  de torpiller la constitution en amalgamant son business et ses fonctions ministérielles, par l’organisation d’un concert commercial à Bercy (Titre de la tribune : Youssou NDOUR doit choisir : entre Bercy et Building. En affirmant publiquement que maintenant c’est lui le seul patron de Dakar, Youssou NDOUR flirte à nouveau avec l’arrogance, frôle le ridicule, et promeut une monarchie des riches. En fustigeant Karim WADE parce qu’il est français, même sans le dénommer, ces propos peuvent inciter à la haine politique  des binationaux de couleur blanche ou métissée. Ce qui est pénalement puni en France, pays dont il aurait lui-même la nationalité.

« Dakar c’est moi le patron maintenant » : Arrogance bis ou amateurisme politique notoire ?

Parti en campagne pour promouvoir le « OUI » au référendum constitutionnel qui aura lieu le 20 mars 2016 au Sénégal, Youssou NDOUR a tenu fougueusement des propos controversés qui incitent à la monarchie des riches. Il dit qu’il a plus d’employés que ceux qui se disputent la mairie de Dakar ; et en déduit que c’est lui le patron de cette ville. Il se considère plus apte à diriger la mairie de Dakar que les citoyens sénégalais qui ne mangent pas à leur faim et ne voyagent pas en classe affaires.

D’après cette logique hallucinante « Made in Youssou NDOUR », l’Etat et les affaires publiques appartiennent aux chefs d’entreprises qui créent le plus d’emplois. Est-ce de l’ignorance notoire ou de l’arrogance ? Le fait d’avoir eu un disque d’or avec Néneh CHERRY ne lui confère aucune légitimité à   réinventer les sciences politiques.

Petit rappel à Youssou NDOUR : un maire n’est pas un patron comme lui. C’est un serviteur. Il ne se sert pas, il sert la collectivité.  Un employeur se sert de son capital, de son industrie et de ses réseaux  dans le seul but de faire des bénéfices pour sa poche, et en essayant de payer le moins d’impôts possible. Youssou NDOUR, comme tout employeur, ne crée pas d’emplois par altruisme, mais pour exploiter les ressources humaines et faire du fric. Donc toute compétition entre les fonctions de maire et d’employeur est ridicule.

D’après la logique avide de Youssou NDOUR, les indigents et la classe moyenne ne peuvent pas prétendre à devenir maire au Sénégal.  Or la constitution et les lois du pays reconnaissent à tout citoyen, pauvre ou riche, le droit de  prétendre à gérer les affaires de la cité. Les conseillers de Youssou NDOUR doivent lui faire un B-A = BA, pour lui apprendre que tous les êtres humains, riches ou pauvres, sont égaux devant la loi. Qu’il n’y a au Sénégal ni sujet, ni privilège de lieu de naissance ou d’appartenance sociale. La constitution sénégalaise interdit toute discrimination entre les citoyens, qui ont un accès égal à l’exercice du pouvoir à tous les niveaux. Même s’il est profane en droit, Youssou NDOUR ne peut pas oublier que lui et sa famille n’ont pas toujours été de riches chefs d’entreprises. Que son père était un  ouvrier, sa mère griotte, qu’ils n’étaient donc pas riches ; qu’ils aient dû probablement frôler la dèche dans leur fief de Médina, bidonville de Dakar qui fut très pauvre, de sa création en 1914 jusqu’à un passé récent. Son raisonnement amènerait à concéder que les familles pauvres de la Médina doivent être exclues de la gestion des affaires publiques, à cause de leur  indigence.  Cette bourde subliminale laisse penser qu’il regarde la mairie de Dakar comme une opportunité d’affaires, probablement plus pour lui que pour les dakarois. Sinon il n’aurait pas à attendre d’être élu maire pour rendre un service à la collectivité. Des sénégalais, français et libanais binationaux comme lui, créent plus d’emplois et ont leurs propres avions, là où il se la joue de voyager en classe affaires. Ce qui ne les excite pas à  réclamer le fauteuil de Maire. Il découle de sa logique que Jean-Claude MIMRAN, qui dirige la compagnie sucrière sénégalaise avec plus de 3000 employés permanents et 2000 saisonniers a plus de légitimité que la presque totalité des  sénégalais pour diriger le pays. Il en découle aussi que  le sulfureux Donald TRUMP, avec sa fortune colossale et ses milliers d’employés, est le meilleur président pour les Etats Unis d’Amérique. Que Vincent BOLLORÉ, président du puissant et influent Groupe Bolloré, peut réclamer le palais présidentiel de l’Elysée en France. Ce serait la dictature de l’argent !

Youssou NDOUR pourrait être éclaboussé par son manège et s’enterrer vivant politiquement.

Alors qu’il voulait  se positionner comme le Messie de la vie  politique sénégalaise, Youssou NDOUR est perçu par beaucoup de sénégalais comme un opportuniste de la politique.

Pour prétendre à une légitimité politique, Youssou NDOUR brandit sa notoriété et ses réseaux internationaux ; et compile des amalgames et contresens que même Farba SENGHOR, ancien rabat-joie de la politique sénégalaise sous le régime de WADE, n’avait  pas tenus. Il fustige les partis politiques et les vieux politiciens, alors qu’il soutient Macky SALL et son parti bourrés de vieux partenaires au sein de la coalition Benno Bokk Yakar. Il fustige les politiciens qui utilisent les masses lors des élections, pour se retrancher  illico dans les beaux quartiers de Dakar comme Almadies. Or lui-même n’extirpe son mouvement politique de sa torpeur qu’à la veille de consultations électorales ; et il a des intérêts personnels et professionnels dans le quartier huppé des Almadies. Il utilise son notoriété musicale pour embobiner des fans qui ne savent pas faire le distinguo entre compétence musicale et compétence politique. De sorte que le prototype des soutiens de son mouvement est le sénégalais accro au « Bégué » (Distraction), qu’on peut abrutir et museler politiquement pour qu’il ne se soucie plus de sa galère quotidienne ; qu’il ne se préoccupe pas des enjeux socioéconomiques auxquels son pays est confronté. Il fait de la musique un opium pour cette partie de la population sénégalaise.

Espérons que sa volonté de s’emparer de la mairie de Dakar n’est pas juste une stratégie opportuniste pour mieux fructifier ses business, se prémunir de soucis économiques et fiscaux. (D’ailleurs, certains sénégalais traduisent le nom en Wolof de son mouvement politique « Fekke Maci Bollé » par  « L’opportuniste est arrivé ». D’autres l’accusent d’être sans vision politique, et de se ranger toujours derrière celui qui gagne les élections, et de fuir comme la peste celui qui risque de les perdre.

Espérons aussi que les réseaux internationaux dont il se prévaut ne soient pas des nébuleuses économiques internationales soucieuses de placer un pion dans notre pays, pour mieux le spolier ou en tirer des tributs illégitimes.

 Alors qu’il voulait  précipiter la mort politique de Karim WADE, Youssou NDOUR c’est enterré lui-même sous le cercueil.

Youssou NDOUR a déclaré que Karim WADE n’a pas la prérogative de donner des consignes de vote pour le référendum constitutionnel au Sénégal, car il est français. Il crachait cette aberration  pendant qu’il donnait lui-même une consigne de vote en faveur du « OUI » à ce référendum. Or, il a été révélé qu’il est lui-même français. Si cette information est avérée Youssou NDOUR se met simultanément dans quatre draps :

  • Cela voudrait dire qu’il serait obligé de répudier sa nationalité française par opportunisme, s’il veut se présenter aux élections présidentielles sénégalaises ;
  • Cela voudrait dire qu’il dupe la population sénégalaise par une malhonnêteté ahurissante ;
  • S’il prétend être honnête, ce qu’il dira probablement, cela voudrait dire qu’il assume une incitation à la discrimination et à la haine raciale.
  • S’il est honnête, cela voudrait dire qu’il militerait avec sa musique et ses media pour la destitution de Macky SALL, si un jour on révélait que ce dernier a une double nationalité en violation de l’article 28 de la constitution sénégalaise.

Youssou NDOUR pourrait être poursuivi en France pour incitation à la discrimination  raciale.

Si Youssou NDOUR est français, cela voudrait dire qu’il ne nie pas le droit aux binationaux sénégalais comme lui de participer à la vie politique du pays. Or, avec sa nationalité française, la seule chose qui le différencie de Karim WADE à ce sujet, c’est qu’il est binational Noir, alors que Karim WADE est binational pour moitié Noir, pour moitié de race blanche. Donc seule l’extranéité raciale de Karim WADE justifierait  la discrimination qu’aurait promue Youssou NDOUR. Pis, il tient ces propos en public, devant un auditoire acquis à sa cause, et relayé par les media (Télévisions et Internet). Ces propos peuvent inciter des sénégalais à haïr politiquement les binationaux Blancs ou Métisses. Ce qui est prohibé par les lois sénégalaises comme françaises.  En tant que français qui aurait commis un délit contre un français et contre la loi pénale française, il pourrait être poursuivi devant les juridictions françaises. L’article 24 de la loi française du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse puni d’un an d’emprisonnement et/ou de 45 000 euros d’amende toute incitant à la discrimination ou à la haine à l’égard d’une personne, à raison de son origine, de son appartenance à une nation ou une race.

Certains esprits pressés rétorqueront tout de suite que Youssou NDOUR ne peut pas haïr les métisses car sa propre femme est métisse. Mais il ne s’agit pas ici d’une haine qu’il aurait, où pas, contre les métisses et les blancs, mais de propos qui pourraient promouvoir une telle haine.

On peut tenir des propos pouvant conduire à ce résultat sans forcément haïr le groupe social visé. Même Hitler, qui incitait ouvertement à la haine des juifs, aurait été longtemps en couple avec une juive, Eva Braun.

Même si la finalité de Youssou NDOUR n’aurait pas été de blesser Karim WADE, sa volonté de convaincre son auditoire à adhérer à ses propos est manifeste. Ainsi, toute association ayant pour objet la lutte contre le racisme peut attaquer directement Youssou NDOUR devant un  tribunal français par une citation directe ; ou se constituer partie civile et lui réclamer le versement de dommages-intérêts.

Karim WADE et ses partisans  peuvent avertir un procureur français pour l’ouverture  d’une procédure pénale et l’effacement de la vidéo préjudiciable. Pour ce faire ils peuvent faire un signalement en ligne  depuis le site : https://www.internet-signalement.gouv.fr/

Il ne faut jamais surestimer sa puissance économique ou ses réseaux d’influence. Nul n’est intouchable : Youssou NDOUR peut demander à Karim WADE. Avoir de l’argent et des copains influents ne suffit pas comme compétence pour diriger un pays. Si Youssou NDOUR veut se présenter aux prochaines élections présidentielles sénégalaises, nous aimerions qu’il réponde à cette question qu’avait posée en 2010 à son propos, un autre chanteur Sénégalais pas moins talentueux, Cheikh LÔ :

«Quelles études a-t-il faites pour prétendre devenir président ? Que connaît-il à la finance ? A l’administration ? Il mène une vie de pacha, très bien, mais de là à prétendre diriger le pays…»

Aliou TALL,

Président du Réseau Africain de Défense des Usagers, des Consommateurs et du Citoyen (RADUCC)

Email : raducc@hotmail.fr

1 Comment

  1. Ce que l’article 25-3 introduit pour les homosexuels.
    Une vidéo de Macky Sall pour le comprendre.
    http://www.senedirect.net/wp-content/uploads/2016/03/Le-Pr%C3%A9sident-Macky-Sall-sur-ITELE-%C2%AB-Au-S%C3%A9n%C3%A9gal-nous-avons-des-homosexuels%E2%80%A6-%C2%BB-%E2%80%93-Senepeople.mp4?_=1
    Macky dit, dans cette vidéo, qu’au Sénégal il y a des homosexuels (c’est vrai) et qu’ils ont le droit de manifester et de faire campagne.
    La seule campagne connue des homosexuels, c’est la gay pride.
    Macky dit donc qu’ils en ont le droit au Sénégal. Que s’ils le font ils n’auront aucun problème avec le gouvernement.Mais il ne garantie rien pour ce qui est d’éventuels problèmes avec la population.
    Et arrive alors cet article 25-3 qui dit que la population a l’obligation de respecter les droits d’autrui. Ceci étant un article constitutionnel, celui qui ne le respecte pas sera en prison.
    Résumons:
    1/ Les homosexuels ont le droits d’organiser leurs manifestations, leurs campagnes publiques.
    2/ Dans les réformes à voter en référendum, tout citoyen est obligé de respecter le droit d’autrui, y compris le droit des homosexuels au gay pride.
    3/ Alors, si les réformes de la constitution passent le 20 Mars, au lendemain tout sénégalais qui s’opposera au droit des homosexuels de manifester dans les rues de Dakar sera mis en prison.

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