Voici pourquoi la styliste Oumou Sy déteste Wade…Une vieille histoire de « 100 mannequins »

Xibaaru a cherché pourquoi la styliste Oumou Sy avait tenu des propos haineux à l’encontre de l’ancien président Abdoulaye Wade lors de son face à face le jeudi dernier dans le cadre des préparatifs de la Semaine internationale de Dakar (Simod). Elle avait déclaré devant les journalistes ce qui suit : « Quand on me disait qu’Abdoulaye Wade est mon chef d’Etat, je m’énervais. J’avais envie d’arracher mon cœur et de le jeter ».

Il faut vraiment avoir le cœur rempli de haine pour vouloir l’arracher et le jeter à la simple évocation du nom de Wade. Et xibaaru a fouillé dans les archives pour déterrer une vieille histoire datant de 2001 soit 18 mois après l’arrivée de Wade au pouvoir.

La styliste a été impliquée dans une sordide histoire de « 100 mannequins » qui devaient être acheminées en Libye pour défiler lors de la fête marquant le 32ème anniversaire de l’accession du Guide Libyen Mouammar Khadafi au pouvoir…

Voici l’histoire raconté nos confrères de Afrik.com dans leur édition du mardi 4 septembre 2001…Un article signé par Léïla Mèziane

Oumou Sy et les 100 mannequins

mardi 4 septembre 2001 / par Leïla Mèziane

Oumou Sy et les 100 mannequins. Oumou Sy, la styliste et propriétaire du cybercafé Métissacana de Dakar, a été inculpée de  » complicité dans un réseau de proxénétisme  » et placée sous mandat de dépôt. Une publicité dont elle se serait bien passée.

L’affaire que l’on appelle à présent celle des  » 100 mannequins  » prend depuis mardi dernier une ampleur spectaculaire au Sénégal. En effet, la styliste Oumou Sy, fer de lance de la mode sénégalaise et propriétaire du plus célèbre cybercafé de Dakar, le Métissacana, est impliquée dans cette sordide histoire de proxénétisme.

Mardi 28 août, une centaine de mannequins de nationalité sénégalaise s’apprêtent à s’envoler pour Tripoli. Elles doivent se produire vendredi 31 août devant le Guide libyen, dans le cadre des festivités marquant le 32ème anniversaire de son coup d’Etat. L’avion est bloqué à l’aéroport de Dakar par la gendarmerie qui suspecte un possible réseau de prostitution.

Sœurs proxénètes

Conduites au poste et entendues, les mannequins seront relâchées. Pas les organisateurs. Accusées de trafic de jeunes filles vers la Libye, les coordonnatrices du voyage, les jumelles Leila et Nancy Campbell, ont été inculpées vendredi 31 août pour  » délit de proxénétisme et atteinte à l’ordre public « . Quant à Oumou Sy, elle est inculpée de  » complicité dans un réseau de proxénétisme  » et placée sous mandat de dépôt.

 » Le juge a entendu Oumou et a décidé de la garder en détention préventive en l’inculpant de complicité dans un réseau de proxénètes dont les principaux auteurs seraient les soeurs Campbell. Nous avons essayé de démontrer qu’Oumou n’avait rien à voir dans cette affaire et qu’elle agit en professionnelle mais cela n’a pas suffi au juge « , déplore l’avocate de la styliste, Me Aïssata Tall Sall.

Recrutées dans la rue

Les enquêteurs privilégient la thèse d’un réseau de prostitution initié par une agence de voyage travaillant avec une agence de mannequinat, dont les filles sont souvent utilisées pour des défilés de mode ou des manifestations culturelles et artistiques en Afrique et dans le monde. Selon les soeurs Campbell, Oumou Sy aurait reçu 7 000 dollars (5 millions de FCFA) sur les 10 000 dollars (7 millions de FCFA) qu’elles ont elles-mêmes perçu pour la préparation du défilé de mode. Choisie pour s’occuper du casting, Oumou Sy aurait fourni aux enquêteurs les justificatifs de l’utilisation des 7 000 dollars.

Selon Me Aïssata Tall Sall, la styliste devait remettre à chacune des filles retenues 400 000 FCFA après la manifestation, percevant au passage  » comme cela est normal, 100 000 FCFA pour chacune d’elles « . Oumou Sy a d’ores et déjà décidé de porter plainte contre les soeurs Campbell  » pour tout le préjudice moral, matériel et l’atteinte à son honneur et à sa dignité « , selon les mots de son avocate.

 » Ces jumelles ont trahi ma confiance. Jamais je n’ai pensé qu’elles pouvaient être dans l’illégalité et c’est de bonne foi que j’ai accepté que soixante-dix filles de mon agence (Macsy, ndlr) fassent le voyage à Tripoli « , déclarait la styliste le lendemain de sa garde à vue. A ces soixante-dix filles de l’agence Macsy, devaient s’aligner pour l’embarquement en direction de la Libye, trente autres  » recrutées dans la rue par les soeurs Campbell « .

Soutien des artistes

L’inculpation d’Oumou Sy, référence dans la communauté artistique sénégalaise, fait réagir bon nombre d’artistes qui ont rapidement exprimé leur soutien à leur  » soeur « .  » L’interpellation de la styliste Oumou Sy est une grande peine pour la communauté artistique et littéraire du Sénégal. Pour avoir largement contribué à la promotion de la mode au Sénégal et en Afrique, Oumou Sy est une valeur sûre à protéger contre le professionnalisme des affairistes véreux « , déclarait le dramaturge Alioune Badara Bèye à Sud Quotidien.

Quant à l’auteur-compositeur Youssou N’dour, il estime qu’il  » faut laisser la justice faire son travail « .  » Oumou Sy est une ambassadrice du Sénégal. Elle a fait beaucoup de choses pour le pays à travers le monde. Oumou est une soeur et elle m’a beaucoup aidé dans mes spectacles à travers le monde. J’espère qu’elle va s’en sortir.  »

Vu le passif des jumelles, la situation de la styliste devrait rapidement s’éclaircir. En février dernier, Nancy et Leila avaient organisé une opération similaire avec une cinquantaine de filles dont Miss France. L’intervention de l’ambassadeur de France à Tripoli avait permis aux mannequins de retourner dans leur pays.

Voici le lien de l’article http://www.afrik.com/article3280.html