Veille de Boukout* à Mlomp…xibaaru vous plonge dans les coulisses de l’événement (Reportage)

*Le boukout (ou bukut ou futampaf) est un rite d’initiation Diola pratiqué en Basse-Casamance

Mlomp, ce village mythique perdu dans les profondeurs de « Blouf » (un espace géographique et historique du département de Bignona) est devenu la capitale de culture Diola depuis la que l’information de la tenue en 2016 de son Boukout a été confirmée. Depuis lors, la machine traditionnelle a été mise en branle et chaque habitant ou ressortissant du village n’avait autre choix que de se conformer à la volonté du bois sacré et ses gardiens. La date du Samedi 30 Juin 2016 a été choisie pour accompagner les futurs initiés là où chaque jeune garçon diola doit passer pour en fin devenir un homme ou considéré comme tel. A la veille de cet événement historique, le village change complétement de physionomie, d’ambiance et d’habitude. Tout change conformément aux exigences traditionnelles du moment. Toutes choses ou activités obéissent désormais à des règles prédéfinies ou instituées pour ne pas dénaturer la solennité de l’événement. Chaque minute qui arrive correspond également à l’arrivée d’un groupe de personnes venues d’ailleurs. Ce Boukout 2016 est la 15ème édition de l’entrée générationnelle dans le bois sacré pour le village de Mlomp. La dernière édition remonte à 1980. 36 ans après, une autre génération de jeunes garçons se prépare à aller à « l’université » de l’éducation diola. Mais durant ce genre d’occasion, beaucoup d’acteurs entre en scène. Au-delà des organisateurs, il y a d’autres personnes qui se mêlent à la danse et c’est ce qui fait le charme de l’événement. Nous ne pourrons pas tous les citer mais quelques-uns ont retenu notre attention à notre passage Jeudi.

« Diankeurour » (Ceux qui ne sont pas du village) mais qui sont tout même présents :

Ils jouent un rôle très important dans l’animation de l’événement. Ils ne se soucient que d’une chose : que la fête, sous toutes ses formes, soit belle. Certains d’entre eux n’ont même pas où loger mais ce n’est pas cela le problème.

Les commerçants

commerçant boukout

Certains viennent de très loin pour venir profiter de présence de milliers de personnes en même temps dans un seul village. De Bignona, Ziguinchor, Dakar et de la sous-région, chacun y trouve  son compte. Déjà, certains sont sur place, d’autres arrivent au fur et à mesure et installent progressivement  leurs cantines de fortune. Le petit commerce va tenter de se faire une place dans l’événement. De la restauration au cosmétique en passant par les effets de beauté et les articles divers, tout est là pour que le client n’ait pas besoin d’aller ailleurs.

La presse

presse boukout

Ce sont des acteurs passifs mais très au fait de ce qui se passe en de pareils événements, les journalistes sont présents à chaque étape du processus. La presse locale, nationale et internationale ne veut rien rater, il faut à tout prix immortaliser l’événement. Cependant, les journalistes sont confrontés à une difficulté majeure qui ne trouvera jamais de solution, en tout cas pas pour le moment. Il y a des limites à l’activité du journaliste ; à un moment de l’événement, il doit tout arrêter, pas de prise de son, pas de caméra… Il ne restera rien d’autre à faire que de ranger les dictaphones et autres caméras et d’aller prendre part au festin.

Le Boukout en milieu diola, c’est des moments forts riches en découverte où chacun trouve son compte jusqu’à la limite des interdits qui sont malheureusement ou heureusement nombreux. Mais c’est aussi des moments d’éducation pour les initiés et ceux qui viennent dans le village. Par exemple, il est formellement interdit de voler durant l’événement sinon, c’est la mort ou l’auteur et sa famille risquent d’être maudits à jamais.

L.BADIANE depuis Mlomp pour xibaaru.com