Une veuve handicapée se brise la jambe en allant récupérer sa bourse de sécurité familiale

La veuve handicapée Aïssatou Dramé âgée d’un peu plus de 60 ans s’est fracturé accidentellement la jambe en se rendant à moto de Thiabédji à Kédougou pour se faire payer sa modique bourse de sécurité familiale. Elle a heurté une pierre sur un « dos d’âne » anarchique à Bandafassi.
C’est comme si la grand-mère, Aïssatou Dramé, veuve et handicapée qui ne pouvait pas plier sa jambe imaginait ce qui pourrait l’arriver en montant sur cette moto. Elle ne voulait pas faire ce long voyage d’une trentaine de kilomètres entre Thiabédji et Kédougou mercredi dernier. Contre son gré, la vieille femme a été contrainte d’y aller sinon, elle risquerait de ne pas percevoir ses 25 000 FCFA en guise de bourse de sécurité familiale.
Un « dos d’âne » anarchique lui fracture la jambe
Faute de véhicule et malgré son handicap, on l’embarqua sur une moto en direction de Kédougou. Malheureusement, à Bandafassi, le pied de la vieille femme qui pendait sur le côté gauche de la moto a heurté une pierre d’un ralentisseur communément appelé « dos d’âne » ou « dos de chameau » selon la taille. Le choc a été brutal. Le pied de la vieille allait dans tous les sens. C’est à partir de ce moment que des gens ont accouru pour faciliter l’évacuation de la victime vers Kédougou.
Faute de moyens pour se faire consulter immédiatement, la vieille dame a été contrainte à se présenter physiquement, faire la queue puis attendre son tour pour essayer de percevoir sa bourse de sécurité familiale.
« J’ai beau attendre, les payeurs n’ont pas pris conscience de ma situation. J’ai finalement décidé de rentrer me reposer à la maison. Il a fallu l’intervention de fils adoptif M Foula Bâ pour que je puisse percevoir ma bourse de sécurité familiale. C’est à lui finalement qu’ils ont remis la somme pour me l’amener » a témoigné la vieille Aïssatou Dramé encore alitée et sous le choc de cette indifférence notoire manifestée à son égard.
Elle veut bénéficier de soins de qualité
Recueillie par sa fille, au quartier Togoro, la vieille dame n’a pas encore reçu de soins adaptés et se contente de traitements traditionnels.
« Je demande du soutien pour que je puisse recouvrer ma santé le plus rapidement possible. Je suis veuve et j’ai en charge mes 4 enfants et petits-enfants. Je salue le président Macky Sall pour cette initiative qui tend à améliorer nos conditions de vie. Mais il faudra qu’on tienne compte de l’éloignement de nos villages et de l’enclavement »a-t-elle plaidé
Un cas social à prendre en charge
Juste après cet entretien avec la vieille dame Aïssatou Dramé, nous avons contacté M Mamadou Yéro Bâ, le maire de la commune de Bandafassi et M Mamadou Abdoulaye Mbow, le chef de service régional de l’Action sociale de Kédougou pour lui donner un coup de main.
Il faut dire que cet accident remet en cause le dispositif mis en place par les autorités pour la distribution des bourses de sécurité familiale. Dans la plupart des cas, les bénéficiaires sont contraints à parcourir de longues distances (marcher, payer le transport, utiliser des moyens de transport inadéquats, affronter tous les dangers) pour percevoir leurs bourses. Ils retournent parfois chez eux avec des miettes.
Adama Diaby à Kédougou pour xibaaru.com