Un réaménagement ni courageux, ni révolutionnaire…Le président n’est pas allé jusqu’au bout

Le réaménagement du gouvernement est le signe d’un désarroi. Le président de la République semble être traumatisé par la crise énergétique, les scandales fonciers et du problème posé par l’acte III de la Décentralisation.
Le relèvement de Oumar Youm est l’expression d’un échec, celui d’un juriste qui s’est toujours considéré comme un grenier inépuisable de talents juridiques, un ministre et porte-parole bavard, suffisant et radical.
Mais sur certains axes gouvernementaux, le président de la République a manqué de pertinence : un ministre délégué auprès du Premier ministre dont la seule fonction est de porter la parole du gouvernement n’est pas une innovation, mais une drôlerie de recasement.
Macky Sall sait bien qu’il a un immense problème de communication. Mais ce Seydou Diouf, ancien socialiste et ancien militant de Abdourahmane Agne, ne ferait pas bien l’affaire. L’homme a un esprit socialiste de la gauche française et est d’une dialectique sombre qui atteint difficilement les masses. Macky Sall s’en rendra bien compte.
En déplaçant Abdoulaye Diouf Sarr qui, pourtant, a mené un travail louable dans son ministère, malgré quelques couacs inhérents à la nature humaine, le Président Macky Sall lui confie un ministère délicat, en remplacement de Youm, un ministère qui ne serait entre de bonnes orbites que si il est placé entre les mains d’un juriste lucide en phase avec le droit public.
Quand on ne sait plus où on va, on rebrousse chemin. Le retour de Thierno Alassane Sall confirme son utilité devant ceux qui lui ont mené une guerre farouche à Thiès où il force plus le respect que les aventuriers.
Mais ce réaménagement gouvernemental manque de courage. Les Apéristes s’attendaient bien au limogeage des socialistes pour leur position condescendante et suffisante contre le gouvernement et la politique que Macky Sall mène.
Celui-ci, sans calcul ni arrière-pensée, devrait reprendre en main son régime et faire appel à ces compagnons d’hier et d’aujourd’hui, en phase avec sa politique, et toujours aux premières loges des combats.
Des ministres d’une inutilité flagrante peuplent son gouvernement, non pour faire preuve d’innovation et de génie, mais juste jouir d’une sinécure légitimée par leur dynamisme militant.
Macky Sall poserait un acte révolutionnaire, s’il se décidait à nettoyer son gouvernement par le retour à l’orthodoxie des hommes d’Etat et la responsabilisation de patriotes dotés d’un génie qui pourraient bien accélérer la cadence, une cadence même pas démarrée, à cause de la politique politicienne.
Macky Sall a simplement ciblé le secteur qui secoue les services et les ménages : l’électricité. Mais il a fait fi du système éducatif et des scandales de services relevant directement de son gouvernement.
A quand un vrai remaniement ? Tout indique qu’il faut un courage politique réel et un esprit solide d’innovation révolutionnaire pour le faire. Il chemine encore, dans son gouvernement avec des gens qui sont avec lui, en le combattant. Il y héberge des ruffians, des drôles, des politiciens qu’aucune éthique n’illustre. Autant les marchands ambulants doivent déguerpir, autant les marchands d’illusion siégeant dans le gouvernement devraient déguerpir aussi.

Rewmi