Thierno Lô défie Fada: « il va perdre le département de Kébémer. Je vais lui faire perdre » (Interview part 1)

Qui veut être sur le toit du département de Kébémer doit impérativement passer Thierno Lo. C’est M Lo, lui-même  qui l’a dit, dans cet entretien  qu’il a accordé à  la rédaction de Xibaaru. Com. Dans cet entretien, l’ancien sous  le régime  libéral a soutenu que  le député  Modou Diagne  Fada,  par ailleurs président du conseil départemental de Kébémer va perdre le département  aux prochaines législatives.

Xibaaru : Vous avez occupé des  portefeuilles ministériels sous le régime du président Abdoulaye Wade, quelle sont activités  politique depuis la chute du régime libérale ?

« La politique du ôtes toi que  je m’y mette ne fait pas partie de notre lexique »

Thierno LÔ : Après le chute de maitre Abdoulaye Wade, j’ai créé un parti politique qui s’appelle l’Alliance pour la paix et le développement (APD) «Gëmm sa bop » avec d’autres Sénégalais. Nous avons installé ce parti, nous avons un siège, nous avons un mouvement des femmes, un mouvement des jeunes. Nous sommes structurés comme doit être un parti politique organisé, depuis 2013. Nous avons reçu récemment notre récépissé. Nous sommes donc un parti légalement constitué. Mais avant cela, nous fonctionnions comme un parti. Tout le monde voit notre présence, au niveau de l’espace médiatique, sur l’implantation de notre parti. C’est en ce moment-là, que le président, Macky Sall s’est rapproché de nous, pour nous demander de venir l’accompagner, dans la mission que lui a confiée le peuple Sénégalais. Conscient de l’intérêt général, au-delà de l’intérêt particulier, et différents des sénégalais qui, se disent que, nous tous, nous avons des ambitions présidentielles, et que la politique du « ôtes toi que  je m’y  mette » ne fait partie de notre lexique. Nous avons privilégié un intérêt général qui, est de contribuer de façon positive, afin qu’il puisse répondre, aux attentes des Sénégalais. Et ça, nous l’avons fait, sans rémunération, sans poste demandé, sans poste occupé, mais nous le faisons sur le plan des idées et sur le plan de notre capacité à convaincre les Sénégalais pour qu’ils puissent, d’abord commencer, à jouer leurs rôles, en tant que citoyens. C’est-à-dire, compter sur leurs propres forces, et  ne pas tout attendre de l’Etat. Et rappeler  à l’Etat ses missions, la confiance que  le  peuple lui a portée pour que nous puissions faire un bond en avant,  comme les autres pays de la sous-région  sont en train de le faire.

  Xibaaru : Le collectif des maries de l’arrondissement de Darou Mouhty vont ont accusé de vouloir vous approprier la victoire du Oui dans la localité au dernier référendum. Que répondriez-vous à cette accusation ?

Thierno LÔ : La victoire, je me l’approprie. Et je vais me l’approprier, pour la simple et bonne raison que, depuis que j’ai commencé à  faire de la politique, dans  le département de Kébémer, je n’ai jamais perdu une élection. A l’époque, quand mon frère Modou Diagne Fada avait créé sa liste « War wi», le président Wade m’a mis au niveau du département de Kébémer, comme tête de liste, avec feu Issa Mbaye Samb pour empêcher à Fada de prendre le département. J’ai gagné le département de kébémer : première victoire. Après qu’est-ce qui a suivi ? L’élection présidentielle de 2007.J’étais dans le gouvernement, Fada était en dehors du gouvernement. Ses amis qui étaient fâchés ont voté contre le régime de Wade. Macky Sall était directeur de campagne, j’ai gagné le département de Kébémer et nous avons gagnés les élections de 2007. Qu’est-ce qui a suivi ? 2009, élection locale : Fada était revenu dans le Pds. Nous avons fait une compétition avec des tendances. Ma tendance a gagné le département de kébémer jusqu’à Louga, parce que l’arrondissement de Darou Mouhty était composé de 7 communautés rurales. Toutes les six communautés rurales étaient dirigées par les gens de ma tendance. Parce que, j’ai battu campagne avec eux et je leur ai permis, d’être des présidents de communautés rurales. Il ne restait que la communauté rurale de Darou Mouhty. Fada et moi, nous étions dans le Pds : deux tendances. On  se disputait la commune. J’ai dit à Fada,  tu viens te présente contre moi. Il a envoyé un de ses lieutenants qui était un fils de marabout, croyant que je  n’allais pas gagner. Je les ai battus et j’ai été président de la communauté rurale de Darou Mouhty, plus les 6, donc 7 communautés rurales plus Darou Mouhty contrôlées par ma tendance. Cela les gens ne  le savent pas. Après avoir contrôle l’arrondissement de Darou Mouhty, je suis monté à Kébémer pour appuyer Le député Mamadou Lamine Thiam,  parce qu’avant que j’arrive Fada était au-dessus de tout le monde. A Kébémer, nous avons descendu feu Aly Kébé de la mairie pour mettre Mamadou Lamine Thiam. Nous sommes allées à Louga, nous avons descendu Moustapha Ndiaye qui était le président du conseil régional de Louga, et nous avons mis feu Samba Khary Cissé. Donc, ma tendance contrôlait, le conseil régional de Louga, la mairie de Kébémer et les 7 communautés rurales de Darou Mouhty.  Après, aux différentes élections locales, je ne me suis pas présenté, parce que j’étais le président de la communauté rurale sortant. J’étais en train de mettre en place mon parti. Ils ne m’ont pas donné de récépissé. Donc je n’ai pas participé aux dernières élections locales. A chaque fois que je me retire, Fada gagne. Je me suis retiré, il est venu, et il a gagné Darou Mouhty et le département de Kébémer. C’est pourquoi, il est président de conseil départemental. Mais quand j’ai participé au référendum, j’ai récupéré le département de Kébémer. Il a été récupéré à  partir des voix obtenues à Darou Mouhty parce que, quand je suis arrivé, il a gagné la commune et puis quand on dit la commune c’est Darou ville. Tous les 10  villages qui entourent Darou Mouhty, nous les avons gagnés. Il n’a gagné deux centres de vote qui sont important dans la commune. Mais, il sait pourquoi, il m’a devancé de 500 voix à l’intérieur. Mais au niveau de l’arrondissement, nous avons gagné avec une différence 3040 voies. Ce sont ces 3040 voix qui sont allés au niveau de Kébémer pour reprendre le département. Si c’était une élection législative, on aurait gagné le département de Kébémer. Je réclame la victoire du Oui au référendum pour la simple et bonne raison qui si on était dans une élection, je serais élu député du département de kébémer. Parce que le Oui a gagné dans le département de Kébémer. Comment on peut donner une victoire à quelqu’un qui a défendu le non et qui a perdu ? Il faut que les gens se réveillent. On n’a jamais vu cette réalité-là que j’ai décrite. Les gens n’ont jamais fait attention à cela. Aujourd’hui, le département de kébémer a été récupéré, parce que j’ai participé à  l’élection. J’ai ravi des voix à Fada à Darou Mouhty et dans l’arrondissement. Si je n’étais pas là-bas, fada aurait gagné Darou Mouhty avec plein de voix qu’il va amener à Kébémer. Depuis 2012, je n’ai pas fait de campagne. J’ai fait une semaine de campagne  mais si j’étais parti très tôt à Darou Mouhty, Fada aurait perdu. Il sait que les élections législatives qui vont arriver, il va perdre le département de Kébémer. Je vais lui faire perdre le département de Kébémer. Il sait que quand je m’engage, il perd. N’importe qui que j’accompagne va gagner le département de kébémer. Personne ne peut gagner le département de Kébémer si je m’engage. Le département de Kébémer est gagné avec qui accepte de s’accompagner avec moi.

Xibaaru : Quelle est votre opinion sur le cumul de fonction qui a valu à Aida Mbodji de perdre son poste de présidente du conseil départemental ?

Thierno LÔ : Franchement, je ne connais pas  le dossier d’Aida Mbodji. Si elle a déposé une lettre de démission ou pas. Mais moi je suis contre les cumuls. Aida Mbodji, c’est ma sœur aussi, vraiment je ne lui souhaite pas ces genres de travers, parce que c’est une battante. C’est une dame qui se bat et qui a de l’ambition  pour son terroir. Et Aida Mbodji quand elle croit à une idée, elle y va sans calcul.  Ne reste que pour cette ténacité, je  la respecte beaucoup. Je lui souhaite de continuer à jouer le rôle qu’elle continue de jouer.

Entretien réalisé par la rédaction de xibaaru.com