Si donc Karim est en prison et les autres non…Qui a vraiment les mains propres ?

KARIM WADE: Un prisonnier pour la bonne conscience d’une classe politique corrompue
« Nous n’enfermons rien d’autre en prison qu’une partie de nous-mêmes, comme d’autres abandonnent sur le bord de la route leurs souvenirs encombrants ou leurs chiens en disgrâce… »
Cette profonde réflexion de Jean-Pierre Guéno devrait aujourd’hui être écrite en gros caractères sur le fronton des institutions de notre pays et, particulièrement sur ceux de l’Assemblée nationale et du Palais présidentiel. Car contrairement à ce qu’on tente de faire croire, l’enrichissement des politiques par l’exercice du pouvoir est aussi vieux que l’indépendance de notre pays. Qui, parmi les grands théoriciens et défenseurs de la CREI, est en mesure de justifier sa fortune ? Qui est prêt à passer devant la CREI pour donner le bon exemple ?
Pourquoi tout le monde fait la sourde oreille face à la pertinente proposition de Talla Sylla de mettre sur pieds une commission Vérité et Transparence ? Qui a vraiment les mains propres ? Si donc Karim est en prison et les autres non, cela ne peut pas du tout être expliqué par une exigence de justice car la finalité de la justice est l’équité. Un ancien ministre d’État, actuel allié de Macky Sall, aime chanter sous tous les toits que le Président « doit aller jusqu’au bout dans la traque des biens mal acquis » ! Pourquoi une telle remarque ? D’ailleurs qui est cet homme politique qui disait, à l’occasion d’un meeting du parti socialiste, à l’endroit d’un certain Mbaye Diouf ceci « Néenagnou dangay yakh ! Yakkhal bou doyoul ma dolli la » (Il se dit que tu gaspilles de l’argent, continues et si tu n’en as plus assez je vais te renflouer les caisses) ? Comment l’auteur de propos aussi arrogants peut-il aujourd’hui nous faire la morale d’une bonne gouvernance ? La réponse à ces questions nous est fournie par les propos contenus dans l’épigraphe choisie pour illustrer ce texte. Karim Wade souffre le martyr des vices de la totalité de la vieille garde de la classe politique.
Le fils de Wade devrait donc être sacrifié pour le rachat de cette classe politique qui nous a fait tant de tort ! La vérité est que les plus grands brigands de la république projettent leurs crimes sur Karim Wade. La projection ! Ce concept freudien est non seulement fonctionnel pour une saine lecture de la scène politique sénégalaise, mais il fournit la clé de l’énigme que constitue le grand délire au sujet de la culpabilité de Karim Wade et de l’étendue de son crime. L’indécence avec laquelle certains hommes politiques parlent de cette affaire dans les médias montre que les motivations qui se cachent derrière n’ont rien d’éthique.
C’est que la plupart du temps les hommes aiment châtier, avec le maximum de sévérité, les crimes à la commission desquels ils furent naguère champions. Cela leur permet à la fois d’avoir bonne conscience et de se jouer de la crédulité de leurs semblables en se faisant passer pour des saints. Nietzsche n’avait donc pas tort de penser qu’en prétendant lutter contre les instincts, la morale ne fait, en général, que servir de plus bas instincts. La manie à se gargariser de sobriété et de bonne gouvernance trahit un profond malaise dans la conscience collective de la nouvelle majorité. Le jour où le bon Dieu décidera de jeter une lumière définitive sur la gestion de notre pays, les Sénégalais se rendront compte de l’énorme supercherie qu’est la CREI : on ne l’a inventée que pour les aveugler.
La bonne gouvernance n’est pas de la mode politique : elle relève d’une profonde conviction et ne saurait se transformer en une espèce d’affiquet avec lequel on peut orner un costume politique déjà maculé. La logique de la traque des biens dits mal acquis devrait d’ailleurs amener les traqueurs sur la piste des partis politiques qui entretiennent si généreusement leur chef oisif et une immense et intempérante clientèle politique. Pourquoi on n’a jamais fait la lumière sur les actionnaires des sociétés qu’on a privatisées dans les années 90 ? L’argent du contribuable n’a pas d’âge, et le changement de position politique ne saurait le blanchir.
Au regard de toutes ces considérations, nous dirons qu’entre Zorro le justicier masqué et Zarathoustra le symbole de la généreuse lumière créatrice, nous avons choisi le second, car la seule différence entre le premier et ses victimes c’est la pénombre dans laquelle il les exécute si sommairement. Faire comprendre aux Sénégalais que l’éthique dans la gestion des affaires publiques est une exigence majeure est juste, mais leur vendre l’insolente illusion que c’est l’éthique qui est la clé de leur épanouissement n’est que lâcheté et mépris. Notre problème avec les politiciens est que quand le pouvoir, souvent très volatile, atterrit dans des mains inexpertes, il ouvre la porte d’une tragédie qu’on ne peut voiler que par le lyrisme ou par l’arbitraire de la force se prenant pour justice.
La situation de transe démocratique dans laquelle se trouve notre pays n’est qu’une maladroite entreprise de dissimulation d’une carence de vision et de courage politique : ils n’ont qu’un seul mot à la bouche à savoir « la traque es biens mal acquis » ! Traquez alors, parlez de traque et il y aura toujours quelque chose et quelqu’un à traquer, car comme le dit Mark Twain « Celui qui ouvre une prison doit savoir qu’on ne la fermera plus. ». En ce qui nous concerne nous ne désespérons pas de voir Macky Sall, devant ses amis, faire sienne cette parabole biblique : « vous qui m’appelez saint, qui vous a dit que j’étais un saint ? »

Un texte du professeur Alassane A.Kitane adressé à toute la presse en 2013…Mais les presses du Palais l’avaient mis à la poubelle

3 Comments

  1. SENEGAL : Le banditisme au coeur de l’Etat

    L’histoire de la CREI avec l’agitation qui l’a secouée depuis sa création et ses rebondissements, ces temps derniers, au parfum de petits scandales financiers deviennent les syndromes d’un banditisme d’Etat qui était en train de s’installer dans notre pays. Voici son modus operandi.

    SENEGAL : Le banditisme au coeur de l’Etat
    Le coeur du mécanisme était la CREI avec ses pouvoirs exorbitants, semblables à celui qu’avaient les monarques de l’ANCIEN Régime français, d’user de lettres de cachet, simple ordre d’arrêter une personne et de l’embastiller sans la moindre justification.

    Par la suite nous ferons la distinction entre le Palais, qui est la Résidence du Président de la République, et la Présidence qui désigne ses bureaux. Lorsqu’on parle de Palais on pense au domaine où règne La Reine, excusez-moi, la Présidente.

    L’un des bras de l’hydre est une équipe solidement ancrée au Palais. Ceux qui ont ouverture au Palais et ont l’oreille de la Présidente ont un grand pouvoir. Ils sont conseillers, membres du Cabinet du Président, ministres rattachés au Secrétariat Général de la Présidence de la République ou ministres tout court, genre larbins qui cherchent à plaire à la Présidente. Ils travaillent en bonne intelligence et de connivence avec le Palais, entendez la Présidente qui, comme on le sait, ne crache pas sur l’argent. Elle ne se demande pas d’où il vient. On dit qu’elle préfère du liquide. Que voulez- vous, ça ne laisse pas de traces. On bourre tout simplement les coffres de la cave. Le Président est piloté sans en être conscient.
    L’équipe manipule les ministres, surtout celui des Finances, qui n’est pas toujours dans le coup. Son collègue, le Ministre de la Justice n’a pas, dans ce schéma, une grande place. Il est tout simplement aux Ordres. Il reçoit des instructions « de la Présidence » sans autres précisions. Sans que l’on puisse savoir si l’ordre émane du Président ou non. Celui-ci, bien souvent, au lieu d’une sérieuse information qui lui aurait permis de connaître les tenants et les aboutissants des décisions qu’on lui fait prendre, c’est à dire les enjeux, se contente de quelques mots vagues ; on le met simplement au parfum de façon à ce qu’il puisse éventuellement répondre répondre : « j’en ai entendu parler ». Le Président ne prend donc pas toutes les décisions. Il suffit aux manipulateurs de la Présidence de téléphoner, voire convoquer le Ministre des Finances par exemple et de lui dire que « le Président souhaite ceci ou cela ». Cela suffit pour que le Ministre reparte « ventre à terre » et s’exécute, heureux de sa conviction d’avoir rendu service au Président.
    L’autre bras c’est le Ministère des Finances. Il est dans toutes les sauces. Il contresigne tout et est heureux de le faire. Pour lui, c’est la preuve de la dimension de son importance.
    Ces trois centres sont bien coordonnés pour piller l’Etat et les particuliers. La bande place ses hommes ou ceux qu’elle recrute selon les besoins et en fait des opérateurs bien placés qui pillent légalement et on partage.
    Avec cette machine, vous allez comprendre des évènements qui se sont passés récemment dans notre pays et se poursuivent actuellement. Vous comprendrez pourquoi, en fait, Macky est un homme encerclé et enfermé par de véritables truands installés au coeur de la République.

    1. L’affaire Dakar Port

    Papa Alboury Ndao se prévaut d’être un vieil ami des Sall, des familiers mêmes. La Présidente le place au coeur de Dakar Port, au coeur du fromage. On le surnomme « L’Emir de Dp World » avec un salaire de 21,8millions. Tous les journaux ont titré sur l’indignation exprimée par Macky lorsqu’il a appris que l’ami de sa femme s’était si mal comporté. Puis on range l’affaire dans le tiroir de l’oubli.
    Encore cette petite anecdote pour Papa Alioune Ndao. Macky lui demande de voir avec les documents de DP World qui sont maintenant sous sa main, s’il n y aurait pas de preuves contre Karim, virements, chèques, sociétés dans les paradis fiscaux. Il voyage 45 jours dans le monde, tous frais payés, avion première classe, beaux hôtels.
    Le plus beau c’est qu’il fait un rapport d’audit, d’enquêtes et expertises et conclut « recherches infructueuse ». Il établit néanmoins sa facture au tarif des grands Cabinets d’experts et se fait payer sans difficultés par la comptabilité de l’entreprise, quelques 70 millions, dit-on.
    Une technique éprouvée des truands consiste à placer les sociétés sous administration provisoire. La CREI en use largement. L’administrateur promu s’installe et installe son équipe, parents et/ou amis. Il fixe son salaire lui même ainsi que ses avantages et n’oublie pas ceux qui l’ont placé là.

    Dès lors vous comprendrez que la CREI n’est pas intéressée à connaître rapidement la vérité dans les affaires qu’elle traite. Le temps que prend l’affaire pour trouver une solution n’est pas son problème. Son seul souci est de faire durer les procès , per diem oblige car chaque jour ouvrable de la semaine, qu’il y ait séance publique ou non les juges perçoivent leurs per diem, quelques centaines de milliers de francs par jour. Dès lors l’intérêt de l’Administrateur est de mettre le désordre dans l’entreprise pour faire durer sa présence. Si,les autorités de Dubaï n’avaient pas menacé de saisir les tribunaux en Europe ainsi que la Banque Mondiale, les truands seraient encore aux Commandes à Dakar-Port.

    2. Société Daport

    C ’est la façade sénégalaise de l’Aéroport de Francfort, Allemagne, choisie par le Président Wade pour gérer AIDB au moment où sa gestion était convoitée par la France qui voulait mettre notre nouvel aéroport sous la tutelle de l’Aéroport Charles de Gaulle. Maître Wade, bien inspiré, avait choisi de diversifier la coopération internationale en introduisant l’Allemagne dans nos relations de proximité. Ce que la France ne pardonne pas à Wade, entre autres, francophonie oblige.

    3. Le patrimoine de Bibo Bourgi.

    Alioune Ndao, bien qu’il ait l’air perpétuellement ahuri, n’est pas fou. Le patrimoine de Bourgi vaut 64 milliards et il sait très bien qu’il ne peut pas l’attribuer à Karim Wade en se couvrant de l’idée de prête-nom. Mais il aura créé la confusion et trouvé le justification de la mise en place d’un Administrateur provisoire. Bourgi n’a pas de grosses liquidités ? Qu’à cela ne tienne. L’Administrateur vendra un bien dans l’intérêt de la gestion. Il pourra facilement convaincre le Ministre de la Justice de la nécessité d’une administration provisoire. Le caractère maffieux apparait clairement. M. Bourgi, toute sa vie a géré ses biens sans problème. ALioune NDao va lui en créer pour faire gérer son patrimoine par Administrateur provisoire interposé. C’est génial, non ?
    Bibo Bourgi comprend parfaitement que les truands se préparaient à mettre en pièce son patrimoine. Voilà pourquoi il a décidé de se défendre de toutes ses forces.

    4. Les sociétés de Bibo Bourgi attribuées à Karim.

    Elles sont à cuire à la même sauce, sauf qu’ici certaines sociétés n’existent que de nom. Elles sont sans patrimoine propre ou presque en état de faillite. Celles qui tiennent debout ont eu le même traitement.

    5. L’Aéroport AIBD

    Laisser entendre que Rappaport qui gère l’aéroport probablement le plus important du monde, qui l’a été en tout cas, ne pourra pas gérer notre petit aéroport, relativement, au point de l’encadrer par un Administrateur qui n ’a jamais exercé ce métier relève d’une audace périlleuse que seule explique l’ignorance et/ou la voracité.
    Tel est le plan qui était mis en place pour s’enrichir légalement par la mise EN place d’administrateurs judiciaires à la tête de toutes les affaires.
    Mais le moteur a patiné et s’est grippé avec le limogeage de M. Papa Alioune Ndao Procureur Spécial et son remplacement par Cheikh Tidiane Mara. Toue la question est de savoir si celui-ci provoquera la rupture de chaîne ou tentera, tout simplement de s’installer dans la fromage.
    Tout ceci montre l’évolution dangereuse de l’institution qui est chargée de protéger les citoyens contre toutes les mafiosis, de protéger les Droits de l’Homme.
    En tout cas M. Macky Sall a intérêt à nous lire et relire et à comprendre enfin dans quelle sauce il est en train d’être cuit par son entourage.
    Pour l’instant, nous en appelons à tous les démocrates pour soutenir Bourgi dans sa volonté de se battre fermement pour protéger son patrimoine convoité par la maffia qui s’installe progressivement au coeur de la République, singulièrement de l’appareil judiciaire.

    Hamdy Pathe FALL

  2. “Karim Wade n’est pas poursuivi suite à des fautes sur sa gestion

    * “Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice.” Montesquieu.

    “Karim Wade n’est pas poursuivi suite à des fautes sur sa gestion
    Cette citation sied parfaitement à cette sortie absolument choquante du président de la République du Sénégal. Parlant de la traque des biens supposés mal acquis, il dit ceci dans « Jeune Afrique » : “Je vis cette situation avec beaucoup de regret. Si les concernés avaient suivi notre conseil lorsque cette Cour a été réactivée, il aurait été possible, tout en respectant les principes de la présomption d’innocence et en restant dans le cadre de la loi, de discuter et de transiger, notamment en remboursant au Trésor public une partie des sommes détournées. Aujourd’hui, nous n’en sommes plus là. C’est bien dommage mais la loi, c’est la loi”.

    Ces propos du président de la République sont à mon sens plus que scandaleux pour 2 raisons :
    – D’une part, il nous parle de deniers publics détournés, c’est gravissime car à ce jour et à titre d‘exemple quel est le rapport d’audit épinglant Karim Meissa Wade dans les missions à lui confiées? Face à ces graves accusations du président chargeant les anciens dignitaires, que le président montre ou indique les montants détournés plus précisément en ce qui concerne Karim Wade dont le procès se tient et fait l’actualité; procès qui en vérité n’est pas celui de Karim Wade mais du régime d’Abdoulaye Wade dans son ensemble.
    Le fils est le bouc émissaire parfait pour attaquer le père.
    Le président actuel, qui affirme que des sommes ont été détournés pourrait donner un coup de pouce au parquet spécial qui peine à fournir les preuves concrètes d’enrichissement illicite, à plus forte raison de détournement. Ce qui est bien moins fastidieux, il suffit de dépoussiérer les rapports d’audits. Nous notons que Karim Wade n’est pas poursuivi suite à des fautes sur sa gestion donc cet amalgame serait il volontaire pour tromper l’opinion ?
    En ce qui concerne la brave dame Aida Ndiongue, milliardaire bien avant que Mr le président Macky Sall n’ait vu une fiche de salaire lui appartenant, elle n’a jamais géré de deniers publics comment aurait elle pu en détourner ? Quid d’Abdoul Aziz Diop, SG des cadres du parti démocratique sénégalais qui est en prison sur la base, disent ils, de fautes de gestion concernant 2006-2009 alors qu’il n’a été coordonnateur de Jaxxaye qu’en 2010 ?
    Alors de quoi nous parle le président de la République qui accuse et parle de transactions ? Ceux qui ont été épinglés ont été recyclés dans son parti l’APR. Les noms, on les connait tous, ces derniers ont-ils transigé ? Si oui quelle traçabilité dans les caisses du Trésor ?

    – D’autre part, après les semblants cris d’orfraie et autres dénégations de sbires et ministres notamment le premier ministre d‘alors madame Touré, le président lui même avoue avoir proposé des transactions. Notre cher président, n’a vraiment pas besoin d’être aidé pour faire hara-kiri à ses propres slogans : « transparence », « rupture », « bonne gouvernance » …et tutti quanti !
    Suite au niet catégorique, sans ambages de Karim Wade leur disant que jamais il ne transigera parce que n’ayant pas profité d’un centime de ce peuple, il n’a cessé de répéter que ces accusations sont fallacieuses, basées sur des livres, sites, articles de presse, des « on dit »… Il n’a de cesse de réclamer les preuves concrètes des accusations portées contre lui. Il a dit non à ces « visiteurs du soir ». Son propos est le même, il n’a jamais varié malgré les affres de la confiscation de libertés, ne transige pas.
    Idem pour Aida Ndiongue et Aziz Diop. Aida Ndiongue répète, prouve papiers à l’appui ses livraisons, démontre que c’est l’Etat qui lui doit de l’argent, qui lui doit 5 milliards, pas le contraire. C’est le président lui-même qui l’affirme à la face du monde : LE PDS A DIT NON A TOUTE TRANSACTION. Et l’ancien président Abdoulaye Wade de confirmer le manque d’éléments factuels, incontestables dans ce procès en ces termes : ” Si mon fils a été le ministre du ciel et de la terre, eux ont remué ciel et terre et n’ont rien trouvé de sérieux à lui reprocher”.

    – Finalement, ce qui est frappant et étonnant dans cette traque et ce procès dont le président Macky Sall semble si fier, c’est que tous les occidentaux (DAPORT), arabes du golfe (DPW), arabes marocains (BMCE/BLACKPEARL FINANCE) ont soit disparu ou effacés des premières accusations soit oubliés dans le procès. Pour les uns, notre cher président s’est déplacé pour faire amende honorable, pour d’autres tels nos amis marocains suite aux erreurs, sont « réhabilités » par des projets de grande envergure et même financeraient la fondation de Madame Sall. On peut aisément convenir s’être trompé pour eux, mais c’est humiliant de convenir s‘être trompé pour nos frères et sœurs de même patrie. Oh oui, au Sénégal : il y a la justice pour nous les sénégalais et une pour les têtes couronnées et amis occidentaux. C’est vrai, j’oubliais avec les sénégalais il n’y a aucun risque d’incidents et de représailles diplomatiques, il ne faut surtout pas que certaines puissances considèrent la menace de leurs intérêts économiques comme un casus belli !
    Des sénégalais sont traqués, spoliés, torturés selon leur propre témoignage pour charger Karim Wade ainsi on est libre et on devient inattaquable par la CREI, ce sont les textes de cette cour qui protègent les témoins, ils ne peuvent plus être poursuivis par cette cour antédiluvienne. Quand on refuse de charger l’accusé c’est la geôle, l’acharnement, la torture. Ils sont persécutés par délit d’amitié, pour le sens de l’honneur, pour la morale inculquée par leur famille. De dignes compatriotes, co-prévenus blanchissent l’accusé principal Karim Wade, comme l’ensemble des pays visés dans le cadre de la coopération internationale (France, Luxembourg, USA….), quand d’autres ont affiché le mépris total.
    Quel intérêt aurait donc ces co-prévenus souffrant avec leurs familles de protéger un homme fût il leur ami ? Il aurait été facile de charger Karim Wade de témoigner contre lui et s’assurer une garantie d’immunité. D’ailleurs on se pose la question de savoir si ce ne serait pas les cas de Cheikh Diallo qui après avoir tourné casaque dans ses déclarations, a humé l’air de la liberté , il est passé de co-prévenu à témoin à charge et également de la notaire Patricia Lake Diop qui, selon des quotidiens de la place, avait été épinglée en 2009 pour blanchiment de capitaux à hauteur de 850 millions de francs CFA, l’actuel substitut du procureur spécial M. Diome était la personne en charge des audits de cabinets de notaires, ceci dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux.

    La mentalité complexée est simple : nos concitoyens ne peuvent monter des multinationales comme AHS propriété des Bourgi et de Mamadou Pouye visée dans l’arrêt de renvoi. Pourtant les procédés utilisés sont identiques à celui d’une multinationale comme DPW et également de bon nombre de multinationales cotées en bourse de par le monde. On fait usage de ce qu’on appelle les paradis fiscaux pour des raisons liées à la fiscalité, à la double imposition etc.; une entreprise ayant pour but de faire légalement des bénéfices. Impossible pour certains que des senegalais, des concitoyens puissent avoir la main heureuse en affaires. Est-ce cela la mentalité du régime du « président né après les indépendances »?
    Mentalité du reste déplorable, affligeante face à des jeunes avec des expertises avérées, connaissant parfaitement les rouages de la haute finance, assimilant indéniablement les défis de leur temps. Ils ont investi, travaillé dur.
    Je comprends que certains se sentent en infériorité face à ces jeunes à la tête bien pleine. Bien qu’héritiers pour certains, le plus admirable, est que malgré la réussite sociale des ascendants, ils se battent, entreprennent, croient en eux mêmes pour eux mêmes. En conclusion, cette traque dans son ensemble, ce procès inique plus particulièrement, paraissent à mon sens le reflet d’un combat dépassé, qui a tenu en otage le monde sous d’autres cieux, sous une autre époque.
    Osons le dire avec froideur, lucidité et bonne foi c’est le choc désuet du misérabilisme chronique, quasi génétique contre la réussite sociale de gens pétris de talents utiles à nos pays. Cette vieille dualité sociétale de mauvais aloi ayant produit des monstruosités dans l’histoire des peuples, ressurgit hélas. Les historiens sauront de quoi je parle, surtout ceux là, de l’extrême gauche.

    Par ailleurs, et pour finir, dans cette interview, j’aurais aimé que notre président eut été questionné sur les 47 milliards de Singapour. L’excuse de la virtuelle séparation des pouvoirs, ne peut se faire valoir vu que notre cher président ne perd jamais une occasion pour se prononcer sur des affaires pendantes. La preuve, il parle bien de la justice et du procès ici. Quel journaliste courageux pour lui demander ce qu’on attend pour rapatrier ces milliards? A défaut, que ceux qui sont mus par la vérité organise une pétition nationale à présenter à M. le Président afin que cet argent soit « remboursé au Trésor public » !

    Au pire des cas, face au mensonge consensuel d’une élite malade, honteuse de ses légères certitudes d’alors, le procès éclairera le peuple à ce propos. On découvrira pourquoi le seul argent cash « découvert » fait l’objet d’une omerta. Qu’est ce qu‘on veut bien cacher au peuple, quels sont les niveaux d’implication?
    Le procès nous le dira et le peuple verra bien qui avait intérêt à des transactions pour une porte de sortie honorable. La patience est la vertu des sages quant au temps, il est l’allié de la vérité.

    Nafissatou Diallo

  3. L’avocat français personnel de Macky Sall, Me François Meyer, qui négocie l’accord à l’amiable entre l’Etat du Sénégal et le groupe MITTAL aux fins d’arrêter la procédure d’arbitrage en cours à Paris, vient d’être mis en examen à Paris par le juge TOURRAINE, pour avoir fait de fausses fiches de paie à l’épouse de l’homme d’affaires Michel Tomi, poursuivi également par la justice française. 

    D’aucuns se posent la question de savoir comment l’Etat du Sénégal peut-il confier la mise en œuvre d’un tel dossier à un avocat mis en examen qui fait l’objet de poursuites pour faux et usage de faux? Surtout que ce vendredi 28 novembre, il devait se rendre au tribunal arbitral pour officiellement retirer la plainte de l’Etat du Sénégal contre MITTAL et mettre ainsi un terme à la procédure d’arbitrage, pour renoncer aux 2 000 milliards de F.CFA de dommages et intérêts que le tribunal arbitral de Paris s’apprêtait à octroyer à l’Etat du Sénégal, suite à l’accord scandaleux et nébuleux signé en catimini par l’Etat du Sénégal. 

    Les poursuites engagées par la justice française contre l’avocat personnel de Macky Sall et de l’Etat du Sénégal ne font qu’apporter de l’eau au moulin de l’opposition et démontre qu’il n’y a pas que l’accord avec MITTAL qui est ténébreux, mais également l’avocat en charge des intérêts de l’Etat qui a été parachuté à la dernière minute par Macky Sall en personne. 

    Pour rappel, François Meyer est également avocat de l’Etat du Sénégal, représentant personnellement Macky Sall dans le procès de Karim Wade devant la CREI. Il a des relations privilégiées avec le Président Henri Grégoire Diop avec qui il déjeune régulièrement lors des pauses-déjeuner. De nombreux observateurs ont pu d’ailleurs constater qu’il se retirait régulièrement avec les juges lors de leurs délibérations utilisant la porte d’accès réservée à la Cour… 

    A

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