Seydi Gassama, directeur exécutif d’AMNESTY Sénégal en colère contre l’etat du Sénégal…Il dit tout dans une interview

En visite de travail à Bignona, Seydi Gassama, directeur exécutif d’AMNESTY Sénégal s’est prononcé sur les récents développements de l’affaire Karim Wade. Le groupe de travail des détentions arbitraires des nations unis a rendu avis à l’état du Sénégal qui a réagi, Mr Gassama dit tout dans un entretien exclusif avec xibaaru.com
Xibaaru : Le groupe de travail des nations unies a rendu un arrêt concernant l’emprisonnement de Karim, quel est l’avis de votre organisation ?
S.Gassama : Les nations unies ont prévu en leur sein des mécanismes qui permettent aux citoyens, lorsqu’ils ont épuisé les voies de recours dans leur pays, de saisir les nations unies pour dire que leurs droits n’ont pas été respectés. Quelques fois, on n’a pas besoin de saisir les nations unies comme dans le cas Karim Wade. Au sein de ces organes spécialisées des nations unies, siègent des experts qui reçoivent des plaintes venant des citoyens, instruisent ces plaintes et émettent des avis et recommandations aux états membres.
Xibaaru : Que pensez-vous de la réponse fournie par l’état du Sénégal ?
S.Gassama : Les états membres sont tenus d’appliquer les avis et recommandations de ces organes au nom de leur appartenance aux Nations Unies. On ne peut pas appartenir aux nations Unies, des organes onusiens rendent des décisions pour vous demander de respecter des droits d’un citoyen de votre pays et vous dites que nous, nous ne les respectons pas ou vous essayer de trouver des explications tout à fait inacceptables. Cela est impossible pour un état de droit ou un état qui se respecte car un état qui se respecte c’est celui qui respecte ses engagements internationaux. Il faut que Macky Sall comprenne que le Sénégal est un pays très respecté au niveau international. Il ne peut pas aujourd’hui dilapider ce capital en refusant d’obtempérer à chaque fois. Hier c’était la CEDEAO, aujourd’hui c’est la nations Unies. Quelques soient les griefs retenus contre Karim Wade ou contre le régime de Abdoulaye Wade, on doit s’assurer que, dans les poursuites contre les membres de ce régime, leurs droits soient respectés. On doit être uni autour de ça. Donc nous demandons la libération immédiate de Karim Wade, que le Sénégal mette immédiatement à exécution les recommandations du groupe de travail des nations unies…
Xibaaru : Quel est votre avis sur la cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) ?
S. Gassama : Il faut mettre fin à la CREI telle qu’elle est aujourd’hui. Ou le président la réforme ou qu’il la supprime mais la CREI c’est un scandale. C’est la plus grosse monstruosité qu’Abdou Diouf a laissé au Sénégal. Ce n’est pas un instrument de poursuite, c’est un instrument de persécution, d’intimidation et cela ne pourrait exister dans un état démocratique. Ceux qui conseillent Macky ne lui disent pas la vérité. Tous ces avocats qui plaident pour l’état ne sont préoccupés que par l’argent qu’ils vont y gagner. Si ça ne dépendait que d’eux, Macky continuerait cette traque catastrophique des biens mal acquis juste pour se remplir les poches. Macky doit arrêter tout ça et au plus vite. Aujourd’hui qu’il est le Président de la CEDEAO, osera-t-il un jour demandé à un état membre de faire ou de ne pas faire quelque chose comme lui-même ne respecte ni cette institution ni l’ONU.

L.Badiane pour xibaaru.com