Serigne Mbacké Ndiaye met son nouveau parti au service de…Macky Sall

Serigne Mbacké Ndiaye a déclaré lors du premier congrès de son parti la Convergence Libérale Patriotique (CLP), qu’il soutient la candidature du président Macky Sall aux législatives de 2017 et à la présidentielle de 2019

Intégralité du discours de Serigne Mbacké Ndiaye lors du 1er congrès de la Convergence Libérale Patriotique (CLP)

Honorables invités

Frères et sœurs de la CLP

Camarades sympathisants

Mes chers compatriotes,

Cinq mois seulement après sa création, le Convergence Libérale Patriotique (CLP) tient aujourd’hui son premier congrès dans un contexte politique particulier.

Oui je dis bien cinq mois seulement après sa création, le fait mérite d’être souligné car nous devons cette performance à des facteurs sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir.

En  effet beaucoup d’entres nous ont fait leurs premières armes en politique au Parti Démocratique Sénégalais (PDS).

C’est cette formation fondée et dirigée de mains de maitre par Maitre Abdoulaye WADE qui nous a permis dès 1976 de faire notre apprentissage des élections, c’était à l’occasion des consultations locales de Novembre de la même année dans la grande région de Diourbel qui englobe l’actuelle région de Louga.

C’est donc pour nous l’occasion de rendre hommage à ces ainés qui, au tour de Maitre Abdoulaye WADE s’étaient engagés à restaurer la démocratie au Sénégal dans une Afrique marquée par le règne du parti unique. J’en citerai Fara Ndiaye, Amadou Booker Sadji, Papa Demba Diallo, Baïla Wane, Boubacar Sèye, Alioune Badara Niang, Bineta Boye, Kouna Seck, Aida Senghor, Famara Mané, Doudou Kamara, Alassane Cissokho, Boubacar Sall appelé lion du Cayor, Suzanne Sanokho, Ndéye Maguette Dièye, Sophie Ndiaye Cissokho, dont l’intervention télévisée à l’occasion des élections de Février 1978 sonne encore dans nos oreilles.

Que dire des dirigeants de l’UJT de l’époque tels que Serigne Diop, Mohamed Seck, Abdoulaye Faye, Nguirane Ndiaye, Joseph Ndong et autres qui sont les véritables artisans de la restauration démocratie au Sénégal. Ils méritent la reconnaissance de tout un peuple.

Mais si ces frères et sœurs ont pu soulever la montagne que fut le parti unique qui était le seul mode de gouvernance en Afrique, c’est parce qu’il y’avait un chef d’orchestre talentueux, Général intrépide et intelligent, je veux nommer Maitre Abdoulaye WADE.

Et c’est pour pérenniser son œuvre et lui dire que ses fils font le serment de poursuivre son combat que le Secrétariat National de la CLP avait pris la résolution de proposer au congrès ici réuni que Maitre Abdoulaye WADE soit porté à la présidence d’honneur de notre parti.

Il n’appartient plus à une seule formation politique et a le devoir, l’obligation devrai-je dire, de rassembler toute sa famille, de couver tous ses enfants quels que soient par ailleurs nos défauts et insuffisances, tel est le rôle du père de famille qu’il est.

Dans ce même ordre d’idées, et puisque Abdoulaye WADE dirigeait le PDS à l’image d’un père famille, le Secrétariat National avait également trouvé judicieux de se doter de vice-présidents qui seraient le Professeur Serigne Diop, la présidente Awa Diop et le Ministre d’Etat Abdoulaye Faye.

Le décor ainsi planté, nous allons vous rappeler la ligne de la CLP qui est celle du rassemblement, de la sérénité, de la paix et de la tolérance ce qui n’enlève en rien notre détermination à défendre les intérêts de la République quel qu’en soit le prix. Pour la CLP, les partis ne sont rien d’autre qu’un outil de travail et la politique une stratégie mais la finalité est et restera toujours les intérêts suprêmes de l’Afrique et du Sénégal.

Vous comprendrez aisément pourquoi la CLP dénonce en permanence les invectives, les attaques personnelles souvent sans fondement et la politique de ôtes-toi que je m’y mette.

Un pays ne brûle pas ses fils, bien au contraire. Protégeons nos valeureux hommes qu’ils soient politiques, acteurs de développement, artistes, sportifs etc.

Comment peut-on concevoir que ces compatriotes qui brillent partout dans le monde soient attaqués et dénigrés dans leur propre pays et par leurs propres frères et sœurs. Et le paradoxe est que tous ceux qui se tirent dessus ont été en un moment donné de l’histoire des partisans, des amis et des alliés.

Arrêtons avant qu’il ne soit tard. Le Sénégal, quoi qu’on puisse dire n’est pas meilleur que les autres pays. L’exception sénégalaise dont on parle  n’est pas tombée du ciel, elle est l’œuvre de nos devanciers.

Par ailleurs nous pensons qu’il nous  faut donner plus de visibilité et de lisibilité au champ politique. C’est armés de cette conviction que nous avons toujours appelé aux retrouvailles de la grande famille libérale.

Aussi nous soutenons et encourageons les tentatives de retrouvailles  des forces de gauche. Cette famille doit survivre, surmonter la crise qu’elle traverse dans l’intérêt de l’Afrique et du Sénégal.

Elles ont joué un rôle important dans la conscientisation des masses africaines. Elles ont étaient à l’avant-garde du combat pour la décolonisation de l’Afrique. Elles ont toujours lutté contre le néocolonialisme et la balkanisation de l’Afrique.

Peut-on oublier le rôle joué par la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France (FEANF) animée par Cheikh Anta Diop, Majmouth Diop, Abdoulaye Wade, Saliou Kandji et tant d’autres.

N’a-t-on pas le devoir de rappeler à la nouvelle génération les luttes menées par le Président Mamadou Dia, le doyen Abdoulaye Ly, Seydou Cissokho, Amath Dansokho à qui nous rendons un vibrant hommage pour son combat en faveur des couches les plus défavorisées.

Et comme vous le constatez la transition est toute trouvée pour vous parler de notre option panafricaniste.

Nul ne peut envisager le développement de l’Afrique sous sa forme actuelle avec des micro-Etats dont les budgets sont quelquefois inférieurs à ceux de villes ou de régions européennes. Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur une telle réalité uniquement pour satisfaire des ambitions personnelles.

Or force est de constater que depuis le départ d’hommes tels que Olussegun Obassanjo, Abdoulaye Wade, Mouammar Al Kadhafi, le débat sur le panafricanisme est relégué au second plan pour ne pas dire enterré.

C’est justement pour rappeler à tous que ce combat, plus qu’une nécessité est une obligation, que nous avons décidé de donner à notre permanence le nom du grand africain que fut Nkwamé Nkrumah. Cet homme après des études en Angleterre et aux Etats-Unis a participé au premier congrès panafricain en 1945 et conduit son pays à l’indépendance. Il fut farouchement combattu par les colonialistes parce qu’il a osé prôner une identité supranationale : les Etats-Unis d’Afrique qui permettrait au continent d’être l’une des plus grandes forces du monde.

En 1966 alors qu’il était en voyage en Chine il a été renversé par un coup d’Etat militaire bien sûr préparé par les occidentaux. Il se réfugiait alors en Guinée auprès de son ami Ahmed Sékou Touré et mourut le 27 Avril 1972 à Bucarest.

A présent chers frères et sœurs congressistes, honorables invités, nous vous disions que notre congrès d’aujourd’hui se tient dans un contexte particulier. Ce contexte est marqué par :

  • La mise en place du Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT),
  • Les élections législatives de 2017 et,
  • L’élection présidentielle de 2019

Sur toutes ces questions, la CLP se veut très claire.

Nous pensons que le HCCT est utile, très utile même pour faire avancer notre démocratie et parachever notre politique de décentralisation entamée depuis 1972. Toutefois nous devons dire que nous n’épousons pas certaines dispositions relatives à sa mise en place. Quand nous aborderons notre position sur l’Assemblée Nationale, vous comprendrez le sens et la portée de nos réserves.

Alors parlons justement de l’Assemblée Nationale. A ce sujet la CLP propose ces sept (07) mesures qui feront d’elle une assemblée de rupture :

  • Interdiction des coalitions pour les élections législatives,
  • Obligation pour tous les partis de participer à ces élections,
  • Prise en charge par l’Etat des dix (10) partis arrivés en tête,
  • Suppression de la liste nationale et élection des députés au scrutin uninominal à deux tours,
  • Réduction du nombre de députés qui seraient de cent (100) dont dix (10) représentant les sénégalais de l’extérieur,
  • Suppression des salaires des députés et leur remplacement par des indemnités de session,
  • Présentation de listes de Parité Populaire.

Il est évident que de telles propositions ne riment pas avec un HCCT dont les 45% sont nommés par le Président de la République et qui fonctionnerait à l’image de l’Assemblée Nationale actuelle que nous dénonçons.

En ce qui ce qui concerne l’élection présidentielle de 2019 nous disons sans ambages que pour des raisons objectives mais aussi subjectives notre candidat est le Président Macky SALL. Nous avons partagé la maison du père et comme il le rappelait lui-même dans une interview à Jeunes Afrique « on ne peut gommer d’un trait 19 ans de vie commune ». Il a été le premier ministre par qui les chantiers de Abdoulaye Wade ont démarré.  C’est le Président Wade lui-même qui disait en 2004 « enfin mes chantiers sortent de terre avec Macky » et d’ajouter en Wolof : « xaal bu nekk ñam naako waaye bu safe nii suuker massumako ñam ».

Incontestablement, en termes d’infrastructures, Abdoulaye Wade a changé le visage du Sénégal et plus particulièrement celui de Dakar. Et c’est pour  avoir compris cette vision de Wade que Macky Sall s’est résolument engagé à changer le visage des zones rurales et en cela je vous livre quelques exemples :

Electrification rurale :

En 2000, 8% des 12 500 villages du Sénégal avaient été électrifiés

En 2012, ce chiffre était de 34% soit une augmentation de 26%

Au moment où nous vous parlons ce chiffre, grâce au PUDC est entrain d’être porté à 60% soit une augmentation de 36%.

Hydraulique :

Grâce au PUDC toujours 120 forages ont été réalisés avec 96 abreuvoirs construits sans parler des milliers de famille qui grâce à des bornes fontaines bénéficient aujourd’hui d’eau courante.

 

Volet social :

Les bourses familiales vont constituer une révolution silencieuse dans le monde rural ainsi que les domaines agricoles communautaires.

Nous ne sommes pas entrain de dire que tout marche comme dans le meilleur des mondes. Nos populations souffrent encore, nos jeunes sont dans un chômage inquiétant, la crise est présente partout. Alors je vais paraphraser le Président Abdou Diouf qui disait que : « c’est le difficile qui est le chemin ». Malgré donc ces difficultés, le Président Macky Sall avec des réalisations concrètes  et une vision claire tente de sortir notre pays du sous-développement.

Pour toutes ces raisons, nous pensons  que la meilleure option serait de l’accompagner, de mettre toute l’expertise des fils de ce pays à la disposition de la patrie, de rectifier les erreurs et d’avancer ensemble.

Telle est notre position et nous la portons avec fierté car convaincus que notre seul objectif est de servir l’Afrique et notre pays. Nous avons pour habitude de respecter le point de vue de tout un chacun. Nous avons également pour habitude de dire ce que nous pensons car nous n’avons pas peur d’être impopulaire pendant un moment.

Quand nous disions à nos frères libéraux que si nous perdions le pouvoir beaucoup d’entre-nous iraient en prison nous avons été insultés et jetés en pâture. Malheureusement, les faits nous ont donné raison.

Quand nous dénoncions notre gestion du dossier de la traque des biens mal acquis, nous avons été critiqués et attaqués de toute part. Là aussi les faits nous ont donné raison.

Quand nous appelions nos frères au dialogue, nous avons été taxés de traitre. Là aussi, le temps, le seul juge valable, a rendu son verdict sans appel.

Si j’ai fait ce rappel c’est pour inviter mes frères et sœurs de la CLP à rester sur notre ligne à ne jamais se mêler à des débats de bas étage ou des déballages. Mettons-nous en tête que nous sommes des soldats au service de l’Afrique et du Sénégal. C’est le prix à payer pour répondre aux aspirations de nos populations.

Nous sommes persuadés que notre appel sera entendu car nous sommes unis par ces valeurs et autour de ces valeurs chères à l’Afrique et au Sénégal.

Merci de votre aimable attention.