Que fera Macky en cas de désaveu par le NON ? La démission ne semble être ni dans son esprit ni dans sa conscience

VOTER NON ! POUR SANCTIONNER LE PARJURE…
Le parjure n’existe pas dans le droit positif sénégalais à l’instar de celui de la France, contrairement au droit anglo-saxon où il est criminalisé. Il est une violation de serment face à une autorité publique et par extension face à une communauté sociale. L’acte posé par le Président Macky Sall et qui est un reniement de sa parole ou de son engagement devant le peuple sénégalais souverain et devant la communauté internationale, peut être assimilé à un parjure. Il avait juré de respecter la constitution mais il avait été affirmatif, ré-affirmatif et ferme sur la réduction de son mandat devant les sénégalais qui l’ont élu. Plus qu’une promesse électorale, c’est un serment à la face du monde.
La grande majorité de nos juristes et des commentateurs politiques reconnaissent qu’il existe de réelles possibilités juridiques dans notre loi fondamentale pour permettre la réduction du mandat en cours. Il était plus judicieux et mieux indiqué d’utiliser la voie normale de l’article 103 de la Constitution prévue expressément pour la révision. Mais le Président a choisi de transformer l’avis du Conseil constitutionnel en décision et en verdict derrière le respect duquel il s’est réfugié pour se renier. Un véritable faux-fuyant pour un chef d’Etat dont l’honneur est malheureusement entaché pour longtemps.
Le général De Gaule avait forcé le passage en 1962, face au front du refus à la fois du parlement et du Conseil constitutionnel français, pour soumettre son projet d’élection au suffrage universel direct du Président de la République, au référendum. Le verdict du peuple français souverain s’était imposé irrémédiablement aux institutions de la République. Ce rappel de l’histoire politique de la France dont le droit constitutionnel a largement inspiré le nôtre, est assez révélateur pour justifier que le peuple doit toujours avoir le dernier mot dans un système démocratique républicain digne et véritable.
Dès lors que le peuple, abusé et ignoré, n’a pas été respecté, Il lui appartient de réaffirmer sa souveraineté. « Diguéé bor la », il lui faut donc réclamer son prêt, exiger son remboursement. Le mandat prêté à Macky a été détourné de son but. Il était donné pour cinq ans en toute confiance sur la base non pas de la Constitution mais d’une assermentation solennelle. Quel que soit l’orientation du débat dans les subtilités du droit et les subterfuges politiques, il demeure constant que l’opinion ne retiendra que la forfaiture de sa renonciation. La morale supplante la raison comme l’éthique dépasse l’action. C’est encore plus vrai en matière politique. Que de dirigeants politiques en Afrique et ailleurs, qui sont dépourvus de ces valeurs, ont été emportés par les révoltes populaires contre ces perfidies. Macky s’est désormais aligné parmi cette horde de chefs qui accaparent le pouvoir contre leur peuple. Voilà donc pourquoi le référendum est dépouillé de son sens et de son intérêt. Dans un référendum on répond à une question primordiale et non à un ensemble de questions primaires même importantes. Le peuple ne s’y trompe pas et répond généralement à une autre question qu’il se pose lui-même. En l’occurrence dans le référendum de Macky, il s’agira de se prononcer pour 2017 ou pour 2019. Pour ou contre Macky. De Gaule l’a appris à ses dépens avec son référendum de 1969 sur la réforme du sénat et la régionalisation. Au sortir des événements révolutionnaires de 1968, pour les français, la question portait plus sur le départ ou non du général que sur l’objet même du référendum. L’homme de la «grande idée de la France » désavoué, en tira les conséquences et choisit de partir. Respect mon Général.
Que fera Macky en cas de désaveu par le NON ? La réponse est dans l’irrespect qu’il voue au peuple depuis son élection. Macky n’est même pas l’ombre de De Gaule. La démission ne semble être ni dans son esprit ni dans sa conscience. Par conséquent le vote du NON doit être massif et sans équivoque pour dire à Macky : « Déloo nu sunu mandat bi » et lui signifier que le peuple est le seul souverain en démocratie. Le vote sanction est la grande réponse pour riposter à l’affront de Macky.
Chérif Ben Amar Ndiaye
Kaadoubitimrew.com

2 Comments

  1. NE REVEZ PAS UN NOM PARCEQUE SERIEUSEMENT L’OPPOSITION N’A AUNCUN ARGUMENT NI PROGRAMME A PART LA HAINE,JALOUSIE,MANIPULATION,MENSONGE ET ASSOIFFER DE POUVOIR .

  2. Quelles sont les causes de l’actuel débat au niveau nationale ? N’est ce pas que c’est parce que Macky Sall s’est renié publiquement ? Mais alors pourquoi voir l’hypothèse de sa démission (qui est une manifestation d’une vision noble) alors que nous avons eu une preuve manifeste que ce que le Sénégal appelle valeur n’est une valeur pour lui ?

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