Quand les rebelles font le travail de l’Etat…Le MFDC sauve les dernières forêts

Après le conflit armé vieux de 33 ans en Casamance, la région sud du Sénégal va, si on n’y prend garde, plonger dans une autre situation conflictuelle. Et cette fois, il s’agit de « la guerre du bois ». En effet depuis un certain temps, des voix s’élèvent autour de la question de l’exploitation de la forêt de Casamance. La seule réserve forestière du pays est sérieusement agressée tous les jours par des gens qui ne sont intéressés que par leur bien-être immédiat et personnel et l’on a constaté une dégradation sauvage de la forêt du Sud. Le phénomène s’est accentué depuis le début du conflit armé et pendant longtemps, on a accusé le FMDC « d’exploitation abusive » de la forêt pour des raisons de survie. Ceux qui devaient assurer la protection de la forêt ont montré leurs limites et parfois même mis sur le banc des accusés pour exploitation frauduleuse de la réserve. Dans certaines localités, les populations elles-mêmes ont décidé de prendre leur destin en main, au prix de leur vie pour monter des unités de surveillance pour veiller à la préservation de leur forêt car ne pouvant pas compter sur les autorités compétentes. Mais en 2015, le MFDC, notamment le front nord de Salif Sadio et ses hommes ont montré un autre visage et ont démenti les vieilles accusations que l’on portait sur eux. En réalité, même si les combattants du mouvement indépendantiste s’en servaient, il y a eu des gens qui profiteraient de la situation pour piller la forêt de Casamance. C’est ce que le MFDC a compris. Il a alors commencé une série d’arrestation des exploitants de la forêt, furent-ils détenteurs de permis de coupe. Le mouvement a alors interdit toute exploitation du bois en Casamance jusqu’à nouvel ordre. Le gouvernement a donné raison au MFDC au plus haut niveau. Le Président de la République a annoncé quelques jours après les 1ères prises d’otage, l’interdiction de délivrance des permis de coupe ou d’exploitation. Les choses se sont calmées jusqu’à ce que les exploitants forestiers de la région de Ziguinchor fassent face à la presse. Ces derniers rejettent en bloc la mesure prise par le chef de l’état, une mesure qu’ils considèrent comme « licenciement abusif » car si cela est appliqué, « des milliers de personnes seront envoyées en chômage et de nombreuses familles seront affamées ». Quelle sera l’issue de ce bras de fer qui vient de se déclencher ? L’avenir nous édifiera mais une chose est cependant certaine, la bataille ne se gagnera pas aussi facilement pour l’une ou l’autre partie

L.Badiane pour xibaaru.com

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