Ousmane Tanor Dieng et Khalifa Sall : les piques par presse interposée

Les relations entre le Secrétaire général du Parti socialiste et le camp du maire de Dakar Khalifa Sall se dégradent chaque jour un peu plus. Avant, les deux hommes se vouaient un respect mutuel, mais depuis quelque temps, l’on a constaté que les mots deviennent de plus en plus durs. Par exemple, lorsque le leader de And Dolel Khalifa Sall a dit que personne ne peut l’exclure du Ps, la réplique ne s’est pas faite attendre. En effet, pour le maire de Nguéniène, « c’est se tromper que de dire que personne ne peut m’exclure du Ps ».

En Assemblée générale, avant-hier, à Gibraltar, Khalifa Sall n’a pas hésité à dire le fond de sa pensée à la direction du Ps et au pouvoir qu’il met d’ailleurs dans le même sac. « L’emprisonnement de Bamba Fall et compagnie ne nous fera pas taire. Emprisonnés ou libres, ils défendront leurs convictions jusqu’à la mort. Dans ce pays, personne n’a plus le droit de parler. Dans quel pays sommes-nous ? Le débat contradictoire est une exigence. On est dans un pays de liberté, de démocratie, dans un pays où les gens tiennent à exercer leur droit et leur liberté. La démocratie, c’est la contradiction. Il n’y a qu’un juge ici, c’est le peuple », a-t-il dit. Visiblement en colère, le maire de Dakar ajoutera : « On ne leur donnera pas cette faveur (se révolter). Quand notre parti doit aller devant la justice pour régler notre problème, nous avons mal, et nous ne pouvons l’accepter. Ce pays ne doit pas être dans la peur et dans la crainte de donner son opinion ».

Ce à quoi Ousmane Tanor Dieng répliquera, devant les étudiants de l’Ucad : « On peut être en désaccord avec moi sur ce que je dis ou sur les positions que je défends, c’est la démocratie mais personne ne me prendra en défaut de loyauté vis-à-vis des valeurs qui m’ont été transmises. En politique on ne fait pas la guerre, je ne fais pas la guerre, je cherche à convaincre pour faire triompher mes idées et mes convictions. Je peux avoir des adversaires politiques mais jamais d’ennemis, j’ignore jusqu’à l’idée de la haine qui est la pire ennemie de la démocratie ».

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