L’opposition ne veut plus de la CENA…Comptes et méfaits de Doudou Ndir en 17 points

Dans une lettre ouverte adressée au Président de la CENA (commission électorale nationale autonome), la coalition du ‘NON’ ‘Gor ca wax Ja met à nu les omissions observées par ladite commission dans le déroulement du référendum du 20 mars dernier. Et Mamadou Diop Decroix coordonnateur de la coalition ‘Gor ca wax Ja’ qui a signé la lettre ouverte, étale les 17 plaies de la CENA, une institution qui, selon lui, n’inspire plus confiance pour les scrutins futurs.

La CENA est mise au banc des accusés et la coalition a déclaré ne « plus accepter, dans l’avenir, une réédition de ce forcing du 20 mars 2016 qui a pris la place d’un scrutin loyal, sincère, transparent et régulier. »

Xibaaru vous donne un extrait de la lettre ouverte de la coalition du ‘NON’ ‘Gor ca wax Ja’ publiée hier mercredi 21 avril et qui liste les 17 omissions de la CENA…
Les grandes Omissions volontaires enregistrées dans le communiqué du 11 Avril 2016 de la CENA.
Dans votre communiqué, paru dans la presse nationale du mardi 12 Avril 2016, la CENA a passé sous silence de grandes questions qu’elle aurait dû soulever dans le cadre de l’auto saisine.

  1. Premier dysfonctionnement : La révision ordinaire des listes électorales de 2015 a été marquée par des fraudes avérées qui ont donné un résultat de 285079 mouvements dont 200679 nouvelles Inscriptions. L’opération ayant débuté au mois de Février 2015 vous n’avez fait arrêter les fraudes avérées qu’à la suite du communiqué de la CENA du 25 Juin 2015 (4 mois après) soit à presque 15 jours de la clôture des opérations. Vous auriez dû non seulement faire cesser ces fraudes avérées mais encore en mesurer l’impact et au besoin en tirer toutes les conséquences notamment l’annulation pure et simple des résultats de cette révision. Le Sénégal n’a jamais enregistré un chiffre aussi faramineux dans les résultats des opérations de révision ordinaire des listes électorales.
  2. Deuxième dysfonctionnement : Le lundi 07 Décembre 2015 l’occasion vous a été donnée de dire au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, chargé des élections que les résultats des opérations de cette révision ordinaire des liste électorales de 2015 étaient hors normes. En ne le faisant pas vous avez cautionné et blanchi ces fraudes manifestes et avérées que vous évoquiez dans votre communiqué du 25 Juin 2015.
  3. Troisième dysfonctionnement : Lié à la gestion solitaire du référendum par le camp présidentiel sans aucune implication de l’opposition et sans aucune réaction de la CENA face à cet agenda serré, imposé à l’opposition : Message à la Nation du chef de l’Etat du 16 février 2016 et fixation de la date du référendum pour le dimanche 20 Mars 2016.
  4. Quatrième dysfonctionnement : Reniement de l’engagement du Ministre de l’Intérieur chargé des opérations référendaires de communiquer le fichier électoral sous format papier sous prétexte que la coalition avait refusé d’entériner son projet de faire voter 180386 électeurs avec leurs récépissés de carte d’électeur.  A cette réunion du 14 mars 2016, aucun rappel à l’ordre n’a été fait par la CENA au Ministre de l’Intérieur Abdoulaye Daouda DIALLO pour lui signifier que la remise du fichier électoral aux partis politiques légalement constitués en général et en particulier à la coalition du NON /GOR CA WAX JA ne dépendait pas du seul bon vouloir du Ministre et constituait une obligation légale et réglementaire à laquelle il ne saurait se soustraire.
  5. Cinquième dysfonctionnement : Le fichier électoral sous format papier a été remis dans les bureaux de vote aux seuls représentants du courant du OUI au su et au vu des démembrements de la CENA. Dans ces conditions, vos représentants devaient veiller au rétablissement immédiat de l’équilibre .Ce qui n’a jamais été le cas.
  6. Sixième dysfonctionnement : En guise de représailles face au refus de la Coalition du ‘NON’ de cautionner le vote de 180386 électeurs sur simple présentation de leur récépissé de dépôt de carte d’électeur, le Ministre de l’Intérieur chargé des opérations référendaires, Abdoulaye Daouda DIALLO, a refusé catégoriquement de remettre à la coalition du NON/GOR CA WAX JA les 13500 spécimens de bulletin du NON.  La CENA est restée passive face à cette rupture de l’équilibre entre les parties.
  7. Septième dysfonctionnement : Aucune réaction de la CENA n’a été enregistrée à l’occasion de l’aveu du Ministre de l’Intérieur chargé des opérations référendaires, Abdoulaye Daouda DIALLO, de son incapacité à produire 180386 cartes d’électeurs pour des citoyens Sénégalais à l’occasion d’une consultation référendaire dont la préparation et l’organisation lui incombent en vertu de l’article premier du code électoral.
  8. Huitième dysfonctionnement : Refus du Ministre de l’Intérieur chargé des opérations référendaires, Abdoulaye Daouda DIALLO, de prendre en charge la production des affiches réglementaires de la coalition du NON/GOR CA WAX JA en représailles et suite au refus de la coalition du NON/GOR CA WAX JA, du vote des électeurs avec les seuls récépissés de cartes d’électeur. Ici aussi, la CENA, pourtant présente à cette rencontre n’a pas daigné prendre ses responsabilités pour rétablir l’équilibre.
  9. Neuvième dysfonctionnement : Le nombre des bureaux de vote à l’Etranger est passé de 653 (carte électorale 2012) à 1213 (nombre de bureaux de vote affichés par la commission nationale de recensement des votes du référendum du 20 Mars 2016 ) alors que le décret N° 2016-262 du 19 février 2016, portant organisation d’un référendum, précise bien que le référendum du 20 mars 2016 se fera, pour l’étranger, sur la base du fichier consolidé de l’Extérieur issu de la révision exceptionnelle des listes électorales de 2011. Nous n’avons enregistré aucune réaction de la part de la CENA face à cette violation flagrante du décret portant organisation du référendum.
  1. Dixième dysfonctionnement : Il a été noté, lors du recensement des votes par la commission nationale, l’existence de « votes hors bureau originel ». Cette appellation est inconnue de notre code électoral. Cette trouvaille d’une gravité exceptionnelle n’a suscité aucune réaction de la part de la CENA.
  2. Onzième dysfonctionnement: La notion de courant utilisée par le décret N° 2016-262 du 19 Février 2016 portant organisation d’un référendum est une violation du code électoral qui ne la consacre nulle part.
  3. Douzième dysfonctionnement: La proclamation des résultats du référendum par le Ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda DIALLO, qui n’est chargé que de la préparation et de l’organisation des opérations référendaires, n’a suscité aucune réaction de la part de la CENA. En effet, seuls le Président du bureau de vote, le Président de la Commission départementale de recensement des votes, le Président de la commission nationale de recensement des votes et le Président du Conseil Constitutionnel ont compétence à publier et afficher les résultats du référendum.
  4. Treizième dysfonctionnement: Le choix dans les centres de vote,   notamment à Thilogne, de représentants de la CENA, parmi les militants et responsables avérés de l’APR est un signe manifeste de la violation de l’article 7 du code électoral par la CENA. Dans beaucoup de bureaux de vote au Sénégal les représentants de la CENA étaient des membres attitrés, connus et reconnus de l’APR, parti du Président de la République.
  5. Quatorzième dysfonctionnement: La conservation, pendant 9 jours par le Consul Général du Sénégal à Pointe Noire, des 7 urnes contenant les votes, non dépouillés et son refus catégorique de rendre inutilisable à défaut de les détruire les restes des bulletins et des enveloppes ayant servi au référendum n’a suscité aucune réaction de la part de la DÉLÉGATION EXTÉRIEURE DE LA COMMISION ELECTORALE NATIONALE AUTONOME (DECENA) de Pointe Noire.
  6. 15) Quinzième dysfonctionnement: Le manque total de réaction et de réactivité de la CENA face aux violations manifestes, avérées et de notoriété publique de l’article 104 du code électoral concernant l’achat de votes ne cessera jamais d’indigner les citoyens Sénégalais.
  7. Seizième dysfonctionnement : L’inobservation manifeste du camp présidentiel des dispositions du décret N° 2016-262 du 19 Février portant organisation d’un référendum en ne respectant pas les dates retenues pour la campagne référendaire : Anticipation et prorogation de la campagne, n’a provoqué aucune réaction de la CENA.
  8. Dix-septième dysfonctionnement: Les tracasseries enregistrées auprès de certaines autorités administratives n’ont provoqué aucune réaction ni de la CENA ni de ses démembrements à l’intérieur du territoire national (CEDA).Tout ce qui précède montre à suffisance, Monsieur le Président, que la CENA n’a pas fait tout ce qu’elle devrait faire, dans le cadre de sa mission de contrôle et de supervision pour garantir l’équilibre des parties dans tout le processus référendaire. Nous savons bien que vos pouvoirs ne sont pas très étendus, mais tout au moins vous auriez pu et dû saisir l’organisateur du scrutin sur tous ces dysfonctionnements et, dans l’hypothèse d’un refus par elle de s’exécuter, en rendre compte de manière publique comme l’a fait le CNRA avec la RTS, pour que nul n’en ignore.Vous comprendrez dès lors, sur la base de ce qui précède, que nous ne puissions plus accepter, dans l’avenir, une réédition de ce forcing du 20 mars 2016 qui a pris la place d’un scrutin loyal, sincère, transparent et régulier.

    Veuillez croire, Monsieur le Président, à l’expression de mes sentiments patriotiques.

    A MONSIEUR LE PRESIDENT
    DE LA COMMISSION ELECTORALE
    NATIONALE AUTONOME (CENA)
    A  DAKAR – SENEGAL.

    LE COORDONNATEUR NATIONAL
     DE LA COALITION DU NON
    GOR   CA  WAX  JA
    MAMADOU DIOP 

1 Comment

  1. Franchement ce serait un crime que l’opposition laisse faire la déby-isation des élections sénégalaises. Des confections de cartes d’identité dans les salons des responsables du parti du président de la république, reconnues par la CENA, des gonflements de bureaux de vote à hauteur de 1 213 bureaux, en un seul jour de vote, ce serait vraiment un crime contre nos enfants que de laisser de pareilles choses passer en silence. Ce référendum a affiché le recul que le pouvoir a fait subir à la démocratie sénégalais, un recule de 60 ans.

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