L’OCDI demande à Macky de dissoudre l’Assemblée Nationale et de procéder à de véritables réformes institutionnelles

Monsieur le Président de la République,
Lettre Ouverte Réf: N°2015/OCDI/PR001

Objet : Demande de dissolution de l’Assemblée Nationale.
Nous venons vous interpeller en votre qualité de Gardien de la constitution et clef de voûte des Institutions de la République.
Au regard des faits suivants :
Violation manifeste des principes républicains que sont le respect du statut de l’opposition et la préservation des acquis démocratiques à travers la prise de position du Président de l’Assemblée Nationale en faveur d’un député en rupture de ban avec son parti et la majorité des députés de son groupe parlementaire,
Violence sur des députés de l’opposition par des députés de la majorité,
Impossibilité de ramener la sérénité au sein de l’hémicycle à cause des positions tranchées qui existent entre les députés de la majorité et celle de la minorité,
Existence d’une situation délétère qui prévaut dans le pays entre le pouvoir et l’opposition.
Et au regard de l’urgente nécessité pour nos populations de voir enfin:
L’opposition reconnue et respectée dans son statut, éminemment politique, d’acteur contributeur de premier plan et porteur d’un avenir pour la nation,
Le parlement jouer un rôle moteur et constructif dans la mise en œuvre des politiques publiques,
Le gouvernement procéder à de véritables réformes institutionnelles dont vous êtes, vous-mêmes, l’un des chantres affirmés,
Le pouvoir et l’opposition, à défaut de se rassembler autour de l’essentiel, éviter de s’entredéchirer face aux périls sécuritaires qui s’amoncellent dans notre pays et à ses frontières immédiates.
Par conséquent, nous voudrions, conformément aux dispositions de l’article 87 de notre constitution, Monsieur le Président de la République, que vous usiez des prérogatives que la constitution et le peuple sénégalais vous confèrent pour dissoudre cette Assemblée Nationale qui, dans sa forme actuelle, ne répond plus à aucun critère fondant sa légitimité populaire.
Notre démarche se veut citoyenne, loin de toutes considérations politiques, et loin de la défense des intérêts partisans. Nous sommes mus que par les intérêts supérieurs de la Nation.
Monsieur le Président de la République, notre pays devrait faire, nous le croyons, l’économie de soubresauts, de tiraillements ou de petites querelles politiciennes, surtout au sein de notre auguste Assemblée Nationale.
Et la dissolution de l’Assemblée Nationale, dans sa forme actuelle, pourrait favoriser le retour de la sérénité au sein de l’hémicycle et, pourquoi pas, ramener la paix civile dans notre pays, cette paix sans laquelle aucune émergence, aucun développement n’est possible.
Nous osons pouvoir compter sur votre sens élevé des enjeux et défis de l’heure, pour restaurer la crédibilité de l’Institution parlementaire et lui faire retrouver toute sa dignité, son honorabilité et son sens, en vertu des prérogatives juridiques et leviers politiques que vous confère notre LOI FONDAMENTALE.
Au demeurant, nous préférons, loin s’en faut, Monsieur le Président de la République, que le Sénégal évite de faire comme certains pays où les fractures entre acteurs politiques ne trouvent solutions que dans des actions désespérées et dévastatrices pour les populations les plus vulnérables.
Vous avez le pouvoir, Monsieur le Président de la République, d’éviter à votre peuple la survenue de pareilles situations.
En espérant avoir, auprès de vous, une oreille attentive à notre doléance, recevez, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération
Hawa Abdoul BA
Coordonnatrice

Observatoire Citoyen pour la Défense des Institutions (OCDI)

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