L’Etat dérape en raflant des Handicapés à la place des talibés

COMMUNIQUE SUR LES RAFFLES DE PERSONNES HANDICAPEES

Dans la journée de ce jeudi 7 Juillet 2016, prenant pretexte du retrait des enfants talibés de la rue, les forces de sécurité ont procédé à des raffles et arrestations de personnes handicapées à Dakar et dans sa banlieue, notamment, à Thiaroye et à Guédiawaye.

Ces raffles perpétrées contre des personnes démunies et sans soutien de l’Etat le lendemain de la korité, fête de solidarité et de partage sont choquantes. Alors que la Délégation à la Solidarité Nationale et à la Protection Sociale, service dédié à ce soutien n’a jamais rien fait pour les personnes handicapées et, à ce jour ne fait aucune action en leur faveur. Malgré les centaines de milliards declares dépensés pour acheter des vivres (riz, sucre, huile…). Seuls certains politiciens véreux et chefs religieux souteneurs du parti au pouvoir en bénéficient au detriment des veritables ayant droits.

Cette énième operation de brutalités exercées sur des personnes sans defense et de surcroit porteuses de handicap est inacceptable dans un Etat qui se declare de droit.

Si aujourd’hui des personnes handicapées en sont arrivées à la mendicité c’est qu’elles sont des victimes vivantes et des produits d’un système d’exclusion mis en place au Sénégal. Un système qui les exclut de l’école, des centres de formation, de l’emploi et de tout soutien de l’Etat.

Dans un contexte de mise en oeuvre laborieuse de la Loi d’Orientation Sociale censée protèger et promouvoir les droits des personnes handicapées, la FESAPH s’attendait à une attitude plus responsable de la part de l’Etat qui doit garantir à tous ses enfants, y compris ceux porteurs de handicap, les meilleures conditions d’épanouissement et de quietude.

L’Etat ne peut donc se prévaloir de sa propre turpitude pour s’acharner sur les personnes handicapées dont, malheuresement, aucun de leurs droits reconnus n’est respecté.

La Fédération Sénégalaise des Associations de Personnes Handicapées (FESAPH) condamne avec la dernière énergie les raffles contre les personnes handicapées et exige leur liberation immediate et sans condition.

La FESAPH se reserve le droit de saisir les jurisdictions nationales et internationales compétentes en vertu des dispositions pertinentes de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées déjà ratifiée par le Sénégal et qui sont ainsi violées.

FAIT A DAKAR, le 07 JUILLET 2016

le Directoire de la FESAPH

Le Président

Yatma FALL