Les sociétés minières dans la région de Kédougou : quels apports pour les populations ?…Un témoignage accablant

Malal Diallo, un citoyen de Kédougou déplore l’attitude des sociétés minières face aux principales préoccupations des populations de cette région encore pauvre malgré la richesse de son sous-sol.

Il me plait aujourd’hui de prendre ma plume en tant qu’acteur de développement pour réfléchir sur une situation de frustrations vécue au quotidien par les populations de Kédougou de tous horizons depuis l’implantation des sociétés minières au niveau de Kédougou.
Voilà déjà plus de trois décennies que des sociétés sont installées au niveau de Kédougou depuis l’ancien département jusqu’à l’actuelle région sans rien entreprendre afin de faire bénéficier les populations des retombées d’abord de l’exploration ensuite de l’exploitation minière dans tous les secteurs : éducation, santé, jeunesse entre autres.
Au premier moment de la prise de conscience des populations du pillage des ressources, lorsque la jeunesse réclamait des emplois au niveau des sociétés, il leur était opposé que « vous n’aviez pas des ressources humaines de qualité pour faire tel ou tel emploi ». Aujourd’hui, cet argument ne semble plus valable puisque la région regorge beaucoup de cadres qui pourraient occuper des fonctions dans ces entreprises : comptabilité, ressources humaines, santé et j’en passe. Par rapport à tout cela qu’est-ce qui a changé ? Rien du tout, les sociétés continuent à voir ailleurs ! A recruter ailleurs puisqu’il faut être dans « leurs réseaux » pour pouvoir trouver un emploi respectable en leur sein.
L’argument le plus avancé aujourd’hui sinon la réponse la plus connue des différentes correspondances et sollicitations d’intérêt public reste « nous sommes au regret de ne pouvoir donner une suite favorable à votre demande ». Combien de fois, des correspondances ont reçu ces réponses au niveau des sociétés minières ?
Parlant du secteur de l’éducation, allez à Sabodola voir l’état dans lequel se trouve l’école élémentaire de ce village combien populaire au Sénégal ! Le collège ! Si vous y arrivez, vous êtes à la fois surpris et vous avez honte.
Alors, si les sociétés refusent de faire des investissements conséquents dans le secteur de l’éducation , refusent de donner des bourses d’études aux élèves, aux étudiants et à des professionnels qui veulent se perfectionner, quand est-ce qu’on aura des ressources humaines de qualité qui pourront participer au développement de la région et partant du Sénégal ?
A ce niveau de ma réflexion, il me plait de s’arrêter sur le secteur de la santé.
La santé ? Pour jeter de la poudre aux yeux des populations, on construit quelques cases de santé par ci, quelques « postes » de santé alors que la région a besoin d’un hôpital digne de ce nom avec un personnel qualifié et en quantité?
Aujourd’hui dans la commune de Kédougou, chef -lieu de région, les populations préfèrent aller au Camp Militaire plutôt que de venir au centre de santé de Kédougou, pourquoi ? Les conditions n’y sont pas réunies. Qu’est-ce que les sociétés ont fait ? Sinon que de construire un bâtiment d’accueil qui ne coûte même pas une heure d’exploitation des ressources de la mine.
En retour, quels sont les dangers auxquels ces populations sont exposées du fait de l’exploitation minière ? De plus en plus, de maladies respiratoires, des maladies de la peau pour ne citer que celles-là sans oublier la dégradation quotidienne de l’environnement : déforestation, déboisement, détérioration de la flore et de la faune. Beaucoup d’animaux de toutes sortes meurent s’ils ne tombent pas dans des fosses béantes, ils sont victimes de la consommation d’herbes et d’arbres contaminés par des produits toxiques.
La jeunesse !!! Voilà la grande perdante de tout cela puisque l’avenir de cette région ne se fera pas sans la jeunesse d’aujourd’hui.
Le seul club ! Le club fanion devrais-je dire que constitue la GAZELLE va bientôt mourir faute de moyens matériels, financiers et sportifs malgré l’engagement de ses dirigeants qui ont adressé plusieurs correspondances parfois même portées par l’autorité régionale. Toujours la même réponse « nous sommes au regret de ne pouvoir donner une suite favorable à votre demande ». Cela constitue un véritable manque de respect à l’égard de nos dignes autorités qui déploient tous les moyens afin de satisfaire les besoins des populations.
En lieu et place des actions d’intérêt général, elles se contentent de donner des modiques sommes d’argent lors de grands événements pensant avoir beaucoup fait.
Combien de gens se sont enrichis et qui continuent à s’enrichir sur les richesses tirées du sous-sol de notre région ?
Pourquoi ces sociétés ne respectent pas les populations de la région de Kédougou ?
Le moment est venu pour que toute la jeunesse, tous les Kédovins de naissance et d’adoption, tous ceux qui portent Kédougou dans leur cœur se lèvent pour dénoncer une fois de plus cet état de fait…
Pourtant la jeunesse avait déjà alerté mais je crois que les gens commencent à oublier alors qu’il reste encore des séquelles dans la mémoire collective des populations kédovines.
Nous ne réclamons rien sinon un peu de considération pour les populations en répondant favorablement aux demandes sur les sollicitations d’intérêt public dans des secteurs aussi stratégiques que l’éducation, la santé et la jeunesse.
Malal Diallo, un citoyen de Kédougou