Les services de l’Etat parlent…L’administration est pauvre, pas de voiture…Les agents n’ont même pas de vélos

Les conditions désastreuses de travail dans les services étatiques plombent l’émergence au niveau de la Casamance…Suivez le reportage de notre correspondant à Bignona…

Après la réaction des populations de Bignona hier sur le classement du fonds monétaire international (FMI), nous avons cherché à mieux comprendre la situation des populations et qu’est-ce que l’état fait pour combattre la pauvreté. Nous nous sommes intéressés aux services de l’état présents dans le département. Ces derniers ont pour mission d’accompagner, d’encadrer et d’orienter les populations dans toutes leurs activités socioéconomiques. Pour mieux faire leur mission, les services déconcentrés ont besoin surtout de logistique pour leur mobilité. Sur ce plan, vous serez surpris par ce que vous allez découvrir. Mais en attendant, sachez que le département de Bignona compte 19 communes et occupe 72% du territoire de la région de Ziguinchor. Donc pour un travail d’encadrement plus efficace, les services ont besoin de moyens de déplacement conséquents. Malheureusement, c’est la catastrophe.
Tenez-vous bien, il y a des services départementaux qui n’ont même pas de vélo encore moins une moto. C’est le cas de l’inspection de la jeunesse, celui du sport, le service départemental du développement communautaire, le service départemental de l’action social, le service d’hygiène ; tous ces services n’ont aucun moyen de déplacement. A côté de ces services, il y en a qui, malgré leur importance, ne dispose que d’un seul véhicule et pour la plupart vieillissant. Il s’agit du service des eaux et forêts, de la douane, du service de l’élevage, du commerce, le service départemental du développement rural. Le pire, c’est au niveau du secteur de l’éducation ; le département de Bignona compte deux inspections de l’éducation. Mais chacune des inspections est mal servie malgré l’importance de la mobilité des inspecteurs dans le pilotage et l’encadrement du système. Le ratio est de : un véhicule pour six inspecteurs.
A l’inspection de Bignona 2, par exemple, la 1ère école, la plus proche est à 25 km. Les maires sont cloués chez eux depuis leur élection faute de moyen de déplacement. Imaginez dans ces conditions, comment peut-on avoir de l’émergence ?
La majeure partie des services sont immobiles et les acteurs sont laissés à eux-mêmes sans conseil, sans encadrement et on veut développer l’économie de ce pays. Pendant ce temps, les politiciens sont quant à eux, bien servis, avec des DG, Ministres et autres responsables nationaux qui disposent de plusieurs véhicules. Ce n’est pas surprenant que le Sénégal figure sur la liste des pays les plus pauvres de la planète.
L.Badiane pour xibaaru.com

1 Comment

Les commentaires sont fermés.