Les femmes de Bignona dans le désarroi…Après le mensonge des politiciens, elles interpellent Macky Sall

L’allègement des travaux des femmes a toujours été un thème de campagne pour les politiciens dans le département de Bignona. De la présidentielle aux élections locales, « les mendiants » de voix promettent la lune et le ciel aux femmes du monde rural. Mais après les élections, ces hommes et femmes politiques disparaissent dans la nature de Dakar en regardant du haut, sans pitié, ces femmes « naïves » qui ont rempli tous leurs meetings. Après les rizières où les femmes continuent de travailler avec la main, elles font face à d’autres travaux qui auraient pu être moins pénibles si les politiques n’avaient pas échoué dans ce domaine. La principale difficulté demeure l’eau. Jusqu’à présent, le puits reste la principale source d’eau dans le département de Bignona, même des villages situés à deux kilomètres de la commune de Bignona (chef-lieu de département) ne sont pas connectés au réseau d’eau courante. Et pourtant les atouts sont là mais il manque la volonté politique de nos gouvernants.

bignona hivernageCette difficulté à trouver de l’eau plombe la volonté des ruraux à faire l’activité agricole hors saison des pluies. En Casamance il pleut seulement trois mois ou quatre. La population paysanne est obligée de concentrer ses activités sur trois mois pour espérer se nourrir pendant toute l’année. Un pari difficilement réalisable. Si on avait écouté le vieux Amath Dansokho, les choses auraient commencé à changer. Il disait, un Vendredi du 26 Septembre 2014, en visite à Bignona : « l’argent que nous gaspillons à Dakar dans des meetings pouvait servir à acheter des moulins où à faire des forages pour alléger les travaux des femmes rurales ». Les femmes et les jeunes réclament alors de l’eau courante pour leur permettre de travailler en saison sèche notamment dans le maraîchage. Mais nos gouvernants semblent avoir d’autres priorités. Le Sénégal émergent et les différents programmes d’autosuffisance ne pourront jamais réussir si les sénégalais du monde rural ne travaillent que pendant trois mois sur les douze. Si l’état avait mis les moyens nécessaires chez les ruraux, on ne parlerait jamais de soudure en Casamance. Mais le Sénégal étant ce qu’il est, c’est la galère et toujours la galère sans voir le début de l’émergence, devenu tellement banalisée par ceux qui n’y croient même pas.

L.Badiane pour xibaaru.com