Le président de la République est bien le « Gardien de la Constitution » et Hadj Mansour n’est pas l’inventeur de l’expression

Le politologue Yoro Dia (personne ne sait dans quel camp il est, mais on sait qu’il broute quelque part) a affirmé le weekend dernier à Sédhiou lors d’une conférence que le « Président de la République n’est pas le gardien de la constitution ». Pour lui cette expression a été inventée par le griot national Hadj Mansour : « Le président de la République n’est pas le gardien de la Constitution. Cette assertion est une pure invention du célèbre griot et non moins fidèle compagnon de l’ex-Président Abdou Diouf, en l’occurrence El Hadji Mansour Mbaye. Si tel est vraiment le cas, le Président ne serait pas obligé de passer par le Conseil constitutionnel. Nous sommes dans un Etat de droit qui, à commencer par son chef, est soumis à la loi» a déclaré l’Enarque Yoro Dia.
Mais Yoro Dia doit revoir car xibaaru et ses ARI (agents de renseignements infiltrés) ont fouillé pour savoir exactement d’où venait ce terme « Gardien de la Constitution » ? Est-ce exact que le président est-il le gardien de la constitution ?
On n’a pas cherché longtemps pour trouver les réponses à nos questions qui sonnent comme un désaveu des propos tenus par Yoro Dia.
Xibaaru a trouvé ce qui suit :
• Hadj Mansour n’est pas l’auteur de cette expression.
• Le président de la République est bel et bien le gardien de la constitution

Yoro, le brouteur masqué du Palais doit retourner voir ses anciens profs de l’ENA de Paris qui vont lui apprendre que le terme « Gardien de la Constitution » était attribué au Général De Gaulle. Et c’est le Député président de l’Assemblée nationale qui l’employait pour nommer son cher général qui défendait les institutions et la constitutions de la France en pleine crise d’Algérie contre le Général putschiste Raoul Salan condamné à la prison à perpétuité pour le maintien du statu quo de l’Algérie Française. Et Hadj Mansour l’a emprunté de lamine Gueye pour nommer le président Diouf.
Le président est bel et bien le « gardien de la constitution ». Xibaaru vous livre un article qui définit bien le rôle du président mais qui le désigne comme étant le garant et le gardien de la constitution. Cet article précise le rôle exact du président Français en cas de crise et ses attributs. Et ce sont les mêmes principes de droits appliqués au Sénégal :
« En dehors des périodes cohabitation, c’est bien le président et non le Gouvernement qui définit la politique de la Nation. Le comité Balladur a proposé de prendre acte de cette réalité et de modifier l’article 5 pour y introduire le fait que le président définit la politique nationale mais cette modification n’a pas été suivie car elle aurait engendré des complications en cas de cohabitation.

Trois grandes missions sont confiées au président dans cet article. D’une part, il est le gardien de la Constitution, ce qui signifie qu’en-dehors des cas où le Conseil constitutionnel est compétent pour interpréter la Constitution, c’est le Président qui tient ce rôle. Ainsi, Charles de Gaulle a interprété l’article 30 de la Constitution, disposant que c’est au Président d’ouvrir une session extraordinaire du Parlement, comme lui permettant de refuser d’ouvrir cette session. De même, en 1986, François Mitterrand a refusé de signer trois ordonnances en considérant que l’article 5 faisait de lui le gardien des intérêts vitaux de la Nation.

Le Président de la République joue aussi le rôle d’un arbitre et d’un garant du fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l’État, ce qui explique son intervention dans le cadre de la révision constitutionnelle, dans celui de la nomination du Premier ministre, dans celui de la mise en œuvre de l’article 16 de la Constitution ou encore dans celui de la dissolution de l’Assemblée nationale.

Enfin, le Président de la République est le garant de la souveraineté de l’État, de son indépendance et de son intégrité ce qui explique l’importance de ses pouvoirs en matière diplomatique et militaire (il est le chef des armées). Cet article justifie aussi l’existence de l’article 16 et des pouvoirs importants conférés au président en cas de crise grave. »

Penda Sow pour xibaaru.com