Le dilemne du PDS…Les cadres libéraux parlent de tout sauf de…Abdou Khafor Touré

Dans un communiqué reçu nuitamment à la rédaction de xibaaru et signé du FNCL (Fédération Nationale des Cadres Libéraux), il est fait mention du soutien sans faille du PDS à Aïda Mbodj, l’ex présidente du conseil départemental de Bambey destitué pour des raisons politiciennes par le ministre de la gouvernance locale, Abdoulaye Diouf Sarr  qualifié de ministre-militant. Et ensuite, la FNCL se lance dans une diatribe contre le président Macky Sall dans la signature des Accords de Partenariat Economique (APE).

Mais nulle part, la FNCL parle d’Abdou Khafor Touré, ancien Membre du Comité Directeur du PDS et Porte-parole de la  FNCL qui a décidé de quitter le PDS.

Comment est-ce que la FNCL peut se réunir à la permanence Oumar Lamine Badji, à l’effet d’examiner la situation politique nationale sans parler d’Abdou Khafor Touré qui a lâché le PDS pour « aller vers les prairies marron-beige » de l’APR comme l’a déclaré le karimiste, Alinard Ndiaye.

La FNCL a parlé de tout sauf des problèmes internes au PDS. Et il faut aussi rappeler que le démissionnaire du PDS, Abdou Khafor Touré faisait partie du groupe des réformateurs de Modou Diagne Fada, qui avait secoué le parti libéral dernièrement.

Xibaaru vous donne en intégralité le communiqué de la FNCL…Et vous verrez que le nom d’Abdou Khafor Touré n’apparaît nullement dans ledit communiqué…

Fédération Nationale des Cadres Libéraux (FNCL)

Communiqué :

La Fédération Nationale des Cadres Libéraux (FNCL) s’est réunie à la permanence Oumar Lamine Badji, à l’effet d’examiner la situation politique nationale et la question liée aux Accords de Partenariat Economique (APE).

Abordant la situation politique nationale, La FNCL tient, en prélude, à apporter son soutien sans ambages à la sœur Aïssatou Mbodj, Présidente du Conseil Départemental de Bambey suite à la tentative de spoliation de son poste à la tête de la dite circonscription territoriale par l’Etat-APR.

La sœur Aïssatou Mbodj, par ailleurs première femme Présidente de Conseil Départemental au Sénégal, est indexée par les responsables du camp présidentiel comme étant l’unique frein à une hypothétique victoire du camp présidentiel aux prochaines joutes électorales, d’où la mise en place de la GOLIPAM (Grande Offensive pour la Liquidation Politique de Aida Mbodj) en utilisant honteusement les maigres moyens de l’Etat. Afin de donner un semblant de légalité à sa forfaiture et un corpus à sa mesure, le ministre de la gouvernance locale a convoqué, sciemment, la loi 96-11 du 22 mars 1996, sous l’égide de son donneur d’ordre Macky Sall, faisant fi de la récente loi 2013-10 régissant les collectivités locales, loi issue de leur piteuse réforme dénommée Acte III de la Décentralisation.

Ainsi, la FNCL considère la décision du ministre-militant comme nulle et non avenue, usera de tous les moyens légaux afin de poursuivre le dit ministre pour abus de pouvoir et pour violation manifeste de la loi 2013-10 du 28 Décembre 2013 notamment en son livre 1 – Titre 4 – chapitre 2 – Articles 55 à 59. Elle encourage le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) à organiser la résistance politique et juridique aux fins de stopper définitivement les incessantes agressions de ce régime contre le Parti et contre les Sénégalais en général.

Dans le même sillage, la FNCL exhorte les militants et les responsables du PDS à continuer la massification du parti au niveau de chaque commune et département afin de mieux préparer les défis futurs. Elle lance un appel à la Direction du Parti, au Front Patriotique pour la Défense de la République (FPDR), au Cadre de Concertation de l’Opposition (C2O) à intensifier la lutte contre le système électoral ultra frauduleux du régime en place, à s’atteler à l’assainissement du fichier électoral et à l’unité de l’opposition toute entière en vue des échéances de 2017 et de 2019.

S’agissant de la question essentielle des Accords de Partenariat Economique (APE), La FNCL est au regret de constater que le Président Macky Sall ait donné des gages au Conseil des Ministres UE – ACP du 28 au 29 Avril 2016 aux fins d’avaliser les dits accords par la CEDEAO dans son ensemble. La Gambie, pays frère, a  rejeté en bloc les APE de même que le Nigeria qui est resté constant dans ses positions depuis les Présidents Obasanjo à Buhari en passant  par le Président Goodluck Jonathan. Il est heureux de constater que les Caraïbes ont également décidé, ici à Dakar, de rejeter ces accords iniques du fait du déséquilibre des volumes d’échanges commerciaux entre l’Union Européenne et les Pays d’Afrique Caraïbes Pacifique (ACP).

Rien que l’identité des deux (2) pôles en soi est une hérésie, en effet l’union européenne, formée d’un seul et unique Bloc, est régie par des textes uniques en termes d’échanges commerciaux alors que les ACP ne constituent pas une entité homogène régie par les mêmes lois, traités et conventions. Négocier en 2016 des accords uniques pour un ensemble de pays qui n’ont rien en commun tant dans leur environnement économique que spatial, campe le débat. La volonté  de maintenir les frontières invisibles mais réelles, entre le Nord et le Sud, est très perceptible à travers ces accords.

L’utilisation de Macky Sall comme avocat des APE est une victoire symbolique pour l’Europe conquérante qui utilise un fils du continent afin de démystifier la figure de proue du combat contre les APE, en l’occurrence le Président Abdoulaye Wade, qui a été le premier à dire non à la signature de ces accords léonins et toxiques aux économies africaines. Le Président Macky Sall est, malheureusement, de fait, le porte-drapeau de cette « camisole de force » que l’Europe nous oblige à porter, là où son prédécesseur, économiste de formation, a eu à enclencher, dès 2007, un combat sans merci contre une acceptation de ces accords, persuadant dans la foulée d’autres Chefs d’État Africains de refuser de les signer. Ainsi L’Afrique du Sud, la Namibie, le Nigeria furent les premiers à les rejeter fermement.

Il est bon de rappeler que l’accord de Cotonou, épilogue des Conventions néocolonialistes de Yaoundé (1963 – 1969) et des Conventions de Lomé (1975 – 1999)  , conclu en 2000 pour une durée de 20 ans avec clause de révision tous les 5 ans, a été dénoncé de manière unilatérale par les Européens alors qu’il prévoyait un libre accès des agriculteurs africains aux marchés européens avec, parallèlement, la possibilité de prélever des taxes sur les importations agricoles européennes. À la suite de quoi, Bruxelles propose de nouveaux accords abusifs, injustes et inéquitables dénommés APE.

La FNCL alerte, de vive voix, l’opinion sur les risques graves encourus pour des générations d’Africains si les APE sont adoptés par nos parlements.

En effet,  le premier goulot d’étranglement est la question des barrières douanières. Les pays concernés, par ces accords, n’auront plus le droit de lever des taxes douanières alors qu’il est évident que dans les États fortement industrialisés comme la France, l’Italie ou la Suisse par exemple, l’apport des recettes douanières, issues de nos échanges, dans leur Économie est, somme toute, très insignifiant. Par contre,  les taxes douanières sont la principale source de revenus des pays de l’Afrique-Caraïbes-Pacifique. À titre illustratif, en 2008 le Président Nigérian annonçait une perte de 800 milliards par an en recettes douanières si ces accords avaient été signés.

Le second goulot d’étranglement réside dans le fait que ces accords étoufferont les économies des pays ACP sur le moyen et long terme. L’accord d’investissement, qui prévoit un égal traitement entre le capital étranger et celui national, est une forme de cannibalisme économique des entreprises européennes sur celles des ACP. De puissantes multinationales occidentales auront exactement le même traitement que la plus petite entreprise locale des pays de l’ACP. Ainsi, plus aucun programme protectionniste de nos entreprises ne pourra être mis en vigueur. Dans nos étals, « Danone » concurrencera à prix presqu’égal et dans des volumes industriels le yaourt fabriqué localement par un petit GIE sans grands moyens.

Cet accord d’investissement des APE est simplement la mise à mort de nos PME-PMI, de nos sources de revenus réguliers contre des promesses de compensations illusoires et ponctuelles.

Au vu de tout ceci, la FNCL :

  • qualifie la signature de ces accords de haute trahison des dirigeants à leur peuple et à leur serment ;
  • exhorte le Patronat à se lever comme un seul homme et à faire front avec les Populations afin de sauver le tissu économique de nos États de la menace constituée par les APE ;
  • se tient prête à poursuivre le combat initié, il y a une dizaine d’années, par le Secrétaire Général National du PDS ;
  • invite le Patronat, les députés, les ONG, les partis politiques, les mouvements citoyens et toute personne soucieuse du développement de nos économies fragiles au panel suivi de travaux qu’elle compte organiser dans les prochains jours, autour de la question des Accords de Partenariat Économique.

PDS / Fédération Nationale des Cadres Libéraux (FNCL).

Fait à Dakar, le 04 Mai 2016.

 

1 Comment

  1. Parce que c’est un non événement. Depuis 2 ans il n’était plus le porte parole de la FNCL . Personne n’a le temps de discuter d’une démission de khafor Touré. Il n’était même pas évoqué dans l’ordre du jour ou dans les questions liées à la vie du parti. Quand même !

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