Handicapé, il ouvre une entreprise et demande l’aide à la Première Dame…Mais rien ! Aucune réponse

Diélany Bâ, handicapé est dans tous ses états et souffre du manque de soutien de la part des autorités de ce pays. Il a crié son ras-le-bol au cours d’une interview accordée au correspondant de xibaaru.com.

handicapé kédougou
Handicapé depuis sa tendre enfance, Diélany Bâ a aujourd’hui quarante ans. Ce chef de famille marié à une épouse et père de 3 enfants dont deux filles a très tôt compris qu’il doit se battre pour survivre.
« Je ne suis pas né handicapé, c’est à bas âge que je le suis devenu. Je n’ai pas croisé les bras pour devenir mendiant. Et je n’ai jamais souhaité vivre de l’assistanat. C’est pourquoi, depuis 1980 et pendant 16 ans j’ai appris à devenir un tôlier. Aujourd’hui, je suis un devenu un entrepreneur possédant tous les papiers d’entrepreneur, NINEA, registre de commerce » a-t-il souligné
Plus d’espoir pour lui
Sentant la vieillesse s’approcher, le sieur Diélany Bâ perd de plus en plus sa force et l’espoir face à la situation qui prévaut. Il n’y a aucune discrimination positive à l’endroit des personnes vivant avec un handicap.
« Le travail d’une personne vivant avec un handicap c’est jusqu’ à un moment. A un certain âge, je ne pourrai plus exercer ce métier. Et je suis soutien de famille. Tous mes jeunes frères sont des chômeurs. Tout ce que les pieds devaient faire, je le fais avec les mains. Et tout ce que je devais faire avec mes mains, je le fais encore avec mes mains. Cela ne peut plus durer. Je voudrai lancer un appel aux autorités pour qu’elles me soutiennent, afin que je puisse gagner des marchés. C’est très difficile pour moi de vivoter. Il n’y a que David Mbaye de Rand Gold qui m’a beaucoup soutenu » a témoigné M Bâ.
Aucune réponse de la première dame
A la recherche de moyens pour la survie de son entreprise, M Diélany Bâ a adressée à la première dame du Sénégal, Mme Marème Faye Sall, à deux reprises des correspondances. Jusqu’à ce jour, aucune suite n’a été donnée à celles-ci. C’est la seule opportunité qui s’offre à lui, c’est la présence des sociétés minières dans la région de Kédougou
Je ne mendie pas, je cherche à réussir dans mon métier
« On doit soutenir une personne en situation de handicap qui se débrouille. J’avais écrit une lettre à Marc English, l’ancien directeur de Teranga gold, cette lettre est restée 5 mois sans suite. Ce n’est qu’après que le responsable du département social m’a contacté. Ce n’est pas un assistanat que je recherche mais gagner des marchés. J’ai formé beaucoup d’apprentis, d’autres ont ouvert des ateliers. Je ne mendie pas mais je cherche à réussir dans mon métier. J’ai été le premier à confectionner des caisses de carottes dans la région de Kédougou » a-t-il avancé.
Victime du mauvais œil de la société
Dans le cours de la vie, cet entrepreneur se dit parfois victime de discrimination de la part de la société.
« Parfois quand je vais demander un service à des agents de l’administration, on me traite autrement. Vous ne pouvez pas imaginer ce que je ressens dans mon for intérieur. C’est à cause de ma situation qu’on me traite de cette manière » a-t-il confirmé.
Je prends mon handicap avec philosophie
Ce mauvais regard que la société porte sur Diéyla Bâ est loin de casser son moral. En toute circonstance, il se sent bien dans sa peau.
« Tous mes enfants étudient dans une école privée catholique. Je suis un père de famille accompli et qui cherche à mettre ses enfants dans de bonnes conditions de réussite. En tant que personne handicapée, on ne doit pas rester là à croiser les bras ou à tendre la main. Je vis avec un handicap, c’est mon destin c’est la volonté divine Je ne sens pas cette situation de handicap comme un handicap. Je prends cela avec philosophie. Je fais tout ce que les personnes valides font pour leur famille » a-t-il ajouté.
Diélany Bâ se souvient encore des conditions dans lesquelles, il a pu évoluer pour arriver à ce stade d’entrepreneur.
Il faut la volonté pour réussir
« A l’époque je rampais pour me rendre à mon atelier. C’est sur le chemin qu’une sœur missionnaire blanche qui avait longtemps remarqué mon engagement m’avait offert ma première chaise roulante. Que l’on soit handicapé ou valide, rien ne peut s’obtenir sans graine de volonté » a-t-il dit.
Maintenant, Diélany Bâ possède une chaise roulante motorisée et se débrouille pour assurer les frais de réparation et rêve d’avoir une boutique de pièces détaillées. Il se dit reconnaissant de la volonté des agents du service de l’Action sociale dont les moyens sont très limités pour prendre entièrement en compte leurs préoccupations.
Adama Diaby à Kédougou pour xibaaru.com