Duel à distance entre Khalifa Sall et Ousmane Tanor Dieng…Tout ça pour Macky Sall

Le dernier référendum du 20 mars 2016 a laissé des séquelles politiques au sein du Parti socialiste (Ps) dont Ousmane Tanor Dieng est le leader. Complexe et tendu, le rapport politique entre le secrétaire général de ladite formation politique et le maire de la ville de Dakar, Khalifa Sall, par ailleurs membre du Bureau politique (Bp) du Ps, n’est plus des «meilleurs».

Pour cause, les ambitions présidentielles que l’on prête à l’édile de Dakar, alors qu’à travers son secrétaire général, le Ps se propose d’être loyal vis-à-vis de la coalition Benno bokk yaakaar (Bby), notamment à l’endroit de l’Alliance pour la République -Apr- (parti du Président Macky Sall). La consultation citoyenne a également favorisé la naissance de deux camps politiquement opposés sur la manière dont le pays est gouverné.

Ces deux «axes» sont: celui du ‘’Oui’’ représenté par Ousmane Tanor Dieng et ses inconditionnels. Alliés du chef de l’Etat, ils se positionnent, au sein de leur parti, comme   «fervents défenseurs» de la mouvance présidentielle dont ils se réclament avec beaucoup hargne. Pour preuve, lors de ce référendum, ils avaient vivement  battu campagne pour le triomphe du ‘’Oui’’. «Victorieux», ils font, aujourd’hui, la promotion des 15 points de réforme adoptés à l’issue du référendum. Vendant les mérites de cette réforme, Ousmane Tanor Tanor Dieng indiquait dans ses déclarations qu’«elle vise à renforcer notre système démocratique, à renforcer l’Etat de droit, etc.»

De l’autre côté, le ‘’Non’’ a été défendu par Khalifa Sall, Bamba Fall, Barthélémy Dias, Aïssata Tall Sall qui, visiblement, continuent de déplorer le compagnonnage du Ps au sein de la coalition Bby, de dresser un tableau sombre du bilan des quatre ans de Macky Sall à la tête du pays.

Plus loin, de par les discours qu’ils tiennent en dénonçant la posture de leur leader qui s’accroche à la mouvance présidentielle, tout laisse à croire, sans risque de se tromper, qu’ils militent pour que le Ps ait un candidat issu de ses propres rangs à la prochaine élection présidentielle prévue en 2019.

En un mot, sur le plan de la vision, la «rupture» est politiquement consommée, ou, du moins, le doute s’est installé entre ces deux «camps». D’ailleurs, ils se lancent des piques à distance par presse interposée. Lieutenant du maire de Dakar hier, Alioune Ndoye, qui a reconsidéré sa position vis-à-vis de Khalifa Sall depuis le dernier référendum, roule désormais pour Ousmane Tanor Dieng dans son duel à distance avec le maire de la ville de Dakar.  «Le Ps ne gère pas les individualités», a balancé le maire de Dakar-Plateau faisant allusion à Khalifa Sall, lors d’un meeting organisé dans sa localité le samedi dernier. Finalement, semble-t-il, M. Ndoye a choisi le maintien du parti au sein de la coalition Bby. Aussi, à cette même occasion, la socialiste Aïda Sow Diawara, proche, elle aussi, d’Ousmane Tanor Dieng, avait déclaré ceci à l’endroit des «rebelles» du parti : «Un militant doit être discipliné, avoir une discipline de parti. Si le parti décide, tout le monde doit s’y conformer. Nous réaffirmons notre ancrage dans le Bby.»

En outre, des «nonistes», eux, proches de Khalifa Sall, ne manquent pas, souvent, dans leurs sorties, de plaider pour le départ de leur parti de la coalition. Ils prennent ainsi le contrepied de leur secrétaire général. Invitée de l’émission «Objection» de la semaine dernière sur la radio Sud Fm, la responsable socialiste, Aïssata Tall Sall, notait que «la responsabilité du Ps est d’aller à la conquête du pouvoir. Il n’a plus rien à faire au sein de la coalition. Nous y avons perdu notre âme. Aussi, il faut qu’on évalue notre compagnonnage avec cette coalition dans le but de rompre notre compagnonnage.»

A la lumière de ces déclarations fortes et contradictoires, tenues par des barrons socialistes, le Ps, comme le Parti démocratique sénégalais (Pds), se trouve, aujourd’hui, dans une zone politiquement trouble…

Sarah Dramé pour xibaaru.com