Discours du président de la République à la veille de la célébration du 56ème anniversaire de l’indépendance du Sénégal

Mes chers compatriotes,

Demain, 4 avril 2016, nous célébrons le 56e anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale. Je suis heureux de vous adresser, à toutes et à tous, mes chaleureuses félicitations.

La célébration de la fête nationale nous rappelle que des hommes et des femmes, célèbres ou anonymes, ont payé jusqu’au sacrifice suprême le refus de l’asservissement de notre peuple. En votre nom et au mien propre, je rends hommage à nos résistants.

Je salue avec respect et affection nos anciens combattants.

Chers anciens combattants, pour votre contribution décisive à la défense du monde libre, le souvenir de vos sacrifices restera toujours gravé dans notre mémoire collective.

La fête de l’indépendance met aussi à l’honneur nos Forces de défense et de sécurité.

A vous, officiers, sous-officiers et militaires du rang, je réitère ma confiance et la fierté de la Nation.

Dans l’accomplissement de vos missions nationales et internationales, je sais combien vous tient à cœur le sens de l’honneur, du professionnalisme et du dévouement en toute circonstance.

Le thème de la fête de l’indépendance cette année, porte sur Les forces de défense et de sécurité face aux défis sécuritaires.

Ces défis nous interpellent tous, dans un contexte mondial et sous régional marqué par la multiplication des menaces.

Nous vivons, en effet, une situation inédite, qui appelle de chacun de nous un comportement citoyen et une vigilance plus accrue.

Ces défis engagent, bien sûr, l’Etat, dont l’obligation première est d’assurer notre sécurité collective.

Voilà pourquoi j’ai entrepris de renforcer les moyens humains et matériels de nos Forces de défense et de sécurité afin que leurs capacités opérationnelles soient à la hauteur des défis nouveaux.

Je tiens, également, à l’amélioration constante de la condition militaire, facteur important du moral des personnels.

C’est le sens de la construction des nouvelles infrastructures des Armées, de la revalorisation du traitement des personnels militaires et de l’allocation d’une prime forfaitaire aux blessés et aux ayant cause de militaires décédés. Cette dynamique sera poursuivie avec la mise en œuvre du projet Armées Horizon 2025.

La fête de l’indépendance est aussi celle de la vaillante jeunesse sénégalaise, des villes et de la campagne.

Parce que la jeunesse porte nos espoirs de lendemains meilleurs, l’éducation, la formation et l’emploi des jeunes restent au cœur de mes préoccupations.

C’est la priorité que j’ai assignée au gouvernement dans le nouveau projet de formation professionnelle pour l’emploi et la compétitivité, que nous avons lancé en février dernier à hauteur de 37,5 milliards de francs CFA, avec le soutien de nos partenaires et en collaboration avec le secteur privé national.

Cette initiative novatrice soutiendra à la fois l’amélioration de la formation technique et professionnelle, l’employabilité des apprenants et la compétitivité des entreprises.

Nous préparons ainsi plus de 10 000 jeunes pour un emploi immédiat dans vingt corps de métiers cible.

L’insertion professionnelle des jeunes sera aussi soutenue par des centres spécialisés dans le machinisme agricole à Diama, la mécanique poids lourds et la maîtrise énergétique à Diamniadio.

En plus de la redynamisation de l’Ecole de formation en agriculture de Bignona, deux nouveaux centres de formation professionnelle seront construits à Guédiawaye et à Thiès.

Je me réjouis particulièrement du succès du programme des Domaines agricoles communautaires et des fermes Naatangué, que nous avons financé à hauteur de 33,3 milliards FFCA. A ce jour, ce programme a généré près de 29.000 emplois sur un objectif de 60.000 d’ici 2018.

A la faveur des travaux routiers en cours et des programmes de modernisation des transports, plus de 14 000 emplois directs ont été créés. Cette dynamique sera renforcée dans le cadre du programme autoroutier et de rénovation du chemin de fer.

En outre, la relance de la production des Industries Chimiques du Sénégal, grâce à un investissement de plus de 112 milliards de FCFA, a permis de sauver 1570 emplois. Il en est de même de la Nouvelle Société Textile Sénégalaise de Thiès dont la reprise des activités a permis de consolider 435 emplois.

D’autres efforts relèvent de l’Agence nationale pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes avec le financement de 274 projets de jeunes et l’examen en cours de 266 dossiers.

Grâce au soutien du FONSIS, des projets dans les domaines de l’énergie, de la santé, de l’hôtellerie et de l’agriculture ont permis de générer plus de 2000 emplois.

Enfin, je me réjouis de la conclusion, en mars dernier, de l’Avenant à la Convention générale de sécurité sociale entre la France et le Sénégal, qui consacre la prise en charge de nouveaux droits pour les travailleurs sénégalais en France et leurs familles.

Mes chers compatriotes,

Avec nos importantes découvertes de pétrole et de gaz, l’accélération du processus de développement de notre pays s’inscrit dans de nouvelles et heureuses perspectives.

L’Etat a pris toutes les dispositions pour que ces ressources soient exploitées dans la plus grande transparence et dans l’intérêt bien compris des générations actuelles et futures.

Au demeurant, les performances notables de notre économie se confirment, avec un taux de croissance du Produit intérieur brut établi à 6,5%. C’est la première fois en douze ans que nous atteignons un tel niveau de croissance qui nous rapproche de l’objectif moyen de 7% fixé dans le Plan Sénégal Emergent.

Cette tendance sera confortée avec les projets et programmes en cours du PSE ainsi qu’avec le lancement d’autres projets arrivés à maturation, y compris ceux du PUDC.

Avec la consolidation des fondamentaux de notre économie, l’amélioration continue de nos recettes budgétaires et la rationalisation de nos dépenses courantes, nous sommes en mesure de mobiliser encore plus de ressources internes pour financer nos efforts de développement.

Ainsi, la mise en solde des professeurs contractuels et maîtres contractuels, initialement prévue pour un effectif de 5000 enseignants dans la loi de finances 2016, sera portée à 10 000.

Et toutes les dépenses additionnelles consécutives à cette augmentation des mises en solde seront prises en charge dans la prochaine loi de finances rectificative.

Il sera aussi procédé à l’apurement des rappels d’intégration et d’avancement en instance du personnel enseignant pour un montant de 24,2 milliards de FCFA.

S’agissant de l’enseignement supérieur, les budgets des universités ont été augmentés de 20 milliards de FCFA au titre du budget national 2016, dont 7,5 milliards affectés aux œuvres sociales des étudiants.

L’incidence financière de la réforme des titres universitaires, qui s’élève à 3,3 milliards de FCFA, est entièrement prise en charge dans le budget 2016.

Au total, sur 302 milliards de FCFA alloués à l’Enseignement supérieur d’ici 2017, plus de 72 milliards sont affectés à la mise en œuvre d’accords convenus avec les syndicats, dont la plus part remontent à plus de dix ans.

Sur l’investissement dans l’éducation et la formation, je veux que chacun comprenne que le gouvernement n’a de limites que ses possibilités budgétaires ; car j’ai la pleine conscience qu’il y va de l’avenir même de nos enfants et de la Nation.

Jeunes et moins jeunes, nous savons tous ce que nous devons à l’école publique. Nous savons tous que l’école publique est le meilleur gage de l’égal accès de tous les enfants à l’éducation, sans considération de leurs origines sociales.

Quand l’école publique est soumise en permanence à des perturbations, c’est le sort de nos enfants et le destin de la Nation qui s’en trouvent sérieusement hypothéqués.

Par conséquent, j’appelle instamment tous les partenaires sociaux à prendre conscience des efforts déjà consentis et à travailler avec le gouvernement pour un système scolaire et universitaire performant, stable et apaisé.

Mes chers compatriotes,

Le 20 mars dernier, nous avons adopté par référendum la réforme constitutionnelle que je vous avais proposée afin de consolider l’Etat de droit, approfondir nos acquis démocratiques, moderniser notre système politique et renforcer les droits des citoyens sur leurs ressources naturelles et leur patrimoine foncier.

Si j’ai soumis la réforme par voie référendaire, privilège des sociétés démocratiques, c’est parce que le référendum est l’expression la plus achevée du libre choix des citoyens. C’est la parole du peuple faite loi.

L’adoption de cette réforme historique marque une adhésion sans appel à la volonté de modernisation de nos institutions.

En disant oui à la réforme, le peuple souverain a décidé de renforcer l’équilibre des pouvoirs et d’élargir les compétences du juge constitutionnel.

En disant oui à la réforme, le peuple souverain a décidé de rationaliser le système des partis politiques.

En disant oui à la réforme, le peuple souverain a décidé d’élargir la représentation parlementaire à sa diaspora.

En disant Oui à la réforme, le peuple souverain a décidé de protéger sa Constitution et de rendre irréversibles la forme républicaine de l’Etat, le mode de scrutin majoritaire à deux tours, la durée et la limitation des mandats présidentiels.

Voilà, mes chers compatriotes, et vous l’avez si bien compris, quels étaient les enjeux du référendum. Je salue, à nouveau, la grande maturité politique dont notre peuple a encore une fois fait preuve.

En concertation avec toutes les parties prenantes, le gouvernement prendra les dispositions nécessaires à la mise en œuvre diligente de la réforme. Dans le même esprit de réforme et de rénovation, je présiderai les 9 et 10 avril 2016 un Forum national de l’administration. Je souhaite que cet exercice d’échanges francs et critiques soit l’occasion de jeter les bases d’un renouveau du service public ; pour une administration plus moderne, plus performante dans son fonctionnement, plus efficace dans ses résultats et plus accueillante à l’endroit des usagers.

A présent, mes chers compatriotes, et c’est l’appel que je lance à toutes et à tous, remettons-nous au travail. C’est un impératif patriotique. Seul le travail nous fera avancer ; parce que le travail, c’est ce qui fait vivre nos foyers ; le travail, c’est ce qui fait vivre nos villes et nos campagnes ; le travail, c’est ce qui fait vivre la Nation, consolide notre liberté et conforte notre souveraineté nationale. Ainsi, serons-nous chaque jour davantage les bâtisseurs de notre propre destin, pour que vive notre chère patrie, dans la paix, l’unité et la prospérité !

Bonsoir et bonne fête de l’indépendance.

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  1. Panama papers » et sociétés offshore : sur la piste des fonds de Karim Wade ? (Exclusif Ouestafnews)
    Ouestafnews – Le procès pour enrichissement illicite de Karim Wade, fils de l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade, a connu son verdict depuis un an. Il s’était terminé avec la condamnation par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) de M. Wade-fils et de ses co-accusés à des peines de prison ferme.

    Rédigé par leral.net le Dimanche 3 Avril 2016 à 20:03 | | 29 commentaire(s)|

    « Panama papers » et sociétés offshore : sur la piste des fonds de Karim Wade ? (Exclusif Ouestafnews)

    Il a été très difficile pour les enquêteurs sénégalais de retracer la piste de tous les fonds qu’on accuse l’ancien ministre et proche collaborateur de son père d’avoir détournés.

    Dans cette enquête exclusive, menée dans le cadre d’un projet d’investigation journalistique mondial sur les sociétés off-shore auquel Ouestaf News a participé, notre organe a pu établir l’existence de contrats secrets signés entre l’un des co-accusés de Karim Wade, Mamadou Pouye et l’entreprise DP World FZE, via des sociétés off-shore.

    Des révélations qui jettent une nouvelle lumière sur cette affaire. Cette investigation a comme point de départ le journal allemand Sûddeutsche Zeitung qui a accepté de partager des millions de documents qu’il a reçus, avec le Consortium International des Journalistes d’Investigation (ICIJ), dont Ouestaf News est membre.

    Karim Wade et ses amis purgent une peine de cinq ans de prison prononcée en mars 2015. La lecture de documents confidentiels de la firme Mossack Fonseca apporte un nouvel éclairage à l’affaire, avec la preuve que Mamadou Pouye, l’ami d’enfance de Karim Wade est le propriétaire de trois sociétés offshore, Seabury Inc, Regory Invest et Latvae Inc, toutes créées grâce à Mossack Fonseca (MF), cabinet de conseil panaméen disposant de bureaux dans 44 pays. MF a été créé en 1972 par l’Allemand Jurgen Mossack et le Panaméen Ramon Fonseca, ancien vice-président de Panama.

    Si les enquêteurs de la Crei, ont pu remonter jusqu’à Regory et Seabury par contre Latvae Inc n’a jamais été mentionné dans les auditions. Les documents parcourus ne montrent pas de transactions via Latvae Inc, ce qui ne parait guère surprenant dans la mesure où Regory et Seabury constituaient les piliers de l’activité offshore de M. Pouye, réputé très discret et presque inconnu des Sénégalais jusqu’à son arrestation en 2013.

    Contrats secrets avec DP World

    A travers Seabury, M. Pouye a ficelé avec l’entreprise Dubai Port World (DP World), plusieurs contrats chiffrés en millions de dollars. Les documents estampillés « secrets et hautement confidentiels » renseignent sur quelque chose que la Crei n’avait pu établir avec certitude, la preuve de la relation d’affaires entre le co-accusé de Karim Wade et DP World.

    Sur la base d’un premier contrat de « consulting et de conseil », 7,2 millions d’Euros (plus de 4,7 milliards FCFA) ont atterri dans le compte de Seabury. « Satisfait » des services rendus, DP World est revenu à la charge pour un contrat de « conseil » couvrant la période 2013-2015 portant « exclusivement » sur ses intérêts en Afrique.

    Selon les termes de ce second accord conclu Seabury devait encaisser 13 millions de dollars (plus de 7,6 milliards FCFA), dont 3 millions de dollars dès la signature. Si l’on cumule les montants de ces deux accords, on obtient pas moins de 12 milliards FCFA. Compte tenu de la date de l’arrestation de Pouye, on ne peut établir avec certitude si ce second contrat a pu être exécuté à son terme..

    A la Julius Baer Bank, (banque suisse spécialisée dans la clientèle privée et familiale, selon son site internet), basée à Monaco, l’instruction menée par la justice sénégalaise avaient pu établir l’existence d’un compte appartenant à Mamadou Pouye. La nature du compte bancaire de Mamadou Pouye ainsi que l’origine des fonds qui l’alimentaient a toujours constitué un véritable écueil pour les enquêteurs.

    « L’un des présumés complices de Karim Wade, Pape Mamadou Pouye, administre un compte à Monaco, sur lequel il n’a pas le pouvoir de retirer de l’argent », écrivait « le Quotidien » (journal privé sénégalais) en octobre 2013, au lendemain d’une audition de M. Pouye devant la Crei.

    Les documents de MF apportent un début de réponse à ce paradoxe. Dans la galaxie des sociétés offshore, comme nous l’ont expliqué plusieurs spécialistes, il s’agit avant tout de brouiller les pistes pour cacher les noms des véritables propriétaires et bénéficiaires. Ce faisant, dans la plupart des cas, l’administration des entreprises à tous les niveaux est assurée par des « nominees » autrement dit des mandataires qui agissent sur instructions du ou des propriétaires.

    Dans le cas de Seabury, qui occupe une place centrale dans les activités de Mamadou Pouye, un des mandataires était un certain Jitendra Thakurdas, citoyen indien nommé sur proposition de Mossack Fonseca. M Thakurdas, comme l’atteste un courrier envoyé par M. Pouye, le 23 octobre 2008, avait comme principal rôle la gestion du compte bancaire de Seabury. Ce qui permettait à M. Pouye de faire anonymement ses transactions.

    Dans l’arrêt rendu par la Crei et dont copie a été obtenue par Ouestafnews, il apparait clairement que les enquêteurs ignoraient que Seabury est une société offshore créée par M. Pouye. Seabury était une des sources alimentant le fameux compte bancaire de M. Pouye à la Julius Baer. Dans l’exécution des contrats avec DP World, Regory Invest a notamment servi de sous-traitant à Seabury, moyennant des rémunérations mensuelles de 65.000 euros, lit-on dans les documents.

    Lien avec Karim Wade

    Seabury est mise en place semble-t-il uniquement pour le business avec DP World. Elle a été créée en 2008 soit un an après le contrat signé entre l’Etat sénégalais et DP World pour l’exploitation du terminal à container du port autonome de Dakar. En avril 2009, Karim Wade devenait tout puissant ministre d’Etat chargé de la Coopération internationale, de l’aménagement du territoire, des transports aériens et des infrastructures.

    Un poste qu’il a occupé jusqu’à la défaite électorale de son père face à Macky Sall au second tour de la présidentielle de 2012.
    Les deux contrats secrets prouvent à tout le moins l’existence d’un lien d’argent entre le cercle de Karim Wade et la société DP World FZE qui, invoquant des problèmes, de « cyber-sécurité » n’a pas souhaité répondre à nos questions envoyées par mail à son siège.

    Tout ceci tend à corroborer les conclusions de l’enquête de Papa Alboury Ndao, l’expert mandaté par la Crei qui a affirmé le 9 février 2015 devant la Cour la découverte de deux virements de 13 millions de dollars vers un compte bancaire logé à Singapour, appartenant à Karim Wade en provenance de Dubaï Céramique, une filiale de DP World FZE.

    Des sommes dont les associés, Mamadou Pouye et l’autre co-accusé de M. Wade, Ibrahim Aboukhalil, ont eu à bénéficier, selon l’expert comptable.

    Attaqué en justice par les avocats de Karim Wade, qui rejetaient l’existence du compte bancaire de Singapour, l’expert comptable a été relaxé par le tribunal correctionnel de Dakar.

    La piste DP World (dont les enquêteurs faisaient une source principale de l’enrichissement illicite reproché à Karim Wade) a été abandonnée à l’issue du délai d’instruction de six mois et l’échec de la commission rogatoire où la partie Singapourienne à refusé de collaborer avec les autorités sénégalaises, précise une source proche du dossier.

    Condamné à 5 ans de prison ferme et à une amende de 69 milliards FCFA, Mamadou Pouye a été au cœur des affaires de Karim Wade. Difficile en tout cas de ne pas voir la main de ce dernier, derrière le business « secret et confidentiel » entre DP World FZE et Mamadou Pouye. Est-ce un hasard si tous les co-accusés disposent chacun, selon la Crei, de comptes dans la même banque à Monaco ?

    En outre Seabury, n’est pas une propriété exclusive de M. Pouye. La société compte trois autres actionnaires « anonymes » dont les noms n’apparaissent ni dans les documents ni dans les correspondances échangées. La Crei, on s’en souvient, avait aussi dans ses conclusions souligné, le recours « constant » à des sociétés offshore par Karim Wade et ses amis. Selon des financiers que nous avons contactés, les contrats entre Seabury et DP World, peuvent aussi être tout à fait bidon et ne servir en réalité qu’à maquiller des commissions occultes.

    Les tentatives pour entrer en contact avec M. Pouye à la prison du Cap Manuel à Dakar sont restées infructueuses. « Le détenu ne veut voir que sa femme et son père », selon les services pénitentiaires. Les démarches auprès de son avocat Maitre Moustapha Ndoye à qui nous avons envoyé une lettres sont aussi restées vaines.

    Mossack Fonseca et l’évasion fiscale ?

    Au cœur de toute cette affaire, la firme panaméenne Mossack Fonseca, dont les responsables jurent la main sur le cœur n’être que dans des activités licites.

    « En 40 ans d’existence nous n’avons jamais été attrait devant les tribunaux pour activités liées à la criminalité », a répondu Mossack Fonseca dans une correspondance aux journalistes travaillant sur le projet. MF, écartant en même temps « énergiquement toute affirmation faisant de lui, une firme favorisant l’évasion fiscale ».

    Toutefois, cette investigation arrive dans un contexte où MF est cité dans des scandales financiers notamment dans l’affaire de la mine de Simandou en Guinée (considéré comme la plus grande mine de fer d’Afrique), cédée à l’homme d’affaires israélien, Bény Steinmetz.
    Le journaliste américain, Ken Silverstein, n’a pas hésité à intituler un de ses articles : « Mossack Fonseca, le cabinet qui traite avec les oligarques, blanchisseurs d’argent et les dictateurs ».

    Quant au Panama, siège de MF, c’est un Etat reconnu comme un « paradis fiscal ». C’est « l’endroit idéal pour cacher sa fortune et la mettre à l’abri de gouvernements corrompus», a affirmé Brooke Harrington, professeur à la Copenhague Business School, dans un entretien avec des collègues finlandais impliqués dans ce projet.

    Des Etats africains peu armés

    Les paradis fiscaux sont des zones où les taxes sont réduites parfois jusqu’à 50 % voire à néant, pour des entreprises et des particuliers fortunés, dans le but d’attirer les capitaux. « Le problème que cela pose c’est que les entreprises qui y sont domiciliées y logent de l’argent produit dans d’autres pays », a expliqué à Ouestafnews, Elimane Kane, du bureau d’Oxfam à Dakar.

    « La finance offshore est une niche entretenue par des banques peu scrupuleuses, les cabinet d’affaires et le crime organisé qui tend aujourd’hui à dominer tous les aspects de la vie économique, y compris le sport », explique le Global Finance Integrity (GFI).

    Selon le GFI, les flux financiers illicites en provenance des pays en développement et des pays dits émergents est passé de 465 milliards de dollars à 1,1 trillion de dollars entre 2004 et 2013 et l’organisation « Tax Justice Network », estime de son côté que l’Afrique perd annuellement 50 milliards de dollars en transactions financières illicites, principalement du fait des multinationales et de quelques particuliers. Le secteur des industries extractives est souvent accusé.

    MF a ouvert plusieurs sociétés offshore pour des multinationales de ce secteur comme par exemple Anglogold, propriétaire de Anglogold Investments Senegal Ltd et Anglogold Exploration Senegal Ltd (basés aux îles Vierges Britanniques).

    Début, février 2016, le Sénégal a signé la Convention concernant l’assistance administrative mutuelle en matière fiscale, devenant ainsi le 11ème pays africain à ratifier cette convention qui offre toutes les formes possibles de coopération pour combattre l’évasion et la fraude fiscales. L’adhésion à cette convention est certes une « avancée », mais pas « suffisante », selon Elimane Kane du bureau d’Oxfam à Dakar.

    ouestaf.com

  2. @DOMOU DAROU
    C’est tout ce que Bolloré a trouvé ? Nous retenons, pour situer ce texte dans son contexte, que la CREI a jugé sans « pouvoir retracer » et a condamné sans preuves. Le texte ci avait besoin de cette affirmation pour pouvoir justifier sa nécessité. Le texte annule donc tous les mensonges de la CREI qui ont mené à la condamnation pour pouvoir affirmer que la « vérité » vient d’être trouvée. Le Sénégal entier avait compris les faux de la CREI. Et c’est ce que Bolloré a compris pour initier ce « travail » post référendum. Il n’en a pas fini avec DPW et ceux qui ont fait entrer DPW. Au moins un acquis: la CREI a condamné sans preuve.
    Maintenant pour le ce texte-ci lui même, une liste d’affirmations qui fait office d’enquête. Il part de Mamadou Pouye est propriétaire d’A, B et C. Nous le savons pas la lecture de documents confidentiels de FM.
    Si vous avalez cela, le reste est facile.
    Par A il signe un contrat secret (encore) avec DPW (décidément la bête noire de Bolloré). Par B il vire N milliards dans un compte dans les paradis fiscaux. Par C il fait un virement de Z milliards à Panam, etc.
    Tiens, on a oublié de mettre le lien avec Karim Wade. Alors, on y va.
    A semble être mis en place uniquement pour faire la liaison avec DPW, en 2008. Karim devient tout puissant en 2009. Juste un an. Voilà le lien Avec Karim. Qu’est ce que ce texte apporte de plus que toutes affirmations non prouvées, et qui ne le seront jamais, faites à la CREI ? Rien. Et la preuve, ce texte a été obligé de classer la CREI dans l’impossibilité d’avoir pu tracer. Et qu’est ce que ce texte a tracé différents des affirmations gratuites de la CREI ?
    Pour faire oublier les 1213 bureaux de vote fictifs, vous n’en avez pas fini de voir des contorsions médiatiques.

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