Désenclavement du sud…Un passage obligé pour la paix en Casamance

La Casamance souffre depuis plus de trois décennies à cause du conflit qui a éclaté dans cette partie du Sénégal depuis l’aube des années 80. Mais depuis quelques années, on ne parle dans ce pays que du processus de paix qui évolue en dents de scie. Chaque président de la République, par conviction ou par calcul politicien, déclare la Casamance priorité des actions gouvernementales.  Mais pour beaucoup d’observateurs et habitants de la Casamance, la principale question à régler reste incontestablement l’enclavement de la partie sud. Dès son arrivée, Macky Sall a fait comme ses prédécesseurs, multiplier les déclarations en faveur de la Casamance avec un début d’actions concrètes. Mais au fur et à mesure que les années passent, les populations ont l’impression que le gouvernement oublie les priorités. Parmi les actes posés, on peut citer entre autres l’arrivée des deux bateaux (même si c’est un vieux projet), avec la mesure de baisser le prix du transport des passagers, l’amnesty fiscale pour les promoteurs dans le secteur du tourisme, le PPDC, le dragage du fleuve Casamance. Mais que sont devenus ces programmes aujourd’hui ? Le PPDC peine à convaincre à cause de ses faibles réalisations par rapport aux attentes, le tourisme meurt de sa belle mort malgré la mesure et comme si cela ne suffisait pas, les bateaux Aguène et diambogne sont aux arrêts. Comme par magie, les deux navires sont tombés en panne en même temps. Des explications des responsables de l’exploitation des navires qui n’ont convaincus personne même les auteurs de ces déclarations jugées trop légères par les habitants du sud. Depuis lors c’est la galère qui a repris du service. Des voyageurs ont perdu beaucoup d’heures voire des jours pour aller prier en Casamance par la route à l’occasion de la Tabaski. Au cours du voyage, chaque passager à l’impression de ne pas être dans le même pays tellement c’est pénible. Le gouvernement n’est pas responsable du fait qu’il y a la Gambie entre le nord et le sud mais des propositions et des études ne manquent pas pour raccourcir la distance entre les deux pôles. Mais cela ne fait peut-être pas partie du paquet des priorités destinées à la Casamance.  Les gens font 12 ou 24 heures et même plus pour parcourir 450km. A cause de ces conditions, tout est vendu cher en Casamance si les produits ne manquent pas. Beaucoup d’immigrés qui viennent des pays voisins préfèrent s’installer maintenant à Ziguinchor, Kolda, Sédhiou ou Bignona car ils savent qu’ici, ils peuvent rapidement profiter de la détresse des populations car tout est vendu hors norme. C’est pourquoi xibaaru a interrogé des gens sur le processus de paix mais la plupart nous ont clairement signifié que si l’état veut vraiment de cette paix en Casamance, il faut faire en sorte que quand les habitants de cette partie voyagent plus facilement vers les autres localités du pays, que les gens ne sentent pas la distance ou une quelconque rupture malgré le cas Gambie

L.BADIANE pour xibaaru.com